Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon par ami de la Miséricorde 2023-08-16 23:21:25 |
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NEUVIEME CONFÉRENCE : DU MYSTÈRE DE LA SOUFFRANCE DANS SES RAPPORTS AVEC LA VIE FUTURE
Homo natus de muliere, brevi vivens tempore, repletur multis miseriis.
L'homme né de la femme, vit peu de jours, et sa vie est remplie de misères sans nombre. (Job, XIV, 1)
Job avait des troupeaux et d'innombrables brebis, et ces troupeaux sont décimés par des épidémies et des pestes. Job avait de magnifiques et somptueuses habitations, et ces habitations sont dévorées par le feu du Ciel. Il avait des enfants, objets de sa joie, unis entre eux par l'affection la plus douce, et un jour que ces enfants étaient assis à un fraternel banquet, ils périssent lamentablement écrasés sous des ruines.
Il avait des amis, et ses amis, au lieu de le consoler, le jugent frappé par la main du Ciel, pour quelque crime mystérieux et inconnu. Il avait une épouse, et son épouse, saisie de dégoût et d'horreur, fuit l'infection de ses plaies.
Enfin il avait un Dieu, à qui il offrait des sacrifices sept fois le jour, et Dieu lui retire la rosée des consolations célestes, et semble l'avoir plongé dans un suprême abandon. Jamais, certes, les eaux débordées de la douleur n'avaient répandu la multitude de leurs flots avec une impétuosité et une abondance aussi excessive, sur la tête d'une victime.
Un moment, le désespoir semble envahir l'âme de Job, et toute sa force paraît comme enchaînée. «La vie, s'écrie-t-il, m'est devenue un intolérable poids... Périsse le jour où je suis né, et où il a été dit : un homme est venu au monde... Que ce jour-là soit couvert de ténèbres, qu'il ne soit plus énuméré dans les mois, et qu'on ne le suppute plus dans les jours de l'année, qu'il ne soit plus illuminé par aucune lumière, et qu'il reste enveloppé d'un brouillard et d'une amertume sans fin...
Pourquoi m’avez-vous fait sortir du sein de ma mère, et ne suis-je pas mort avant d'avoir vu le jour ?... Pourquoi ai-je été bercé sur des genoux, et ai-je sucé le lait d'une femme ?... Le petit nombre de mes jours, finira-t-il bientôt ...
Est-il digne de Votre puissance de Vous attacher sur une ombre ?... Laissez-moi, afin que je puisse pleurer ma douleur, avant l'heure fatale, où j'entrerai dans ces terres glacées et silencieuses, que la mort obscurcit de ses ombres» (Job, III, 10).
Mais tout à coup, Job cesse ses plaintes, une transformation s'opère dans son être, son visage s'illumine, son front, son regard deviennent sereins et radieux , l'hymne de l'espérance s'échappe de ses lèvres, comme un fleuve d'allégresse et de paix.
Qu'il est beau de le voir, ce Job, disant naguère aux vers : vous êtes mes frères, et disant à la pourriture : tu es ma sœur, lorsque assis sur son fumier, pareil à un triomphateur, il s'écrie dans l'élan et l'enthousiasme de sa foi : Je sais que mon Rédempteur vit, et qu'un jour je Le verrai des yeux de ma chair et non de ceux d'un autre (Job. XIX, 25, 27).
Jamais bouche humaine n'avait fait entendre un cantique plus éloquent et plus divin. Ce modèle du juste éprouvé, broyé, anéanti, descendu au dernier échelon de la misère matérielle et morale, ne se dédommage-t-il pas, en un clin d’œil, de tout ce qu'il a souffert ?
D'un seul bond il se relève et se place au-dessus des sens, au-dessus de la nature, au-dessus de ce qu'a jamais osé concevoir la raison humaine. Il embrasse de son regard prophétique la durée des siècles, il a l'intuition du jour où il secouera la poussière de son cercueil ; cette intuition est écrite dans la certitude immuable, gravée au fond de son cœur : Je sais que mon Rédempteur vit, et qu'un jour je Le verrai de mes yeux et non de ceux d'un autre.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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