Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon par ami de la Miséricorde 2023-08-13 09:02:01 |
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NEUVIEME CONFÉRENCE : DU MYSTÈRE DE LA SOUFFRANCE DANS SES RAPPORTS AVEC LA VIE FUTURE
Homo natus de muliere, brevi vivens tempore, repletur multis miseriis.
L'homme né de la femme, vit peu de jours, et sa vie est remplie de misères sans nombre. (Job, XIV, 1)
Or, le corps mystique et collectif de Jésus-Christ est modelé sur son corps individuel. Jésus-Christ, pour opérer notre rédemption, n'avait pas besoin de parcourir un espace de trente-trois ans dans la durée.
A peine conçu, Il pouvait s'élancer du sein de Sa mère, étincelant de splendeur, et aller étonner le Ciel par Son entrée triomphale et imprévue.Il ne l'a pas voulu. Pour entrer dans le sanctuaire de Sa gloire, la voie la plus courte et laplus facile n'était pas celle qui off rait le plus d'attrait à Son Cœur.
Il a préféré s'élever au Ciel, par les degrés sanglants de Ses ignominies et de Ses cuisantes douleurs. Il a voulu que l’Éternité entière, la toute-puissance de ses charmes jaillît des cicatrices mêmes de Ses douleurs ; et afin que, dans tout Son être, il n'y eût pas une seule partie qui ne rayonnât de son éclat spécial de beauté, Il a voulu le livrer tout entier en pâture à la douleur, et des pieds à la tête en ressentir les meurtrières et cruelles atteintes. Ce qui s'est accompli dans Jésus-Christ individu, doit se perpétuer dans Son corps collectif ou mystique.
Telle est la loi de l'indestructible solidarité établie entre la tête et les membres. Il ne saurait convenir à ceux-ci de s'élancer dans la gloire, sans passer par les transformations que le chef a subies. On ne saurait admettre, que Jésus-Christ ait voulu frayer deux routes opposées conduisant au Ciel : l'une pour Lui, rude et crucifiante, l'autre pour les siens, commode, semée de roses et de délices.
Le corps de Jésus-Christ, nous apprend l'Apôtre, est uni, lié dans toutes ses parties ; il exclut de sa composition tout élément disparate (Eph. IV, 15) ; il est sublimement ordonné et rassemble dans sa structure cette harmonie et cette perfection, qui en feront, un jour, le plus inimitable reflet de la gloire et de la majesté souveraines.
Or, ne serait-ce pas, dit saint Bernard, un assortiment monstrueux, un contraste étrange et discordant, si une tête couronnée d'épines était unie à un membre délicat, une chair broyée par les verges à une chair nourrie dans le faste et dans la mollesse...
Pudeat sub capite spinato membrum esse delicatum. Ah ! les peines et les afflictions qui nous brisent le cœur, nous arrachent des cris déchirants, et vont jusqu'à nous faire répandre des larmes de sang, sont loin de laisser Jésus-Christ insensible.
Nul ne le connaît mieux que Lui, et n'y compatit plus vivement, puisqu'il en a ressenti les impressions, et qu'au jardin des Oliviers, comme dit Isaïe, Il a porté personnellement toutes nos défaillances et toutes nos langueurs (Isaie, Liv, 4).
Mais une pitié naturelle qui Le porterait à supprimer l'épreuve et à tarir à tout propos la source de nos gémissements, ne serait-elle pas de Sa part une inconséquence, un acte de tendresse aveugle et insensée ?
Jésus-Christ pourrait-Il déroger au plan de Sa sagesse, abolir les obligations inhérentes à la noblesse de notre origine et aux prérogatives glorieuses que nous a conférées le baptême ?
Sujets et membres d'un chef divin, notre premier devoir est de suivre notre chef dans toutes Ses voies, de passer par toutes les péripéties que Lui-même a subies. Afin de mériter d'être glorifié un jour avec Lui, il est de toute nécessité que, sur cette terre, nous souffrions avec Lui :
Si tamen compatimur ut et conglorificemur (Rom., VIII, 17). Et de même qu'au terme de notre vie, nous entrerons en participation de l'Ascension de Jésus-Christ, il faut que réciproquement, suivant la pensée de l'Apôtre, tant que dure notre pèlerinage, nous complétions en nous, ce qui manque aux angoisses et aux tortures de Sa Passion : adimpleo ea quæ desunt passionum Christi (Col., I, 24).
Source : Livres-mystiques.com
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