Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon par ami de la Miséricorde 2023-08-11 08:45:47 |
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NEUVIEME CONFÉRENCE : DU MYSTÈRE DE LA SOUFFRANCE DANS SES RAPPORTS AVEC LA VIE FUTURE
Homo natus de muliere, brevi vivens tempore, repletur multis miseriis.
L'homme né de la femme, vit peu de jours, et sa vie est remplie de misères sans nombre. (Job, XIV, 1)
Un jour, le prince de leurs philosophes s'était posé ce problème redoutable : Si la divinité daignait jamais descendre sur la terre, sous quelle figure lui conviendrait-il de se montrer ? Platon se promena longtemps, silencieux, méditatif, passant une à une toutes les figures de l'humanité en revue.
Les physionomies les plus éblouissantes, celles des potentats, ne lui paraissaient pas assez pures. Enfin, il se représenta un homme maître de ses affections, irréprochable dans ses moindres pensées ; il se plut à le retracer, étranger à toute contention, répondant aux plus cruels traitements par la douceur de la bonté, calme et serein au milieu des déchaînements de l'outrage et des fureurs d'une populace ameutée, rayonnant jusque sur le gibet d'infamie, où l'aurait fait monter l'incompréhensibilité de la vertu.
Platon jugea que si l'humanité parvenait jamais à produire une pareille figure, elle aurait accompli son suprême effort, que la terre n'aurait pas de plus beau spectacle à envier au Ciel, et Platon, avec l'enthousiasme et la solennité d'un sage énonçant une de ces grandes vérités que jamais l'oreille humaine n'a entendue, s'écria : Si la Divinité daignait jamais Se rendre visible aux hommes, il n'y aurait qu'une figure digne d'elle, celle du juste souffrant.
II
Jésus-Christ a-t-Il satisfait d'une manière totale et absolue pour nos péchés ; a-t-Il pris sur Lui, non seulement la peine éternelle, mais aussi la peine temporelle qui Lui était due ?
Saint Thomas répond d'une manière affirmative, et il donne pour preuve l'usage constant de l’Église qui n'impose aucune pénitence aux fidèles admis à la régénération baptismale, et cette tradition universelle qu'une fois l'homme enseveli à la ressemblance de Jésus-Christ dans les eaux du baptême, il y meurt entièrement à ses anciens désordres, il n'a plus aucun châtiment, aucune expiation à subir sur cette terre, et s'il mourait après avoir été régénéré par le sacrement, il serait admis immédiatement à la vision de Dieu, sans passer par les flammes du Purgatoire.
Quant aux malheureux violateurs de la virginité baptismale, coupables de fautes graves après la grâce insigne du premier sacrement, la rédemption n'est plus transmise sous cette forme privilégiée et avec cette mesure pleine et surabondante. Après le baptême, la Miséricorde Divine ne descend sur nous qu'accompagnée d'un mélange de justice. Les mérites infinis et le fruit des douleurs de Jésus-Christ nous sont toujours acquis, mais à la condition que nous nous les appropriions par une coopération personnelle et par des efforts énergiques et violents. En un mot, la pénitence, comme l'appelle Tertullien, est un baptême laborieux.
Dans ce sacrement destiné à faire renaître l'âme morte une seconde fois par le péché, le sang, les larmes de Jésus-Christ ne nous sont plus donnés afin d'épargner les nôtres, mais afin de les féconder et de les proportionner à la vertu si faible de nos expiations, à l'immensité des dettes contractées par nos crimes. Il s'ensuit qu'il n'y a que deux routes pour parvenir à la vie éternelle : celle de l'innocence et celle de la pénitence. La pénitence est une loi de proportion.
Saint Paul en détermine nettement l'intensité et la mesure par ces paroles : «Autant vous avez abusé pour vous procurer des jouissances dans l'usage déréglé des créatures, autant vous devez retrancher dans l'usage permis des créatures» (Rom., VI, 19).
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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