Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon par ami de la Miséricorde 2023-08-06 22:37:13 |
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NEUVIEME CONFÉRENCE : DU MYSTÈRE DE LA SOUFFRANCE DANS SES RAPPORTS AVEC LA VIE FUTURE
Homo natus de muliere, brevi vivens tempore, repletur multis miseriis.
L'homme né de la femme, vit peu de jours, et sa vie est remplie de misères sans nombre. (Job, XIV, 1)
Telle est la haute et magnifique doctrine que nous allons traiter avec développement et avec ensemble, dans cette dernière conférence. Que le philosophe, éclairé des seules lumières naturelles, murmure dans ses épreuves, qu'il prenne prétexte de ses souffrances pour blasphémer le Ciel et la Providence, ou que, se drapant sous le manteau d'un dédain stoïque, il s'écrie :
«Souffrance, je te méprise et tu n'es qu'un vain mot», on le conçoit... mais, nous chrétiens, éclairés d'une lumière plus haute, élevons nos regards vers le céleste avenir, dont les tribulations d'ici-bas sont la préparation et le gage. Notre Maître ne nous a-t-Il pas dit que les souffrances étaient le vestibule par où nous devions passer pour entrer dans le royaume de la gloire (Luc, XXIV, 26) ?
Acceptons-les, comme le témoignage des tendres prédilections de ce Dieu, qui ne nous fait participer à Ses tristesses et à Ses agonies, qu’afin de nous rendre dignes de l'éternelle couronne qu'Il nous prépare. Afin d'embrasser notre sujet dans sa généralité, étudions la souffrance au triple point de vue de la nature, de la grâce et de la gloire.
Au point de vue de la nature, la souffrance est pour l'homme un principe de dignité et de force morale. Au point de vue de la grâce, elle est le principe de notre incorporation à la vie divine de Jésus-Christ. Au point de vue de la gloire, elle est un principe et une source d'espérance.
I
Avant de parler des avantages de la douleur, et des biens merveilleux qu'elle procure à l'âme, il est utile d'en rappeler la notion philosophique. Saint Thomas (Summ. Theol., 2«, pars, Quæst. XXV, Art. VI), définit la douleur : le mal qui répugne, c’est-à-dire l'obstacle qui s'oppose à l'exercice des facultés de l'âme, ou au libre épanouissement de la vie corporelle et sensitive.
La douleur est une impression qui affecte l'âme et lui répugne, soit lorsque l'esprit ne peut atteindre la vérité qui est son objet, soit lorsque la volonté est frustrée du bien qu'elle poursuit.
Que la douleur siège dans l'esprit ou bien qu'elle siège dans le corps, elle est une impression qui répugne à l'être qui la ressent, elle le déforme à un certain degré et cause en lui un dépérissement et une sorte d'amoindrissement.
Dans l'esprit, le mal ou l'obstacle s'appelle tristesse, regret, angoisse ; dans le corps il s'appelle défaillance, tourment, maladie.
Mais quels que soient les caractères et les innombrables formes que revête la douleur, elle n'est autre dans son essence, qu'une contrariété, une discordance, un défaut d'équilibre et d'harmonie, dans les facultés intellectuelles ou dans les organes sensibles du corps.
En résumé, la douleur est une entrave qui s'oppose au mouvement normal de la vie, comme la joie est un mode de convenance qui en favorise la pleine expansion.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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