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La vision désastreuse de François découle-t-elle naturellement de Vatican II ?
par vistemboir2 2023-03-31 18:25:40
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Article du toujours excellent Robert Morrison paru sur The Remnant le 27 mars 2023.
(Traduit avec l’aide de deepl.com excepté les citations du discours de Benoît XVI, extraites de vatican.va)

Après dix ans d'attaques destructrices contre la foi, il est désormais clair pour tous ceux qui ont des yeux pour voir que la vision de François pour l'Église est un cauchemar impie. Les catholiques traditionnels le savaient depuis le début, mais aujourd'hui, de nombreuses personnes qui respectaient Jean-Paul II et Paul VI se demandent également comment nous pouvons considérer François comme un catholique, et encore moins comme un pape. Il est significatif, cependant, que François suive ses prédécesseurs en prétendant adhérer à Vatican II - se trompe-t-il à cet égard ou sa vision défaillante découle-t-elle en fait naturellement de Vatican II ?

Tout d'abord, bien que nous devions prendre en considération toutes les défenses légitimes de Vatican II, nous pouvons facilement rejeter deux des défenses les plus courantes (et absurdes) du Concile. Premièrement, s'il est vrai que les documents de Vatican II contiennent des éléments positifs, tels que l'appel universel à la sainteté, nous ne pouvons en aucun cas considérer ces éléments comme propres à Vatican II. Par exemple, si nous lisons simplement les paroles de Notre Seigneur et d'innombrables saints, nous pouvons facilement identifier l'appel universel à la sainteté. En tant que tel, nous ne devrions pas défendre Vatican II simplement parce qu'il comporte des éléments positifs, pas plus que nous ne défendrions François parce qu'il dit parfois quelque chose de catholique.

Nous pouvons également rejeter une autre défense courante de Vatican II qui prend souvent la forme suivante : "J'ai lu [ou même étudié] les documents et je peux confirmer qu'ils sont tous cohérents avec ce que l'Église a toujours enseigné". Si l'on met de côté le fait que ceux qui proposent cette défense de Vatican II manquent souvent des compétences qui pourraient la rendre crédible, nous avons des confirmations sans ambiguïté de la part de personnes ayant rédigé les documents en question : (a) plusieurs passages clés étaient intentionnellement ambigus, et (b) certains documents contredisent directement l'enseignement antérieur de l'Église. C'est pourquoi nous devons croire les rédacteurs des documents plutôt que ceux qui n'en ont lu que des extraits plusieurs décennies plus tard.

Une fois écartées ces défenses classiques de Vatican II, nous pouvons nous tourner vers les paroles de la personne qui était presque certainement le défenseur "conservateur" le plus crédible de Vatican II, Benoît XVI. Son dernier discours au Clergé de Rome du 14 février 2013 est essentiellement une apologie du "vrai Concile", par opposition au "Concile des media" qui, selon lui, a "créé tant de calamités". Étant donné qu'il était une figure clé du Concile, qu'il a occupé des postes des plus influents dans l'Église pendant une grande partie de la période post-conciliaire et qu'il a reconnu que certains problèmes réels découlaient du Concile, nous pouvons raisonnablement conclure qu'il serait parmi les personnes les plus qualifiées pour nous montrer ce qui, s'il y a quelque chose, est vraiment digne d'intérêt dans Vatican II.

Nous pouvons donc nous tourner vers les aspects positifs de Vatican II identifiés par Benoît XVI dans son dernier discours au clergé de Rome pour évaluer dans quelle mesure les paroles et les actes de François s'harmonisent avec "le vrai Concile". Il ne s'agit pas de juger Benoît XVI, ni même de dénoncer Vatican II, mais plutôt de démontrer que la plupart de ce que nous détestons dans les paroles et les actes de François découle naturellement du "vrai Concile" tel que Benoît XVI l'a appelé :

Le rejet du passé. Avant Vatican II, Jean XXIII a mis en place un synode romain pour préparer le Concile. Comme le professeur Romano Amerio l'a décrit dans Iota Unum, les documents du synode romain étaient relativement conservateurs :

"Les textes du synode romain promulgués les 25, 26 et 27 janvier 1960 constituent un retour complet de l'Église à sa nature propre".


Cependant, comme Benoît XVI l'a rappelé avec approbation, les évêques ont rejeté ces documents conservateurs en faveur de leurs propres idées nouvelles :

"Je me souviens que le Synode romain était considéré comme un modèle négatif. On disait - je ne sais pas si c'était vrai - qu’on aurait lu les textes préparés, dans la basilique Saint-Jean, et que les membres du Synode auraient acclamé, approuvé en applaudissant, et ainsi se serait déroulé le Synode. Les évêques dirent : Non, ne faisons pas ainsi. Nous sommes Évêques, nous sommes nous-mêmes sujet du Synode ; nous ne voulons pas seulement approuver ce qui a été fait, mais nous voulons être nous le sujet, ceux qui portent le Concile."


Si Benoît XVI et ses confrères évêques ont déterminé qu'ils "ne veulent pas simplement approuver ce qui a déjà été fait", il semble que François agisse effectivement de manière cohérente avec le Concile lorsqu'il rompt lui aussi avec ce que l'Église a toujours fait. Nous critiquons François parce qu'il dénonce les catholiques traditionnels qui "reviennent en arrière", mais le Concile a adressé le même reproche à l'ensemble de la tradition catholique.

En recherche permanente. Benoît XVI a fait l'éloge du vrai Concile (qu'il a également qualifié de "Concile des Pères") comme étant un Concile de "recherche" :

"Le Concile des Pères se réalisait à l’intérieur de la foi - c'était un Concile de la foi qui cherche l’intellectus, qui cherche à se comprendre et cherche à comprendre les signes de Dieu en ce moment, qui cherche à répondre au défi de Dieu en ce moment et à trouver dans la Parole de Dieu la parole pour aujourd’hui et demain".


Benoît XVI fait ici écho à Jean XXIII et Paul VI, et souligne le fait que Vatican II n'a pas cherché à condamner les erreurs mais plutôt à ouvrir l'Église au monde afin qu'elle devienne plus pertinente au fur et à mesure que le monde change. Ce désir de s'adapter au monde semble animer presque tous les changements promus par François. L'impie et ridicule Synode sur la synodalité n'est que la manifestation la plus extrême de cette "recherche" dans l'ère post-conciliaire.

Réhabiliter les théologiens soupçonnés d'hérésie par le pape Pie XII
. Benoît XVI a évoqué certaines des "grandes figures" avec lesquelles il a travaillé au cours du Concile :

"Je me rappelle bien (...) des rencontres avec des Cardinaux etc. Et ensuite, ceci était typique pendant tout le Concile : des petites rencontres transversales. J’ai ainsi connu de grandes figures comme le Père de Lubac, Daniélou, Congar, etc."


Comme le décrit le père Dominique Bourmaud, Congar et de Lubac firent l’objet d’une enquête théologique pour Modernisme avant le Concile :

"Il est impossible de parler de la genèse du Concile Vatican II sans mentionner les figures de proue de tout le mouvement. Mentionnons trois noms qui montrent clairement comment des personnes de cultures et de formations si différentes sont parvenues à des conclusions similaires : Henri de Lubac, Yves Congar et Karl Rahner. Ces trois hommes sont unis par de nombreux points. Ils ont tous eu une longue histoire en tant que professeurs d'université ; tous ont fait l'objet d'un enquête théologique pour idées modernistes sous Pie XII ; tous ont été, d'une manière ou d'une autre, sanctionnés ou exilés de leur poste. Tous ont ensuite été miraculeusement réintégrés en tant que periti du Concile à la veille du Concile".


Ceux qui s'opposent au Synode de François sur la synodalité peuvent se rappeler que François a spécifiquement fait l'éloge de Congar comme source d'inspiration pour changer l'Église par le biais du Synode :

"Le Père Congar, de sainte mémoire, rappelait : « Il ne faut pas construire une autre Église, il faut construire une Église différente. » (Vraie et fausse réforme dans l'Église, Milan, 1994, 1939)"


Tout au long de son histoire, l'Église a mis l'accent sur ses convictions théologiques en élevant ceux qui les défendent et en réduisant au silence et en mettant à l'écart ceux qui s'y opposent. Le Concile a abandonné saint Thomas d'Aquin en faveur d'hommes qui avaient été réduits au silence par Pie XII. Dans cette optique, il est clair que François a été fidèle à Vatican II.

Remplacer la messe. De nombreux catholiques traditionnels ont retrouvé la Messe latine traditionnelle grâce à Benoît XVI, et nous devons lui en être reconnaissants. Mais les propos de Benoît XVI sur la nécessité d'une participation active montrent clairement qu'il considérait le Novus Ordo comme plus adapté à la nouvelle orientation de l'Église :

"Mais maintenant la beauté, la profondeur, la richesse historique, humaine, spirituelle du Missel avaient été redécouvertes ainsi que la nécessité que non seulement un représentant du peuple, un petit enfant de chœur, dise « Et cum spiritu tuo » etc., mais qu’il y ait réellement un dialogue entre le prêtre et le peuple, que réellement la liturgie de l’autel et la liturgie du peuple soient une unique liturgie, une participation active, que les richesses arrivent au peuple ; et ainsi la liturgie a été redécouverte, renouvelée."


Même s'il a été apparemment contrarié par Traditionis custodes de François, Benoît XVI a clairement estimé que le Concile avait bien fait d'abandonner le "Et cum spiritu tuo" des enfants de chœur au profit de réponses communautaires et de poignées de main pour l'ensemble de l’assistance. La surprise n'est pas tant que François ait pris des mesures supplémentaires pour abandonner la Messe Latine Traditionnelle, mais que Benoît XVI ait accordé pour cela autant de liberté qu'il l'a fait.

Sur ce point, il convient de rappeler que le chapitre général de 2006 de la Fraternité Saint-Pie X a réaffirmé deux conditions pour la poursuite des discussions avec Rome : la levée des excommunications de 1988 et la liberté de la Messe Latine Traditionnelle. Benoît XVI a publié Summorum Pontificum l'année suivante et a levé les excommunications deux ans plus tard. Aurait-il eu la moindre raison de prendre ces deux mesures s'il n'avait pas tenté de "réconcilier" la FSSPX ?

Nous pouvons également considérer la prédiction du Dr Marian Horvat dans un article de 2005 :

"Qui sait quelles ouvertures de "réconciliation" Benoît XVI fera aux catholiques traditionalistes pour faire taire leur opposition croissante au Concile ? Je pense qu'il autorisera une application plus large de l’indult de la messe tridentine, peut-être même accordera-t-il une prélature apostolique plus large pour dire la messe tridentine que ce qui a été autorisé dans l'affaire Campos. Cela ne serait accordé que si les catholiques traditionnels faisaient des compromis et acceptaient Vatican II et toutes ses conséquences."


Dans cette optique, il semble que François adopte dans une large mesure la même approche "de la carotte et du bâton" avec la Messe Latine Traditionnelle, tout cela dans le but de faire taire l'opposition à Vatican II.

Abandon de la (vraie) conception traditionnelle de l'Église. Avant Vatican II, l'Église enseignait que le Corps mystique du Christ était l'Église catholique. Comme l'a expliqué Benoît XVI, le Concile a dû abandonner ce concept parce qu'il était trop exclusif :

"Après les années 1940, dans les années 1950, quelques critiques du concept de Corps du Christ avaient déjà surgi : ‘mystique’ serait trop spirituel, trop exclusif ; on avait alors mis en jeu le concept de ‘Peuple de Dieu’. Et, justement, le Concile a accepté cet élément, qui est considéré chez les Pères comme l’expression de la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament (...) Et les autres, nous les païens, nous ne sommes pas en soi le Peuple de Dieu, nous devenons les enfants d’Abraham, et donc Peuple de Dieu en entrant en communion avec le Christ, qui est l’unique semence d’Abraham (...) C’est-à-dire : le concept de ‘Peuple de Dieu’ implique une continuité des Testaments, une continuité de l’histoire de Dieu avec le monde, avec les hommes, mais il implique aussi l’élément christologique".


Nous rejetons bien sûr les ouvertures impies de François aux religions non catholiques (qui ne sont que des variations de la Journée de Prière de Jean-Paul II à Assise), mais dès lors que nous ne considérons plus l'Église comme le Corps mystique exclusif du Christ, nous avons déjà surmonté le principal obstacle qui nous empêche de considérer le catholicisme comme une bonne religion parmi d'autres. Et une fois que nous voyons le catholicisme comme une bonne religion parmi d'autres, nous devons rejeter ceux qui adhèrent de façon pointilleuse à la croyance selon laquelle, sauf circonstances extraordinaires, il n'y a point de salut en dehors de l'Église catholique. C'est ce que nous voyons aujourd'hui, alors que François embrasse toutes les religions autres que la foi telle qu'elle existait avant Vatican II.

L'accent mis sur les contributions de l'Église à l'ordre mondial
. Benoît XVI a noté que le Concile s'est concentré sur la manière dont l'Église devrait contribuer à "la construction de ce monde" :

"Le thème apparaissait avec grande urgence : le monde d’aujourd’hui, l’époque moderne, et l’Église ; et avec eux les thèmes de la responsabilité pour la construction de ce monde, de la société, la responsabilité pour l’avenir de ce monde et l’espérance eschatologique, la responsabilité éthique du chrétien, où il trouve ses guides ; et puis la liberté religieuse, le progrès, et les relations avec les autres religions".


Il est clair que l'objectif premier ne peut plus être d'"enseigne[r] toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que [Jésus] vous [a] prescrit" (Mt 28,19-20). Dès lors que l'on s'oriente vers la construction du monde plutôt que vers l'édification du Corps mystique du Christ, tout doit changer, même si c'est de façon graduelle. Y a-t-il quelque chose que nous déplorons dans les dix années destructrices de François à Rome qui ne corresponde pas à cette nouvelle orientation introduite par le Concile ?

Faire confiance au Concile malgré des fruits putrides. Benoît XVI a reconnu les graves problèmes découlant du "Concile des media" (le "Concile virtuel") :

"[Le Concile des media] a créé tant de calamités, tant de problèmes, réellement tant de misères : séminaires fermés, couvents fermés, liturgie banalisée…".


Notre Seigneur nous a dit de juger aux fruits. Benoît XVI savait donc qu'il devait soutenir que les horribles fruits provenaient tous d'un "concile virtuel" – et qu’à l'inverse, le "vrai concile" avait finalement pris racine et produisait des fruits glorieux :

"…le vrai Concile a eu de la difficulté à se concrétiser, à se réaliser ; le Concile virtuel était plus fort que le Concile réel. Mais la force réelle du Concile était présente et, au fur et à mesure, il se réalise toujours plus et devient la véritable force qui ensuite est aussi vraie réforme, vrai renouvellement de l’Église. Il me semble que, 50 ans après le Concile, nous voyons comment ce Concile virtuel se brise, se perd, et le vrai Concile apparaît avec toute sa force spirituelle. Et voilà notre tâche, particulièrement en cette Année de la foi, à partir de cette Année de la foi, travailler pour que le vrai Concile, avec sa force de l’Esprit Saint, se réalise et que l’Église soit réellement renouvelée".


Le point le plus positif de la papauté de Benoît XVI a été la libéralisation de la Messe Latine Traditionnelle, qui n'était manifestement pas un fruit du Concile. Il est étonnant qu'alors qu'il était contraint de fuir les loups, il continuait à louer "le vrai Concile avec toute sa force spirituelle". C'est la même dissonance cognitive que nous voyons chez François et tous ceux qui vantent les fruits du Concile. Ceux d'entre nous qui sont écœurés par ces fruits doivent obéir et cesser d'imaginer que les papes d'avant Vatican II avaient raison lorsqu'ils nous disaient que c'était exactement ce qui arriverait si les catholiques acceptaient les erreurs que Rahner, Congar, de Lubac et d'autres ont convaincu les Pères conciliaires sans méfiance d'accepter lors du Concile.

Il ne fait aucun doute que les paroles et les actes de François sont généralement bien plus offensants que ceux de ses prédécesseurs. Mais Dieu a une raison de permettre ce mal et les conclusions que nous tirons sur l'occupation destructrice de la papauté par François sont presque certainement un facteur important dans notre capacité, collectivement et en tant que catholiques individuels, à tirer profit de cette crise. Il n'y a aucune vertu sainte à lever les bras au ciel et à dire que nous ne pouvons pas discerner la volonté de Dieu.

De nombreux catholiques sincères semblent croire que le problème a commencé avec la renonciation de Benoît XVI et que nous sommes à un saint conclave de résoudre la crise. Cependant, comme les observateurs objectifs peuvent le constater à partir des considérations ci-dessus, parmi beaucoup d'autres, les mauvaises croyances de François découlent vraiment d'une interprétation exacte du Concile. Ceux qui dénoncent François tout en défendant Vatican II soit sont dans l'illusion, soit, pire encore, tentent cyniquement de soutenir le Concile face à de puissantes raisons de le rejeter entièrement.

À ce stade de la crise, nous ne devrions avoir aucune patience face à ceux qui insistent sur le fait qu'il n'est pas catholique de remettre en question le Concile. Il est évident que François est un fruit naturel de Vatican II - si vous avez un problème avec les attaques de François contre la foi, vous avez un problème avec le Concile. Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !

     

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 La vision désastreuse de François découle-t-elle naturellement de Vatican II  [...] par vistemboir2  (2023-03-31 18:25:40)


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