Méditation avec Les saintes voies de la Croix de M. Henri-Marie Boudon par ami de la Miséricorde 2023-02-08 22:38:02 |
|
Imprimer |
CHAPITRE VI
Qu'il faut recevoir les croix avec joie, avec actions de grâces, avec étonnement
Elle compatit très bien avec la tristesse de la partie inférieure, ce qui est évident en Notre-Seigneur Jésus-Christ. L'Apôtre qui dit (I Cor. VII, 4) qu'il surabonde de joie en toutes ses tribulations, ne laisse pas d'avouer qu'elles l'ont affligé jusqu'à lui faire porter la vie en ennui. Ce qui marque évidemment qu'il le faut entendre de la joie qui est en la suprême partie de l'âme, autrement il tomberait en contradiction. Nous ne nions pas pour cela que la partie inférieure et sensitive de l'Apôtre n'y ait eu part en quelques rencontres.
Nous disons seulement qu'il suffit que la joie soit dans la cime de l'âme, qu'il prend son contentement en l'ordre de la divine conduite sur elle, quoique souvent dans le sentiment elle ne ressente qu'une tristesse accablante. Cette joie n'empêche pas même les plaintes modérées de la partie inférieure, lorsque les sens ressentent toutes les afflictions, et qu'ils se plaignent, Notre-Seigneur les regardent comme de petits enfants qui pleurent quand on les châtie.
Qui les voudrait empêcher de pleurer, les étoufferait. Mais cette joie fait que, malgré les sentiments contraires, l'on est ravi d'être dans la peine, qu'on en marque l'estime à tout le monde, que partout l'on fait état des croix, tant de celles qui nous arrivent que de celles que nous remarquons dans les autres.
Il y en a même qui s'écrient en ces occasions, pour se congratuler d'un si grand présent du ciel. L'on témoigne et de vive voix, et par écrit, l'estime que l'on en a, et il est bien juste. Si les gens du monde se congratulent tant pour quelque bonne fortune qui leur sera arrivée, ô Dieu, quelle glorieuse fortune, selon l'esprit de Jésus-Christ, que celle des souffrances !
Je sais qu'elles sont rudes à la nature, mais si l'avare, disait le P. Balthazar Alvarez, avait employé beaucoup d'argent à façonner sa vigne, et qu'il la vît grêlée, ce qui sans doute l'affligerait beaucoup : si, dis-je, cet avare apprenait qu'elle aurait été grêlée par une grêle d'écus, son affliction serait bientôt changée en la plus douce consolation qui lui pût arriver. Or, mon âme, apprenons que les croix sont autant de pièces d'or du ciel, elles en font les pierres précieuses.
Tous ces objets de joie en même temps le sont d'actions de grâces. C'est pourquoi il faut bien prendre garde à n'en être pas ingrat. Aussitôt donc qu'il nous arrive quelque affliction, soit au corps, soit à l'esprit, et de quelque part quelle arrive, mettons-nous aussitôt à genoux pour en remercier la divine Providence ; et plus l'affliction est grande, plus elle mérite de reconnaissance et d'application, soit pour faire célébrer des messes en action de grâces, soit pour pratiquer quelques bonnes oeuvres, comme jeûnes, pèlerinages, aumônes, visites de malades, de prisonniers, et autres semblables.
Le grand serviteur de Dieu, le P. Jean Chrysostome, du troisième ordre de Saint-François, le savait bien, lui qui s'était engagé par vu de jeûner cent jours en l'honneur de saint Joseph, s'il pouvait obtenir de Dieu tout bon, par son intercession, d'être méprisé de tout le monde. Dans ces occasions, les amis chrétiens s'assemblent pour s'unir à remercier Dieu ; car l'on n'oublie rien pour marquer sa reconnaissance.
Ceux qui sont plus éclairés en donnent avis aux autres, afin que les dons de Dieu ne demeurent pas sans être reconnus. Un seigneur d'Angleterre ayant perdu tout son bien et étant réduit à la pauvreté, en fit chanter le Te Deum dans une communauté. J'ai su une femme qui, ayant perdu son procès, vint faire célébrer la sainte messe en action de grâces.
Si l'on remercie Dieu dans la guérison d'une maladie, dans la délivrance d'une fâcheuse affaire, à plus forte raison dans l'événement d'une bonne croix : car si un pauvre vous témoigne ses obligations pour un écu que vous lui donnez, que doit-il faire si vous lui donnez cent pistoles ? Or, les croix sont les plus riches présents du ciel. Souvent notre ingratitude nous en prive, ou fait que Dieu nous retire celles qu'il nous avait envoyées, et nous laisse à nos plaisirs, comme le Grand Turc, tant de seigneurs infidèles, et tant de réprouvés qui abondent en délices et en honneurs en ce monde.
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|