Quelques remarques par le torrentiel 2023-01-29 23:05:39 |
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. 1. Je parle en étant extérieur à la question, mais force m'est de reconnaître que, quand Jean Madiran diagnostiquait au moment du concile que l'enjeu en termes de pouvoir était d'instaurer la synodalité comme forme ordinaire du gouvernement de l'Eglise et de donner corps à des conférences épiscopales qui n'avaient pas de réalité canonique, il avait tapé dans le mil. , Or nombreux furent ceux qui le démentirent.
2. Le P. Viot serait-il revenu au catholicisme par monarchisme? Il semble avoir accompagné l'initiative de Jean Raspail de commémorer il y a trente ans le deux centième anniversaire de la mort de Louis XVI. Sa formule de "démocratie tempérée par l'Esprit saint" est amusante.
A priori, le synode se donne comme une volonté de "marcher ensemble sous la conduite de l'Esprit saint"
après avoir beaucoup parlementé.
En pratique, c'est une forme de démocratie participative et la démocratie du "cause toujours".
3. Je ne crois pas que la protestantisation de l'Eglise catholique aille jusqu'à donner au synode une voie délibérative. Mais c'est justement parce qu'il n'est que consultatif qu'il risque d'engendrer beaucoup de frustrations à l'exemple du "Grand débat" macronien, appelé aussi "grand blabla" ou grand monologue présidentiel. Il n'est qu'à voir la manière dont la parole se concentre: d'uneassemblé de fidèles écrivant ses cahiers de doléances, on arrive à cinq ou six représentants faisant remonter les doléances continentales au cours de la première session vaticane. Le rapporteur le cal Jean-Claude Hollerich porte une parole qui fait très "unité dans la diversité".Il était fait pour présider la COMECE..
4. Parodie des pratiques observées dans l'Union européenne, le synode est aussi une parodie du processus révolutionnaire tel que décrit par le Pr Philippe Pichot-Bravard reprenant les travaux d'Augustin Cochin sur les sociétés de pensée. Car il en va du synode comme du rapport Sauvé: sous couvert de diagnostics, les participants au synode ont fait remonter leur vision d'une Eglise très "wir sind die Kirsche", CCBF ou Vatican III. On a le droit de penser ainsi, l'ennui est d'avancer masqué. Et François gouverne l'Eglise de façon ambiguö: d'un côté il tance les évêques allemands et de l'autre il encourage cette manière de procéder. Une chate aurait du mal à y retrouver ses petits, mais cette forme de gouvernement rejoint la manière de gouverner des responsables temporels qui depuis une dizaine d'années font du macronisme, du "En même temps", disent tout et son contraire et semblent avoir fait leur l'adage du cardinal de Retz: "On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment." Ces gouvernements frondeurs encouragent la fronde, car rien n'est pire que de subir des injonctions paradoxales en permanence, cela porte à l'égarement On procède ainsi par paliers pour ménager une transition en douceur, mais seule la vérité nous rendra libres. Une démocratie est directe ou elle n'est pas, mais dans l'Eglise, elle ne peut pas être directe, car son modèle est le gouvernement montré par les Actes des apôtres.
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