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Méditation avec Les saintes voies de la Croix de M. Henri-Marie Boudon
par ami de la Miséricorde 2023-01-23 21:54:17
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CHAPITRE VIII

Continuation du sujet précédent


Il prive l'âme des actes réfléchie des vertus, ne concourant pas avec elle pour les lui laisser produire, quoiqu'il concoure puissamment pour les actes ; et ainsi, ôtant les actes réfléchis et ne laissant pas la connaissance des actes directs, on ne s'aperçoit plus de ce qui se passe dans la partie suprême ; on ne s'aperçoit nullement de la conformité que l'on a à la divine volonté, ni de la paix qui réside dans le centre, ni de la foi, de l'espérance et de la charité, que l'on possède dans un degré éminent :

l'on ne voit que le trouble, que les irrésignations, que les peines que l'on sent, et qui sont bien connues, Conduite que Dieu, tout bon, tient sur les âmes, pour laisser leurs vertus dans leur pureté, et pour empêcher que l'amour-propre ne s'y glisse, qui se mêle presque partout par les réflexions que l'on y fait, et par une très subtile et inconnue satisfaction que l'on y prend.

Ensuite, comme c'est le propre du divin amour de changer de croix, il les augmente selon ses desseins et son infinie sagesse, y mettant la main lui-même, ce qui est épouvantable ; aussi le Fils de Dieu, qui n'avait dit mot à tous les tourments de la terre et de l'enfer, crie dans le délaissement de son Père, qui vient être la cause immédiate de sa passion intérieure.

Si l'on demande pourquoi toutes ces croix, nous en avons dit plusieurs causes, et nous en parlerons encore. Il suffit de dire qu'un seul péché véniel mérite tous les fléaux temporels.

Mais je demande pourquoi les peines du purgatoire. N'est-ce pas le même Dieu qui fait souffrir en ce monde et en l'autre ? Ce sont aussi les mêmes âmes qui endurent. Au reste, ce glaive séparant l'âme et l'esprit, pénétrant jusqu'aux entrailles, et fondant jusqu'à la moelle des os, ne sépare de l'être créé que pour être uni à l'incréé.

On rapporte que Notre-Seigneur disait à une sainte personne : Quand j'ai baissé mon chef vers la terre en expirant, c'était pour montrer aux fidèles le lieu où j'ai souffert, et qu'il faut qu'ils y souffrent.

Ceux qui s'approchent de ma douloureuse passion, mon divin amour les consume en eux-mêmes, les transforme en moi et les défie. Voilà où aboutissent tous les anéantissements divins, qui consistent en ce que les personnes n'ont point d'action par elles-mêmes, n'agissant plus que par l'esprit de Jésus-Christ.

Elles n'ont plus de désirs propres, d'affections, de craintes, d'espérances. On ne peut vivre ni mourir ; on n'agit plus par soi-même, mais par le mouvement de la grâce. Vous m'avez promis, disait un jour une sainte âme à Notre-Seigneur, les plus belles choses du monde, et je n'en sens rien, je n'en vois rien, je n'en crois rien. C'est que vous êtes dans le néant, lui répondit cet aimable Sauveur. Mais quels anéantissements semblables à ceux de ce divin Maitre ?

Ses peines et ignominies lui en font porter d'incomparables ; son âme étant séparée de son corps, il n'était plus homme, et par suite Jésus ; il est, durant quelques heures, au nombre des choses qui ne sont plus.

Toutes les créatures ne sont anéanties, et même les plus saintes, qu'à l'égard de leurs opérations : en Jésus, l'anéantissement en va jusqu'à sa nature humaine, quoique toujours unie à la personne du Verbe.

Mais, ô cieux ! Ô terre ! Quels anéantissements votre Souverain ne souffre-t-il pas dans le très saint sacrement de l'autel ! Ô créature qui n'es rien et qui veux toujours être quelque chose, soit dans la nature, soit dans la grâce, regarde ton Dieu, qui est seul grand et unique tout, toujours dans le néant en la divine Eucharistie, depuis plus de dix-huit cents ans, en tous les endroits de la terre, et qui y sera jusqu'à la fin du monde, pour satisfaire à la grandeur de son Père, offensée par tes superbes élévations.

Ô Dieu ! Quelle voix crie à nos coeurs, non pas de la terre, non pas du ciel, mais du Dieu du ciel et de la terre : Il n'y a que Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul ! À bas toute créature !

Qu'elle ne parte jamais du néant, qui est sa place. Ô aimables et infiniment aimables croix qui y conduisez, qui y faites persévérer ! Ô détestables et infiniment dignes de toute exécration, plaisirs, honneurs, richesses, qui en détournez ou qui en retirez malheureusement !

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

     

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