Merci par Montes Gelboe 2022-12-31 09:54:23 |
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cher correspondant d'introduire une discussion au sujet de Philon d'Alexandrie.
Je prendrais la liberté de conseiller -et également à ceux qui s'intéressent à Philon- de lire au moins un ouvrage de fonds tel que le classique "Les Idées philosophiques et religieuses de Philon d'Alexandrie", par Emile Brehier (Vrin Paris, 1950, 336 p), ou "Philon le Juif, essai sur l'école juive d'Alexandrie", d'Edouard Herriot (Hachette, Paris, 1898, 366 p.) Un ouvrage surprenant quand on connait la carrière parlementaire et politique qui fit, postérieurement à ses études, son auteur.D'autres ouvrages sont également fondamentaux...
La tradition suppose que Philon aurait rencontré saint Marc à Alexandrie, il était, en effet, contemporain des Apôtres. L'Epitre aux Hébreux est marquée par son influence.
Philon aurait pu être un lien entre les juifs et la pensée hellénistique. Rejeté par les juifs, il a eu chez les chrétiens la postérité que ses compatriotes lui ont refusée.
En Orient l'exégèse philonniene marque celle d'Origène et malgré les préventions élevées contre cet auteur, elle imprègne la pensée de l'Eglise d'Orient.
En Occident, Philon inspire profondément saint Ambroise. L'évêque de Milan -lui qui disait devoir enseigner aux autres avant d'avoir lui-même appris- est familier des écrits de Philon, ou directement ou par divers truchements.
Les grands traités bibliques de s. Ambroise consacrés à l'Ancien Testament, sont parfois parallèles à ceux de Philon : Hexaemeron, de Paradiso, de Cain et Abel, de Noë et arca, de Abraham, de Joseph Patriarcha etc...
On voit aussi des lectures et citations de Philon dans sa correspondance.
S. Ambroise s'appuie sur Philon, en corrigeant les points problématiques pour les chrétiens comme la subordination du Logos.
Un point qui intéressera les férus de liturgie. La description symbolique du culte par Durand de Mende dans le "Rational des divins offices" (XIIIe s.) n'est pas étrangère à la tradition philonnienne. La description symbolique du culte du Temple, des ornements du Grand-Prêtre trouvent un écho, lointain et indirect chez Durand de Mende.
Il serait heureux que la filiation hébraïque du christianisme fut aussi et mieux rapprochée du judaïsme alexandrin et hellénisant et non point limitée au judaïsme rabbinique plus tardif et plus systématique.
Dans cette optique l'étude de Philon d'Alexandrie est un élément primordial.
Espérons que la discussion ici se poursuivra profitablement à tous.
Merci.
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