Méditation avec Les saintes voies de la Croix de M. Henri-Marie Boudon par ami de la Miséricorde 2022-11-14 20:38:57 |
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CHAPITRE IV
Qu'il faut nécessairement marcher par la voie de la croix
Voilà donc le grand sujet de la doctrine de la croix, que Notre-Seigneur prêchait à tous les peuples, Il ne leur découvrait pas tous les mystères du règne de Dieu, et quoiqu'il en donnât la connaissance à ses disciples, comme il le témoigne, il y avait cependant plusieurs choses, comme il assure, qu'il ne leur disait pas, parce qu'ils n'y étaient pas encore disposés.
Mais, pour la doctrine de la croix, il la prêchait autrement, sans aucune remise et sans aucun retardement. Ô prudence humaine, que deviens-tu ici ? Ne semblait-il pas qu'il fallait attendre que ce peuple grossier, à qui notre bon Sauveur parlait, fût plus disposé ?
Si ce divin maître réservait de certaines choses à dire, même à ses disciples, après la venue du Saint-Esprit, y avait-il rien en apparence qui ne méritât plus qu'une doctrine si sévère, et en ce temps presque inouïe, et à l'égard d'un peuple tout charnel ?
Dautant plus que ce peuple, au lieu d'en faire un bon usage, s'en scandalisait, en murmurait jusque-là que quelques-uns voulurent précipiter du haut dune montagne ce divin Naître qui l'enseignait, et ses proches le voulurent garrotter, disant que c'était un furieux.
Pourquoi prêcher une doctrine qui a de telles suites ? Cependant il en parlait tout haut publiquement et à découvert, et il disait à tous : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il porte sa croix. (Matth. XVI, 24) Il le disait à tous, à ses disciples et aux peuples les plus grossiers ; et il en parle si généralement qu'il n'y met aucune exception.
Si quelqu'un veut venir après moi, c'est-à-dire qui que vous soyez, riche ou pauvre, savant ou ignorant, grand ou petit ; fussiez-vous général d'armée, prince, roi ou empereur ; de quelque qualité et condition que vous puissiez être, de quelque âge, soit jeune on vieux ; de quelque sexe, soit homme ou femme ; de quelque état, soit dans le siècle, soit hors du siècle ; si quelqu'un d'entre vous veut venir après moi, qu'il porte sa croix, il faut se résoudre à la souffrance.
C'est pour cela que l'Évangile nous apprend que ses miracles faisant un grand éclat, et remplissant d'étonnement et d'admiration ceux qui les voyaient, il en désoccupait ses disciples, et leur recommandait de mettre bien avant dans leurs coeurs les discours qu'il leur faisait de sa mort et passion, dont il les entretenait dans le temps de ses actions les plus miraculeuses ; pour leur marquer que ce n'étaient pas les consolations qui nous doivent arrêter en cette vie, mais bien les peines et les travaux.
Que dites-vous donc, ô Chrétien, quand vous vous plaignez de vos peines ? Faites-vous bien réflexion à la qualité que vous prenez ? Être Chrétien, et être crucifié, c'est une même chose.
Si vous renoncez aux souffrances, il faut renoncer au christianisme. En vérité, encore une fois, savez-vous bien ce que vous faites, quand vous parlez de ne point souffrir ? Est-ce que vous voulez quitter la religion chrétienne, renier votre baptême, et n'être plus des disciples de Jésus-Christ ?
Or, si vous voulez en être, attendez-vous à des peines, soit d'esprit, soit de corps ; soit de la part des hommes, dont les contradictions ne manquent pas ; soit de la part de l'enfer, qui vous combattra toujours ; soit de la part de la nature corrompue, de vos inclinations, de vos passions et de vos humeurs. Souvenez-vous bien de ce que l'Église chante, que la croix est notre unique espérance. Il n'y a rien à espérer que par cette voie.
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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