Méditation avec Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu par ami de la Miséricorde 2022-09-13 23:10:35 |
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CHAPITRE XV
Les grands biens des voies crucifiantes sont montrés par des exemples très remarquables
Elle dit en un autre lieu, dans le même livre : Ce serait un sujet trop ambitieux, et d'une excessive longueur, si je voulais rapporter les persécutions, les travaux et les afflictions que j'avais soufferts depuis cinq ans et davantage, lesquelles peines ont été telles que Notre Seigneur seul les peut connaître.
Et en un autre endroit : Ô mon Seigneur ! Qu'il est bien certain que celui qui vous rend quelque service est bientôt payé par quelque grand travail ! En la fondation de Villeneuve de la Xare, elle écrit de la sorte :
De grandes persécutions s'élevèrent soudainement contre les Carmélites et les Carmes déchaussés, le tout ayant été fort proche d'une ruine totale. L'on peut bien voir par là le dépit qu'avait le diable d'un si saint commencement que Notre Seigneur avait planté.
Les Pères déchaussés, et spécialement les supérieurs, souffrirent beaucoup dans de faux témoignages dont ils furent chargés, et endurèrent une grande contradiction, presque de la part de tous les Pères de l'Observance mitigée, qui donnèrent de telles informations à notre révérend Père général, qu'encore qu'il fût fort saint, ils le prévinrent néanmoins de telle sorte, qu'ils firent de grands efforts pour empêcher que les monastères des Déchaussés ne passassent point plus avant.
Et parce que j'aidais à ceci, ils l'irritèrent contre moi : ce qui a été le plus grand travail que j'aie souffert dans ces fondations, quoique j'en aie eu plusieurs, parce que, de ne point contribuer ou de ne point seconder une œuvre où je voyais clairement que Notre-Seigneur était, et que notre ordre augmentait (des personnes très doctes, à qui je me confessais, n'y consentaient point), et d'aller contre ce que mon supérieur voulait, ce m'était une mort.
En ce temps-là mourut un nonce du Pape qui était un homme de sainte vie, et qui favorisait beaucoup la vertu, d'où vient qu'il estimait les Pères Déchaussés.
Mais il en vint un autre qui ne lui succéda pas en cette affection, semblant avoir été envoyé de Dieu pour nous faire exercer la patience.
Conformément à l'information que les Pères de l'Observance mitigée lui donnèrent de nous, il se persuada et persista opiniâtrement dans la créance qu'il n'était pas convenable de laisser passer outre ces commencements ; et ainsi le mit-il en exécution avec une très grande rigueur, condamnant, emprisonnant et bannissant ceux qu'il pensait lui pouvoir résister.
Ceux qui pâtirent le plus, furent le P. Antoine de Jésus et le P. Jérôme Gracian, contre lequel ce nonce était grandement aigri, et contre le P. Marian de Saint-Benoît.
Il donna aussi des pénitences à d'autres religieux des plus graves de l'ordre ; mais à ceux-ci il ordonna, sous la peine de plusieurs censures, de ne plus traiter d'aucune affaire.
L'on voyait bien que tout cela venait de la part de Dieu, et sa majesté permettait cet orage, afin que la vertu de ces Pères fût mieux connue.
Quelques-unes d'entre les religieuses ont beaucoup souffert dans de faux témoignages dont elles furent chargées. Pour moi, j'en ressentais beaucoup plus d'affliction que de ce que j'endurais en mon particulier, parce que cela, au contraire, me donnait du contentement.
Celles qui viendront après nous verront combien elles sont obligées d'acquérir et de maintenir la perfection, ayant tant coûté à celles qui sont maintenant vivantes.
Source : livres-mystiques.com
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