Un article de Benoît & moi donne un éclairage intéressant à cette surprenant élévation à la pourpre cardinalice de monseigneur Cantoni par Ubique Fidelis 2022-09-06 10:30:36 |
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Lu sur Benoît et moi :
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L’affaire Inzoli
Le 29 juin 2016, don Mauro Inzoli, président du Banco Alimentare pendant quinze ans, a été condamné par le tribunal de Crémone à quatre ans et neuf mois pour avoir abusé sexuellement de cinq mineurs. Le plus jeune avait douze ans et le plus âgé seize. Dans le domaine canonique, la procédure contre le prêtre était en cours depuis un certain temps. Oscar Cantoni, alors évêque de Crema, le diocèse où le prêtre était incardiné, a joué un rôle clé.
La sentence de la Congrégation pour la doctrine de la foi (désormais Dicastère) indique clairement « le 21 juillet 2011, ce Dicastère a confié à l’évêque de Crema, en tant que son délégué, la tâche de mener à bien un processus pénal administratif ex can. 1720 CIC contre le clerc ». À la tête du diocèse de Crema se trouvait Oscar Cantoni, qui avait reçu les plaintes contre le père Mauro Inzoli dès 2010.
Le cardinal Müller (alors à la tête de la Congrégation) poursuit : « Au cours de l’enquête, les plaintes de onze hommes mineurs, de deux femmes mineures et des indications d’abus possibles sur sept autres mineurs sont apparues ». Nous parlons de vingt mineurs !
Inzoli répond aux objections en avouant. « Compte tenu de l’aveu partiel par le délinquant des faits reprochés et de son incapacité à présenter des éléments pour se disculper, ainsi que de la gravité et de l’imputabilité des crimes…, l’évêque de Crema – après avoir consulté ses assesseurs – a considéré que la certitude morale nécessaire avait été atteinte concernant la commission des abus ».
Ainsi, Inzoli a avoué et l’évêque Oscar Cantoni a admis que les abus avaient été perpétrés.
Malgré cela, Cantoni a signé un décret le 25 août 2012 condamnant Inzoli à une peine de cinq ans seulement. Il s’est même adressé aux fidèles de Crema, affirmant que le but de « l’esprit ecclésial est toujours d’accompagner maternellement ses enfants, même lorsqu’ils commettent des erreurs, plutôt que de faire prévaloir des jugements de condamnation ».
Oui, les accusations contre le prêtre ont été considérées par Cantoni comme prouvées, mais il n’a pas songé à le renvoyer de l’état clérical. Il lui a ordonné de vivre en dehors du diocèse de Crema, lui a retiré toute fonction pastorale et lui a imposé la célébration de la Sainte Messe en privé. Pour seulement cinq ans !
Heureusement, les actes du procès, comme le stipule le Motu Proprio Sacramentorum Sanctitatis Tutela, devaient être transmis à la Congrégation pour la doctrine de la foi pour obtenir la confirmation du décret. Le 9 novembre 2012 (sous le règne de Benoît XVI), la Congrégation s’est adressée à l’évêque Oscar Cantoni et lui a dit : « Vu la gravité, la continuité et la permanence des abus perpétrés », vous devez reformuler le décret en imposant la peine de la révocation de l’état clérical et non les peines temporaires que vous avez données.
Le cardinal Gerhard Ludwig Müller et son dicastère disaient en substance à Cantoni : si le crime est prouvé, s’il a avoué, s’il a même recommencé, pour quelle raison absurde devrait-on être indulgent ? La question est donc la suivante : pourquoi Cantoni a-t-il voulu sauver don Mauro Inzoli alors qu’il était certain qu’il avait abusé de mineurs ?
Ce n’est qu’après que la Congrégation lui ait ordonné de le faire que Cantoni a publié le décret renvoyant don Mauro Inzoli à l’état laïc. Le prêtre a fait appel devant la session ordinaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi le 30 janvier 2013, et les membres l’ont rejeté le 29 mai 2013 avec 14 voix pour, une abstention et une contre.
L’appel au Pape
Inzoli ne s’est pas découragé et, grâce aussi à son évêque, a réussi à se rendre auprès du pape. François, qui venait d’être élu, a décidé de ne pas se soucier de la décision de la Congrégation et a pris l’affaire à son compte. En outre, il a même décidé d’accorder la grâce à Inzoli, comme le souhaitait Cantoni, et « compte tenu de la gravité du comportement et du scandale qui en a résulté », il a invité Mgr Inzoli « à une vie de prière et d’humble réserve, en signe de conversion et de pénitence ». Le Pontife n’a donc pas infligé la peine la plus sévère à un prêtre pédophile, mais l’a même sauvé « des griffes » de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
L’ex Saint-Office en est resté sous le choc. Avec tout ce qui émergeait concernant les abus sexuels commis par des prêtres, le pape nouvellement élu graciait un prêtre qui avait abusé d’une vingtaine d’enfants… « Nous avons été stupéfaits lorsque nous avons reçu la demande du pape de publier le décret 665/2010. A l’évidence, quelqu’un avait un accès privilégié à Santa Marta », nous a affirmé l’un des quatorze membres votants de la Congrégation.
« Quiconque est condamné pour des abus sexuels sur des mineurs peut se tourner vers le pape pour obtenir un pardon, mais je n’en ai jamais signé un et ne le ferai jamais. J’espère que c’est clair », a déclaré François à la Commission pontificale pour la protection des mineurs en 2017. Pourtant, le 6 juin 2014, le pape a mandaté la Congrégation pour la doctrine de la foi pour publier un décret sauvant don Inzoli et ne lui imposant que des sanctions temporaires, comme le lui avait demandé l’évêque Oscar Cantoni, désormais promu cardinal de la Sainte Église romaine.
François a mis sa signature dessus. En 2014, le pape s’est appuyé sur le jugement de ses amis et non sur celui de ceux qui ont tenté avec compétence de mettre un terme aux abus commis sur des enfants par un homme puissant.
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https://www.benoit-et-moi.fr/2020/2022/09/05/nominations-cardinalices-du-pape-de-la-tolerance-zero-petits-arrangements-entre-amis/
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