Méditation avec Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu par ami de la Miséricorde 2022-09-01 22:27:00 |
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CHAPITRE XIII
Suite du discours commencé
Mais le divin Paul ne se glorifie-t-il pas dans les tribulations écrivant aux Romains (V, 3), et en la IIe Épitre aux Corinthiens (XI, XII) ; il parle de ses infirmités, de ses ignominies, de ses persécutions, comme des sujets de ses complaisances. N'assure-t-il pas encore qu'il surabonde de joie en ses peines ? (II Cor. VII, 11) Et l'incomparable saint Chrysostome déclare que, lorsque cette merveille des apôtres voyait que les souffrances lui arrivaient tous les jours comme les flocons de neige qui tombent en hiver, il tressaillait d'allégresse comme s'il eût été au milieu du paradis.
Les apôtres, dit la divine parole, s'en allaient se réjouissant de ce qu'ils avaient été trouvés dignes de souffrir pour le nom de Jésus. (Act., V, 41) Mais le Saint-Esprit nous enseigne en l'Épitre de saint Jacques (I, 2) que plusieurs sortes de souffrances sont la matière de toutes sortes de joie. Doctrine admirable de l'Esprit de Dieu, qui ne dit pas seulement que les croix doivent être le sujet de la joie, non-seulement d'une grande joie, non-seulement de la plus grande joie du monde, mais de toutes les joies.
Elevons donc ici nos pensées dans la lumière du Saint-Esprit et disons : Ce n'est pas assez de souffrir sans se plaindre, ce n'est pas assez de souffrir en patience, ce n'est pas assez de souffrir avec joie, mais les croix doivent être la plénitude de notre joie. Figurons-nous la joie d'une personne qui serait élevée à la dignité impériale, à qui l'on donnerait une couronne ; notre joie doit être plus grande quand il nous arrive une bonne croix.
Figurons-nous la joie de ces gens qui possèdent des richesses et des trésors immenses, qui jouissent en la vie de toutes les douceurs apparentes que l'on y peut goûter, nous devons être plus contents quand nous sommes dans les souffrances.
Il y a plus : les croix et plusieurs sortes de croix dans la doctrine d'un Dieu, malgré tous les sentiments de la nature et du monde, doivent nous causer toutes sortes de joies.
Repassons donc ici par notre esprit toutes les joies qui donnent tant de satisfaction à tous ceux qui pensent en avoir de véritables sujets, comme les joies des marchands qui trafiquent avec profit dans leurs boutiques, des laboureurs qui font une heureuse récolte d'une riche moisson, des généraux d'armées qui gagnent des batailles, des rois dans la conquête des villes et provinces, des pauvres qui se trouvent tout à coup enrichis, des malades dam le recouvrement d'une parfaite santé, des captifs dans la liberté de leurs chaînes, des plus affligés dans la délivrance de leurs peines, et enfin considérons tous les sujets de joie qui peuvent arriver généralement et sans réserve, toutes ces joies doivent être les joies d'une personne persécutée, rebutée, délaissée et crucifiée. Cette vérité est incontestable, puisqu'elle a été dictée par la Vérité même.
Ô mon âme ! il en faut donc demeurer là, et vivre entièrement persuadée que non-seulement les souffrances, c'est-à-dire toutes sortes de croix, font les sujets de toutes les joies imaginables. Cependant, combien y en a-t-il eu que la joie a transportés, et à qui même elle a fait perdre là vie, et pour des sujets bien légers ? Il faut donc, il faut être comblé de joie, il faut ne vivre que de joie, il faut mourir de joie, lorsque le ciel ne nous nourrit que de croix et nous accable de tourments.
Si l'on en recherche la cause, il est aisé de voir que Dieu seul étant notre souverain bien, il est lui seul notre souveraine joie, que nous ne pouvons posséder que l'union intime avec cet être infiniment heureux. Or c'est le propre des croix de nous y unir par le détachement qu'elles nous donnent de l'être créé.
C'est pourquoi il faut avouer qu'il est plus doux de souffrir que de parler des souffrances. La raison est que le discours et les pensées de la croix ne nous unissent pas à Dieu comme les croix actuelles que l'on porte. Oh ! que bien heureuse est l'âme qui n'y est pas unie, quand elle serait dans la jouissance de toutes les douceurs de la terre !
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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