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Si j'étais provocateur et aussi fixiste que Roger...
par JVJ 2022-07-22 11:55:11
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Je dirais que "mes" églises romanes et gothiques (je ne parle pas du néo-gothique ou du gothique moderne comme la cathédrale d'Orléans...) ne vont pas du tout avec un missel du XVIe siècle.

Mais je n'ai rien dit...

Et l'abbatiale de la Trinité de Vendôme n'est donc, si je suis votre raisonnement, que pour des offices et messes bénédictins des environs de 1500...

Et pour les églises composites avec un choeur XIIIe s., une nef XVIIIe s., un clocher 1920, et des chapelles XIVe-XVIIe s., comment fait-on ? Et les cryptes ?

A l'aube, les autels de Fontgombault nous ramènent à l'essentiel.

Je pourrais vous montrer les autels des Dominicains voulus par Le Corbusier (type abominable) du côté de Lyon ! C'était très tradi et pourtant dans le plus pur béton concentrationnaire (et j'avoue que j'aurais aimé voir cela). Aujourd'hui c'est presque mort... J'ai aussi les dessins qui montrent le dialogue entre les Dominicains et l'architecte au sujet de ces autels. La Tourette.
A cette époque, on ne voyait pas venir la grande crise de l'ordre, même dans la si sérieuse province de Lyon.



Pour la néo-abbatiale de Cîteaux, Paul VI anarchique et psautier français vont très bien, d'accord.

Il est fou que les messes monastiques se ressemblent toutes, à peu de choses près. Les réformes conciliaires n'avaient certainement pas à toucher aux ordres religieux, qui ont renié toutes leurs richesses avec une facilité déconcertante.

Des prêtres fort classiques et au très bon goût peuvent transformer une église en béton en un lieu de prière et où le tradi peut se sentir parfaitement.
On l'a vu quand les Oratoriens canal St Philippe Néri ont repris Ste-Jeanne d'Arc à Dijon. L'autel a rejoint le petit côté, non le grand côté pour être "au milieu".

Les gens du XIXe s. n'aimaient pas tous le néo-gothique ou le néo-byzantin. De nos jours, le néo-gothique est mieux compris et il a de grands mérites (sauf celui parfois d'avoir supprimé des états anciens, pour gagner en place, en solidité et en lumière...).

Cela m'amuse parfois d'entrer dans des églises en béton d'avant le concile, pour voir comment on pensait alors les choses avant le grand bordel. Je prie mieux à Fontgombault qu'à Wisques. Kergonan est dans un entre-deux. Question de goût personnel...
A Notre-Dame de Paris, trop de bruits, trop de gens, trop de zombies en bleu, trop d'autel concentrationnaire lustigérien.

Des curés de cathédrale disent qu'ils ne peuvent pas bien célébrer et prier dans leur église féodale d'un autre temps, que ces richesses (sic) leur faisaient honte. J'ai déjà entendu cela, même en colloque. Je n'ai pas eu le courage de leur dire que ce clergé était indigne de ses églises et qu'il n'avait qu'à monter une tente dans une ZAD pour dire leur messe.

Ici St-Bernard de Dijon (années 50), à la CSM, après un curé bi-ritualiste (tout ce qu'il y a de plus sérieux et traditionnaliste !).
Donnez cette église contemporaine à un autre profil de desservant, cela ressemblera à St-Merry ou à un synode (tiens, un bon contre-exemple ! comme les vandalismes catholiques à St-Gervais et à St-Séverin avant même le concile).
La fresque pensée par le P. Minnerath dans la chapelle de son évêché est d'une laideur insigne. Pourtant il aimait l'expliquer. On dirait une peinture pour témoins de jéhovah !

Je connais au moins un curé responsable d'une CDAS qui, avec l'Etat, ré-installe les tables de communion. Et ce curé emm... ceux qui ne sont pas d'accord. Le problème est qu'ailleurs, c'est le contraire, puisqu'il n'y a pas de loi. Mais on rétablira des barrières avec des cordes dans les cathédrales pour protéger le choeur...



Cher Roger, les stalles ont aussi souvent bougé dans nos abbatiales et cathédrales, comme l'autel majeur. Une messe de St-Pie V sur un autel carolingien (il en reste un peu...) serait... baroque, si l'on voulait être fixiste comme vous pour mettre en rapport un rite et une architecture. Mais je veux toujours les stalles ! Je les respecte tant que je ne supporte pas de voir des laïcs y poser leurs fesses. Problème de hiérarchie spatiale et aussi de respect des oeuvres.

Quand on voit certains autels imposés par des évêques dans les cathédrales, avec l'accord des Jeannine et d'un architecte retraité lecteur de La Croix à la CDAS. L'Etat ne peut pas toujours leur dire qu'ils ont un goût de hum. Et c'est le diocèse qui finance.

J'ai pu lire le détail des changements que voulut faire le P. Raffin à Metz. Les feuilles dactylographiées étaient gênantes de bêtises pour justifier tous les changements. Et comme souvent, ce n'était pas soigné.

A Chartres, on peut dire que l'autel de Goudji (tout non catholique qu'il est...) est très bien. Mais je sais ce que cela recouvre de subjectif. Et on peut, par hasard, y dire la messe devant et derrière ! Il y a des autels qui sont placés sciemment sans marche devant, pour que jamais les pieds d'un prêtre ne puisse s'y poser. Encore en 2022 et surtout depuis Benoît XVI.

A Tours, le bloc de pierre a été dégagé par un successeur pour le remiser dans une église moderne. Très révélateur de l'anomie. Soit cet autel était consacré et il devait rester tel, soit chaque évêque fait à sa sauce, sans continuité...

Tel curé de cathédrale voulut virer le maître-autel napoléonien pour le mettre au fond du chevet, tel successeur (devenu évêque) l'a sauvegardé avec son calvaire malgré un réaménagement correct ! Et dieu sait si j'ai entendu qu'il brisait la perspective, que pour les ordinations cela prenait de la place (quel mensonge !!!), et les saintes huiles (qui pourtant tournent dans le diocèse !!!); On n'en finirait pas de lister les mensonges cléricaux et de la CDAS et d'évêques adressés à la presse, aux catholiques et à l'Etat.
Quand des curés et des évêques détestent le calvaire et le tabernacle, on ne peut plus rien pour eux.
Ils sont partis ailleurs, dans une autre religion.

Trouver enfin des artistes catholiques n'est pas si simple. J'ai quelques noms, dont une jeune femme fort charmante passée par les bonnes écoles et qui préfère Balzac à Proust.
Lustiger était tout content d'avoir fait travailler un de ses amis incroyants. On comprend mieux le résultat.

Il y a les tenants du plain-chant partout, d'autres, pas forcément dans une église baroque bavaroise, qui exige aussi des violons et des choeurs féminins ! Parfois je trouve certaines messes longuettes... Et que personne ne me dise que ce doit être ça, ça et ça. Dans les paroisses de campagne en 1850, l'instituteur, même gauchisant, pouvait être le chantre et mes ancêtres sortis de l'école à dix ans chantaient en Français autre chose que "laisserons-nous à notre table un peu de place à l'étranger".

Quel tradi veut rétablir les castrats !? Encore une belle pratique d'Eglise... Et une belle vision de la femme dans l'espace sacré...
A qui le tour pour être castrat ?
Mauriac voulut sans doute le devenir et cela n'a pas marché... (je suis un très imitateur de Mauriac, que je lis avec plaisir par ailleurs. Voyez le rôle trouble du prêtre et ces familles bien propres étouffantes dans "Le sagouin". Cela se lit en une bonne heure et c'est ma-gni-fi-que).

Entre un traité des eunuques et un autre sur l'onanisme conjugal, on doit bien s'amuser le soir chez ceux qui gobent (!) tout ce qui est d'avant "le" concile... Dire qu'on devait enseigner cela au XIXe s. ici et là... La lecture de certains manuels de confession, modernes et pas médiévaux, est aussi instructive par son souci du détail qui relevait, évidemment, d'aucune curiosité malsaine...
Quand on confessait un meurtre, à supposer que cela existe, on savait qu'on ne serait pas absous (cas réservés oblige), et inutile au prêtre de demander combien de fois on avait mis le couteau, de quelle couleur était le manche, dans quelles parties exactes avait-on mis le couteau et si l'on tira quelque plaisir en enfonçant le couteau. Non ? Et pourtant, bien des manuels demandaient, comme un raisonnement philosophique ou théologique (thomiste...), d'aller toujours plus loin dans l'analyse en décortiquant ad libitum les choses...

Mon Père, je m'accuse de ne pas aimer les musulmans.
- et même les musulmans français, mon fils ? ne pourriez-vous pas les aimer un peu ? prier pour la conversion de l'Arabie Saoudite ?

Je ne m'accuse pas d'acheter Valeurs actuelles ou de ne pas avoir de pensées charnelles en regardant Isabelle de G. (et pas même des pensées spirituelles...).

Des bulles ont existé pour permettre les castrats j'imagine ! Elles ont toujours cours !
Un protestant ou un catholique littéraliste nous dira qu'on doit se faire eunuque pour le royaume... Je passe mon tour pour cette année.







     

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