Les maires laisseront les églises au desservant envoyé par l'évêque ! par JVJ 2022-07-21 11:04:43 |
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Vous êtes bien optimiste !
Les maires respecteront la loi de l'affectation, ils feront ce que le directeur de cabinet du préfet leur dira dans la semaine avec, pour le coup, un second couteau de l'évêché très disponible.
95 % des évêchés préfèreront pas de messe plutôt qu'une messe traditionnelle. On ne le voit que trop lors des obsèques dans le NOM (un truc même pire que le NOM). Il y a quinze jours, un grand ami chrétien est enterré. Trois prêtres au choeur, dont deux fort classiques. L'équipe locale aurait fait un scandale si l'un des deux était arrivé en chasuble à l'autel. Dans l'église pleine à craquer, il y avait une grande majorité de croyants, des gens simples qui ne sont pas allés au synode. C'est au-delà du dégoûtant, mais c'est tellement ancré que plus personne ne songe à se rebeller. Et la plupart du clergé peau de chagrin est d'accord avec cela.
Je connais une église rénovée à neuf dans une campagne l'an dernier (sans être vandalisée par la suppression de meubles...). Le curé a une trentaine de clochers et ne dit qu'une messe le dimanche (pastorale voulue par bien des évêques, dingue quand nos vieux curés en disaient deux dans les années 90), outre la messe anticipée du samedi qui est parfaitement légitime dans nos campagnes (les gens des villes sont priés de se taire !).
Eh bien, comme personne du village ne vient à la messe, il a été décidé qu'il n'y aurait plus qu'une messe par an. Un membre de l'eap qui m'a dit cela la semaine dernière trouve cela parfaitement "logique" !
On récompense donc les rares pratiquants sur ce critère.
Si j'étais le maire de gauche et les conseillers, j'exigerais que le téléthon et les concerts en tous genres s'y fassent, en raison de l'argent placé. L'évêque a même mis de sa poche personnelle pour aider aux travaux.
Les enterrements y sont faits par des laïcs alors que le curé, qui n'a que cela à faire, en aurait entre un et trois selon les semaines.
Combien de fois n'entré-je pas dans des églises qui n'ont plus de messe depuis des années, ni des enterrements. Je vois la mort de la France et de la chrétienté. Il y a même une table en bois pour autel conciliaire, l'ancien autel a disparu ou alors n'a plus que deux chandeliers en fer. La sacristie est vide, en dehors des vases et des fleurs synthétiques. Je cherche les tombes des derniers curés si le cimetière est autour. Les gens des villes ne peuvent comprendre, y compris ceux de l'évêché qui se réjouissent des messes de rassemblement qui font illusion (250 personnes le dimanche matin pour trente villages, bravo !).
Même des paroisses gérées par les chers St-Martin n'équilibrent pas les messes. De très belles églises de village sont abandonnées à l'année et les baptêmes sont centralisés. Quand je vois des St-Martin concélébrer, cela me gêne en raison des églises vides à la même heure, dans leurs paroisses et ailleurs. Et une messe le dimanche matin... Des maires et les dames qui ont les clés font état de leur incompréhension aux services de l'Etat et à votre serviteur quand il les interroge sur la fréquence de messes au gré de mes visites.
Telle mairesse (sic) du Perche m'a dit qu'elle se réjouissait d'avoir le baptême de sa petite-fille dans une église que la commune entretenait impeccablement (frais de chauffage et ménage pris en charge). Les desservants CSM (que j'aime beaucoup) ont dit niet. Baptême avec d'autres au chef-lieu de paroisse. Leur diacre aurait pu convenir d'une date, la famille n'exigeait rien.
Même si personne d'un village ne vient à la messe semestrielle (!!!!)... (et qui peut le savoir a priori, car on peut trouver des vacanciers ou des gens qui se décident), le prêtre ne dit pas la messe uniquement pour faire plaisir à Jeannine et Gérard qui adorent prendre leur voiture électrique le dimanche pour meubler le vide de la semaine, et qui se réjouissent de bavasser avant la messe dans un joyeux bordel.
L'absence chronique de servants de messe dans bien des campagnes n'est pas leur souci.
Les gens demandent encore le baptême par endroits, mais ne pratiquent pas du tout. Je ne leur en veux pas spécialement, ils n'ont rien reçu et eu égard à la tenue des messes...
Pour notre part, nous n'en pouvons plus.
L'abandon du précepte dominical étudié récemment par un canoniste de la FSSPX résulte de bien des facteurs.
D'autres curés font aussi ce qu'ils peuvent, et j'en connais. Ils font tous les enterrements, avec messe quand c'est pertinent, ce qui permet de faire vivre ces lieux.
Les catholiques abandonnent ces lieux consacrés. Le journal de nos départements montre chaque jour d'été des concerts olé olé partout, sans parler de la nuit funeste des cathédrales avec Fiori à Langres et Voulzy à Orléans. Le bon goût de la musique sacrée. Et parfois l'autel conciliaire, amovible !, valdingué pour le concert et le chanteur qui monte en chaire. C'est très révélateur.
J'espère, Gaspard, que vous connaissez quelques dizaines de maire, notamment en campagne. J'en vois beaucoup qui sont très hostiles à l'église et au curé de leur commune, d'autres qui sont aussi familiers de l'Eglise que je le suis du rap. Dans la cure dont je dépends, le maire socialiste est d'une rare hostilité aux deux excellents prêtres du lieu. Lors d'obsèques d'un adjoint, la famille exigea que ce ne soit pas le curé qui s'en occupe. Et au nom de la paix, ce dernier se déchargea au profit de son confrère. Il n'y avait que cela à faire d'ailleurs. Mais si, moâ, je demandais par endroit que ce soit tel ami prêtre qui m'enterre, dans le VOM ou le NOM avec messe, je suis certain d'avoir une levée de boucliers. Pour mes grands-parents qui voulaient une messe NOM, il fut interdit au dernier moment de le faire par le curé avec lequel j'en avais souvent parlé. Je porte chaque jour ou presque cette souffrance. Cela m'a permis de faire un long mot d'accueil qui expliquait aux gens de l'eap et de la chorale que leur oukase était un pur scandale, d'autant que mes grands-parents, de modestes paysans pratiquants depuis leur enfance et chargés de l'église, n'étaient pas du genre à emm... les autres. Un jeune catholique faisait la leçon à des têtes blanches élevées avant le concile. La plupart de la nef était je pense d'accord avec moi. C'était avant l'évêque actuel qui a libéralisé la messe, mais quarante ans d'interdiction de la messe aux mariages et aux enterrements sont passés par là. Les gens parlent d'ailleurs de "messe" pour ces cérémonies présidées par les laïcs.
C'est irrécupérable. Le cliquet est là et la démographie se charge d'éradiquer le christianisme des campagnes (en ville, l'illusion, même à Limoges, est encore possible. si les cathédrales étaient en banlieue, on ferait moins les malins...).
Parfois, je préfèrerais qu'il n'y ait même plus de messe quand on voit ce que c'est devenu.
J'ai déjà montré des messes en video ici, dans mon diocèse natal, avec tel curé de cathédrale refusant d'être au choeur avant le canon, pour être au même niveau que les fidèles !
Chacun reconnaîtra l'église vosgienne... où les vitraux alignent les grands noms de la noblesse de France.
J'y ai assisté à l'ordination de deux Becket par l'ancien archevêque de Bruxelles, ou à la première messe d'un chanoine de l'IRCSP. Cela avait de la gueule. Mais c'était aussi sans lendemain. Les Becket sont partis de Domremi, l'accueil diocésain avait été frisquet et suspicieux. A côté, des religieuses asiatiques ou africaines très sympathiques et pieuses tenaient un restaurant, puis on a appris qu'il y avait maltraitance, pressions psychologiques et travail détourné. On n'en sortira jamais de ce cirque.
Tel prieuré remarquable peuplé d'amis d'une congrégation très classique (dont un prêtre bi-ritualiste) logeait jusqu'à cet été tout à côté d'une église très bien tenue et unique en son genre. Mais le diocèse ne donnait pas la desserte de celle-ci.
Ainsi, Gaspard, je ne crois pas que les maires accueilleront ou laisseront faire un clergé sans mission de l'ordinaire. Celui-ci saura sortir le droit canon et la loi pour se faire obéir. On est arrivé à tel degré d'anomie que ce serait risible si ce n'était à pleurer.
Des évêques ont préféré interdire l'église pour des obsèques d'un fidèle de la fsspx, mais ont autorisé des obsèques civiles ou protestantes, des concerts et des visites en tous genres, des ballades gourmandes avec spectacle et danses. J'ai mes coupures de presse et le souvenir de braves chrétiens des campagnes fsspx, connus de tous dans le village, qui ont dû se replier dans la salle communale pour leur messe. Immonde. 
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