Vidéo obscène dans une église : des manipulations de toutes parts par XA 2022-03-03 08:58:40 |
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Riposte catholique met en lumière cet article d'aleteia du père Pierre Vivarès, curé de la paroisse Saint-Paul à Paris. Il apporte des éléments intéressants sur une affaire qui a connu une certaine médiatisation.
On peut légitimement s'interroger sur l'attitude de certains catholiques qui se veulent plus purs que d'autres dans le combat.
Et vous, que pensez-vous du déroulement de cette affaire ?
Vidéo obscène dans une église : des manipulations de toutes parts
Père Pierre Vivarès in aleteia - publié le 26/02/22
Curé de la paroisse Saint-Paul à Paris, notre chroniqueur le père Pierre Vivarès reprend l’enchaînement des faits depuis la diffusion d’une vidéo obscène dans son église. Il dénonce les manipulations qui entourent l’événement là où le simple respect des lois n’apporte que des solutions.
Je me demandais ce que j’allais bien pouvoir vous écrire cette semaine, ayant été un peu occupé par ce jeune qui avait twerké en crop-top dans mon église et les conséquences médiatiques qui s’en sont suivi. Et puis je me suis dit que c’est ici finalement le seul espace qui m’est accordé pour dire publiquement la vérité et montrer l’enchaînement des faits, les manipulations des uns et des autres et tous les écueils qui se présentent quand on essaye d’être juste et loyal.
À l’origine il y a un acte illégal d’un jeune qui se filme et diffuse ses séquences vidéo dans une église avec le retentissement médiatique qui s’en suit (30 millions de vues à ce jour). Lorsque le premier matin je suis informé de cela, je me dis qu’il ne sert à rien de sortir l’arsenal juridique immédiatement et que l’on va privilégier le dialogue. J’envoie donc un mail à ce jeune homme le priant de retirer sa vidéo. Son compère, Queen-Paul, la retire de son compte dans la journée et s’excuse auprès de ceux qu’il a pu blesser, ce dont je tiens à le remercier. J’aurai plaisir à lui faire visiter cette belle église quand il veut. Certains pourraient me dire qu’il aurait fallu réagir immédiatement et saisir la justice tout de suite. Mais la parole de l’Évangile est claire : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » (Mt 18,15).
"Nous marchons donc sur cette ligne de crête entre blasphème et homophobie, deux réalités totalement étrangères à l’histoire mais qui vont devenir en fait le fond du débat parce que tout le monde veut se servir de cette histoire pour des intérêts personnels.
L’affaire prenant de l’ampleur et la seule réaction de l’intéressé étant de dire qu’il ne s’excuse pas, nous publions un communiqué de presse. Plusieurs écueils sont alors à éviter : il ne faut pas apparaître comme dénonçant un blasphème puisque le blasphème n’existe pas en droit français. Un blasphème ne peut avoir lieu que dans un système de valeurs, or la France ne reconnaissant aucune religion, il ne peut y avoir aucun blasphème en droit. Ce faux débat sur le droit ou non au blasphème est un non-sens : il n’y a que des atteintes aux droits des personnes ou des groupes, et là il s’agit d’une atteinte à l’usage d’une église prévu par la loi de 1905. L’autre écueil serait de laisser croire que nous réagissons parce que ce garçon est homosexuel. La question n’est pas la sexualité de ce garçon dans l’affaire qui nous occupe. Ce qu’il a fait est illégal et c’est le seul point de droit qui compte. Nous marchons donc sur cette ligne de crête entre blasphème et homophobie, deux réalités totalement étrangères à l’histoire mais qui vont devenir en fait le fond du débat parce que tout le monde veut se servir de cette histoire pour des intérêts personnels.L’abondance d’images et d’informations oblige à une abondance de discernement et de réflexions.
Je suis en parallèle obligé de supprimer le temps de prière pour les malades qui était prévu ce soir-là et de fermer l’église avant que les manifestants n’arrivent afin que tout cela ne dégénère pas à l’intérieur. On pourrait me dire que j’aurais pu les accueillir à l’intérieur mais — comme ils le revendiquent le lendemain dans « Touche pas à mon poste » — ils voulaient que la réparation fût publique et dans la rue afin de lui donner une visibilité médiatique, ce qu’ils réussissent à faire. J’avais par ailleurs acquiescé à l’autre jour et horaire proposés mais ils n’ont même pas répondu. Ils se servent donc de la prière à des fins politiques comme ils en ont l’habitude. Enfin je ne vois pas pourquoi je devrais remplacer le temps de prière que nous avions prévu et dont je les ai prévenus plus tôt dans la journée parce qu’ils veulent tout d’un coup prier un chapelet. Je suis donc, une fois de plus, lésé dans l’usage légal de l’église Saint-Paul, non plus cette fois par un twerker en crop-top mais par des crânes rasés en Barbour. Évidemment certains se scandalisent ensuite dans certains médias catholiques que le clergé local n’ait pas participé à une si belle action…
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