La voie synodale : Lente transformation du schisme et de l'hérésie en "Tradition" par vistemboir2 2022-02-14 18:49:46 |
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Du toujours excellent Robert Morrison, cet article publié le 11/02/2022 sur le site The Remnant
avec pour titre original : The Synodal Path: Slowly Transforming Schism and Heresy into “Tradition”
(Traduit avec l’aide de deepl.com et du site vatican.va)
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Cette année, à l'occasion de la fête de saint Blaise, le cardinal Cupich a tweeté une photo de lui-même en train de traverser les rues de Dubrovnik, en Croatie, avec les reliques du saint, ajoutant :
"Une grande bénédiction de célébrer aujourd'hui le 1050e anniversaire de la fête de Saint-Blaise à Dubrovnik, en Croatie, et de prêcher sur l'importance de la Tradition."
Peut-être que quelqu'un qui ne connaîtrait rien de Cupich pourrait trouver cela édifiant. Cependant, ceux qui ont vu l'homme attaquer la tradition catholique de façon si vicieuse ces dernières années sont plus susceptibles d'y voir un éclairage malveillant. Il est tout à fait possible qu'il ait trouvé l'inspiration dans le propre éclairage de François dans la phrase d'ouverture de Traditionis Custodes :
"Gardiens de la tradition, les évêques en communion avec l'évêque de Rome constituent le principe visible et le fondement de l'unité de leurs Églises particulières."
"36. (…) Disons donc, pour rendre pleinement la pensée des modernistes, que l'évolution résulte du conflit de deux forces, dont l'une pousse au progrès, tandis que l'autre tend à la conservation.
La force conservatrice, dans l'Église, c'est la tradition, et la tradition y est représentée par l'autorité religieuse. Ceci, et en droit et en fait : en droit, parce que la défense de la tradition est comme un instinct naturel de l'autorité ; en fait, parce que, planant au-dessus des contingences de la vie, l'autorité ne sent pas, ou que très peu, les stimulants du progrès. La force progressiste, au contraire, qui est celle qui répond aux besoins, couve et fermente dans les consciences individuelles, et dans celles-là surtout qui sont en contact plus intime avec la vie. Voyez-vous poindre ici, Vénérables Frères, cette doctrine pernicieuse qui veut faire des laïques, dans l'Église, un facteur de progrès ? Or, c'est en vertu d'une sorte de compromis et de transaction entre la force conservatrice et la force progressiste que les changements et les progrès se réalisent. Il arrive que les consciences individuelles, certaines du moins, réagissent sur la conscience collective : celle-ci, à son tour, fait pression sur les dépositaires de l'autorité jusqu'à ce qu'enfin ils viennent à composition ; et, le pacte fait, elle veille à son maintien."
"Le savant ou le réformateur qui, tout en affirmant un aspect particulier de la vérité, s'accroche au désir de ne pas nier les autres aspects et de rester en communion avec tous les autres dans l'Église, reste catholique. En revanche, l'érudit ou le réformateur qui insiste d'abord pour "être lui-même", pour maintenir la différence spéciale de sa propre initiative et pour refuser les éléments compensatoires qui modifient sa vision spéciale, risque de tomber dans le schisme. Lorsque saint Ignace de Loyola a publié ses Exercices, qui constituaient une nouveauté à l'époque, il y a joint des "Règles d'orthodoxie", qui témoignent de son souci de maintenir son initiative en communion avec l'Église. En revanche, même les expériences religieuses les plus fortes et les vérités les plus profondément ressenties risquent de devenir des hérésies si elles ne sont pas régulées par la foi et la vie de toute l'Église Catholique."
"Dans tout mouvement de réforme, l'impatience menace de tout gâcher et de faire évoluer dans un sens sectaire une inspiration initiale ambivalente". Dans un passage digne d'être considéré comme un classique, Newman offrait à ce sujet quelques réflexions que Jean Guitton a reprises et appliquées avec justesse à Newman lui-même. L'innovateur, dont la réforme se transforme en schisme, manque de patience. Il ne respecte pas la lenteur de Dieu ou de l'Église, ni les retards qui surviennent dans la vie de chacun. Il avance avec une sorte de logique inflexible et exaspérée vers des solutions "tout ou rien", dans lesquelles les possibilités viables sont rejetées en même temps que les problèmes. Pendant un certain temps, il insiste pour que l'Église satisfasse immédiatement ses exigences, sinon il partira. L'innovateur hérétique ne sait pas attendre qu'une idée mûrisse ; au contraire, il lance son idée, la pousse immédiatement et de manière inflexible jusqu'à ses conséquences. Ce faisant, ces personnes risquent non seulement de ne pas parvenir au changement qu'elles recherchent, mais elles gâchent pour les autres les possibilités de changement qui auraient pu se produire. Tant de fois, l'impatience ou l'excès ont gravement nui à des causes dans l'Église qui, en soi, étaient parfaitement appropriées." (op. cit.)
"La hiérarchie est la gardienne et l'interprète de la tradition. Elle confirme et elle condamne. Son premier réflexe, face à une initiative prophétique, est de reculer (ou du moins d'être réservée) et parfois même de la refuser ou de la désavouer. Dans le processus de discernement et de purification, par un retour à la profondeur des principes, ce moment d'échec et mat ou même de condamnation joue un rôle important qui peut être positif, malgré les apparences. Car c'est précisément ce qui oblige à un retour aux sources. Il oblige le réformateur à ne pas se contenter d'une adaptation mécanique ou d'une simple introduction de quelque élément nouveau." (op. cit.)
"Chers frères et sœurs, que ce Synode soit habité par l'Esprit ! Car nous avons besoin de l'Esprit, le souffle toujours nouveau de Dieu qui nous libère de toute fermeture, qui fait revivre ce qui est mort, qui brise les chaînes et répand la joie. Le Saint-Esprit est Celui qui nous guide là où Dieu veut, et non pas là où nos idées et nos goûts personnels nous conduiraient. Le Père Congar, de sainte mémoire, rappelait : « Il ne faut pas construire une autre Église, il faut construire une Église différente » (Vraie et fausse réforme dans l'Église, Milan, 1994, 1939). Et c’est là le défi. Pour une “Église différente”, ouverte à la nouveauté que Dieu veut lui suggérer, invoquons l'Esprit plus souvent et avec plus de force et écoutons-le humblement, en marchant ensemble, comme il le désire, lui le créateur de la communion et de la mission c’est-à-dire avec docilité et courage. »
"25. Illuminé par la Parole et fondé sur la Tradition, le chemin synodal s’enracine dans la vie concrète du Peuple de Dieu. Il présente, en effet, une particularité qui constitue en même temps une extraordinaire ressource : son objet – la synodalité – est aussi sa méthode. En d’autres termes, il constitue une sorte de chantier ou d’expérience pilote, qui permet de commencer à recueillir, dès à présent, les fruits du dynamisme que la conversion synodale progressive distille dans la communauté chrétienne. D’un autre côté, il ne peut que renvoyer aux expériences de synodalité déjà vécues, à différents niveaux et à différents degrés d’intensité : leurs points de force et leurs réussites, de même que leurs limites et leurs difficultés, offrent des éléments précieux pour discerner la direction vers laquelle continuer à évoluer. Certes, nous nous référons ici aux expériences suscitées par le présent chemin synodal, mais aussi à toutes celles à travers lesquelles l’on expérimente déjà des formes de ce “marcher ensemble” dans la vie ordinaire de l’Église, même lorsque l’on ne connaît pas ou que l’on n’utilise pas encore le terme de synodalité."
"21. Il existe aussi l’acteur “de plus”, l’antagoniste, qui apporte sur la scène la division diabolique entre les trois autres. Face à la perspective perturbatrice de la croix, certains disciples s’en vont et des foules changent d’humeur. Le piège qui divise – et qui entrave donc un cheminement commun – se manifeste aussi bien sous les formes de la rigueur religieuse, de l’injonction morale, qui se présente comme plus exigeante que celle de Jésus, ou sous celles de la séduction d’une sagesse politique mondaine qui se veut plus efficace qu’un discernement des esprits. Pour se soustraire aux tromperies du “quatrième acteur”, une conversion permanente est nécessaire."
"1. (…) Mais, il faut bien le reconnaître, le nombre s'est accru étrangement, en ces derniers temps, des ennemis de la Croix de Jésus-Christ qui, avec un art tout nouveau et souverainement perfide, s'efforcent d'annuler les vitales énergies de l'Église, et même, s'ils le pouvaient, de renverser de fond en comble le règne de Jésus-Christ. Nous taire n'est plus de mise, si Nous voulons ne point paraître infidèle au plus sacré de Nos devoirs, et que la bonté dont Nous avons usé jusqu'ici, dans un espoir d'amendement, ne soit taxée d'oubli de Notre charge."
"3. (…) Trêve donc au silence, qui désormais serait un crime ! Il est temps de lever le masque à ces hommes-là et de les montrer à l'Église universelle tels qu'ils sont."
"En attendant, Vénérables Frères, pleinement confiants dans votre zèle et votre travail, nous implorons pour vous de tout notre cœur et de toute notre âme l'abondance de la lumière céleste, afin qu'au milieu de cette grande perturbation de l'esprit des hommes par les invasions insidieuses de l'erreur de toutes parts, vous puissiez voir clairement ce que vous devez faire et vous acquitter de votre tâche avec toute votre force et votre courage. Que Jésus-Christ, auteur et finisseur de notre foi, soit avec vous par sa puissance ; et que la Vierge Immaculée, destructrice de toutes les hérésies, soit avec vous par ses prières et son aide. Et Nous, en gage de Notre affection et de l'assistance divine dans l'adversité, nous vous accordons très affectueusement et de tout Notre cœur, ainsi qu'à votre clergé et à votre peuple, la Bénédiction apostolique."
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