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L'Emmanuel à L'Île-Bouchard : plongée au cœur de la communauté
par Bernard Joustrate 2022-02-12 15:53:42
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L'Emmanuel à L'Île-Bouchard : plongée au cœur de la communauté - La Nouvelle République

Depuis son arrivée à la fin des années 1990 dans la cité mariale de Touraine, la communauté de l’Emmanuel s’y montre aussi intégrée que cible de préjugés, plus ou moins fondés.



Ressorti en même temps que le projet de Monasphère a été dévoilé au grand public, le nom de la communauté de l’Emmanuel prend une résonance toute particulière quand on évoque L’Île-Bouchard. Si les prémices de l’histoire de la communauté avec la commune du Chinonais remontent quasiment à sa création, il y a tout juste cinquante ans, les années 1990 s’avèrent fondatrice.

Déjà basée sur les apparitions de la Vierge Marie de décembre 1947, l’activité paroissiale bouchardaise va prendre un nouveau tournant près d’un demi-siècle plus tard, grâce à une autre Marie. Pineau, cette fois-ci. Fidèle aguerrie et propriétaire de nombreuses terres, celle-ci lègue à l’Emmanuel le domaine de Marigny pour en faire un lieu de prière. Une première pierre à l’édifice Emmanuel en Bouchardais.

Dans la foulée, à la demande du diocèse de Tours, les premiers membres de la communauté posent leurs valises à proximité de l’église Saint-Gilles, lieu des apparitions supposées de la Vierge. Parmi eux, Michel-Bernard de Vregille débarque avec sa femme Catherine, après dix années passées en région parisienne.

Une trentaine de membres à L'Île-Bouchard
Devenu référent mondial de l’Emmanuel en 2018 et toujours habitant de L’Île-Bouchard aujourd’hui, le sexagénaire – qui se veut aussi discret dans les médias qu’influent au sein de la communauté – symbolise le lien étroit qu’entretient l’Emmanuel avec la commune. "On est là où la providence nous plante", sourit l’intéressé, tout en dénombrant une petite trentaine de membres de la communauté sur la cité mariale aux quelque 1.500 âmes.

Un avant-après l'Emmanuel
Une statistique rappelée pour faire taire les critiques à leur égard qui font état, depuis un mois, d’une "mainmise" de la communauté, qui gère désormais la vie paroissiale de 42 des 43 villages de l’intercommunalité. Débattue en conseil municipal, la place grandissante de l’Emmanuel sur L’Île-Bouchard rappelle à certains riverains de plus ou moins longue date qu’" il y a eu un avant-après Emmanuel".

Âgé de 14 ans lors de l’arrivée de la communauté, en 1998, Thomas (1) se souvient du passage d’un catholicisme " vraiment old school " à une pratique beaucoup plus structurée, du départ de paroissiens dévoués et de l’arrivée de fidèles " habités " depuis Paris.

"Là pour servir le Seigneur"
"Je peux comprendre que certains se soient sentis exclus, dérangés, mais on ne peut pas plaire à tout le monde ", commente Philippe Marot, curé de la paroisse Notre-Dame en Bouchardais depuis cinq ans. Quant au fait qu’il y aurait des bons et des mauvais catholiques aux yeux de l’Emmanuel, Louis-Étienne de Labarthe, directeur de la communication de la communauté, répond : " Le rôle d’une paroisse est d’accueillir tous les chrétiens, de toute sensibilité, mais ce n’est pas toujours simple. "

Michel-Bernard de Vregille s’inscrit, lui, en faux quand l’Emmanuel est taxée d’embrigader les parents d’élèves de la commune pour mettre leurs enfants dans le privé. " Ma femme a fait du catéchisme quand nous sommes arrivés et il y a du porte-à-porte pour communiquer sur la vie de la paroisse, mais rien de plus… Si on est là, c’est pour la Sainte Vierge et servir le Seigneur, lâche-t-il, tout en se disant plus Bouchardais que jamais. À L’Île-Bouchard, on y sera jusqu’à la fin de nos jours. "

(1) Il s'agit d'un nom d'emprunt.

Dossier réalisé par Malo Richard et Alexandre Salle

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Sept dates pour expliquer comment l'Emmanuel est arrivée en Bouchardais

Décembre 1947. Entre le 8 et le 14 du mois, quatre petites filles de L’Île-Bouchard déclarent voir la Sainte Vierge et l’ange Gabriel dans l’église Saint-Gilles.
13 février 1972. La communauté de l’Emmanuel naît à Paris. Très vite, les premiers groupes de prière se rassemblent en Touraine, dans le Foyer Montfortain de Chezelles.
1994. Marie Pineau, amie d’une des voyantes, lègue le domaine de Marigny à la communauté de l’Emmanuel pour que celle-ci en fasse un lieu de prière et d’accueil. Les premiers membres de l’Emmanuel, dont le couple de Vregille, s’installent sur la commune.
1998. La communauté de l’Emmanuel prend la gestion de la paroisse Notre-Dame en Bouchardais.
8 décembre 2001. Mgr André Vingt-Trois publie le décret reconnaissant officiellement L’Île-Bouchard comme un lieu autorisé de pèlerinage et de culte public.
6 décembre 2002. Les Montfortains vendent la propriété de Chezelles à la communauté de l’Emmanuel.
2019. La paroisse de Sainte-Maure-de-Touraine vient s’ajouter aux paroisses Notre-Dame en Bouchardais et Saint Vincent de Paul de Richelieu.

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Aux origines de la communauté de l'Emmanuel , où l'on peut lire cet extrait :


La messe en latin, pas la tasse de thé de l'Emmanuel
L’Emmanuel est-elle traditionaliste ? Pas au sens liturgique. Si la messe est parfois célébrée en latin à L’Île-Bouchard, cela n’est pas l’œuvre de l’Emmanuel, mais à la demande de certains paroissiens comme le confirme le diocèse. "Ce n’est pas ma tasse de thé, assure Philippe Marot, curé de la paroisse, mais je le fais pour des chrétiens de sensibilité différente."

En revanche, conservatrice, l’Emmanuel l’est sur les sujets sociétaux, sur l’intime, le début et la fin de vie. " La figure centrale de la communauté de l’Emmanuel c’est la famille, et non le prêtre comme dans d’autres communautés ", explique un observateur avisé. L’Emmanuel assure le service après-vente des camps Optimum, durant lesquels des hommes partent à l’aventure " à la découverte de (leur) âme masculine ".

Conservatrice sur les sujets sociétaux
"Jusqu’aux années 1990, il n’y avait pas de discours sur la masculinité, il y a un rattrapage des communautés comme celle de l’Emmanuel, de revalorisation du père de famille, sous-entendu que la société est en voie de féminisation ", enchaîne l’observateur. Lors du débat du mariage pour tous, il n’était pas rare de voir le logo de la Manif pour tous à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), site névralgique du mouvement dédié au cœur du Christ où sont organisées chaque été des sessions suivies par des milliers de personnes. Enfin, l’Emmanuel a été épinglée pour des thérapies de conversion. Une accusation rejetée par l’association, qui évoque des groupes de paroles. Qui ne sont plus organisés depuis…

     

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