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(Suite et fin)
par Ptitlu 2021-11-24 20:58:45
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Personnellement, qu’est-ce que cela suppose pour vous ?

Pour moi, c’est une question fondamentale d’adoration et de vénération envers Dieu. Si l’on croit, pas qu'intellectuellement mais aussi, pour ainsi dire, avec les entrailles, que le Christ est vraiment présent dans le sacrement, la seule attitude possible est de se prosterner à genoux devant lui et de le recevoir comme l’ont fait les grands saints, les martyres et l’immense majorité des chrétiens qui nous ont précédés.

Dans votre conte de Noël, une mère explique à son fils que la mort n’est pas la fin, mais « un réveil ». Dans un monde qui ne veut pas penser au mystère de la mort, quel est le sens d’essayer de l’expliquer à un enfant ?

C’est vrai que la mort est un mystère, mais il est tout aussi vrai que la révélation et la doctrine de l’Église éclairent cet énigme, il ne s’agit pas d’une réalité sur laquelle nous ne savons absolument rien. Je trouve que la mort doit trouver sa place dans l’éducation d’un enfant chrétien en effet, sans elle il est impossible d’expliquer ce qu’est l’homme, pourquoi il est comme il est et pourquoi il doit être racheté et sauvé. Comment expliquer la rédemption ou le péché originel sans parler de la mort ? Il est naturel de craindre la mort, mais je crois qu’on peut expliquer à un enfant, dans son langage et petit à petit, ce que nous savons sur elle et ce qui se passe après la mort. Sans cette explication, la vie humaine est un casse-tête dépourvu de sens.



Votre conte de Noël est un conte sacramentel comme vous l'avez expliqué à plusieurs reprises. Est-il possible de contempler le monde de manière sacramentelle ?

Dans un de ses écrits, Simone Weil affirme qu’il serait absurde que n’importe quelle église bâtie pas des mains humaines soit constellée de symboles et que l’univers n’en soit pas infiniment rempli. Il faut juste les lire. Je crois qu’il en est ainsi et que c'est la bonne manière de contempler la création, l’ordre que Dieu a imprimé au monde, le secret d’un monde que nous voyons de dos, dans cette image si belle de Chesterton. Le conte de Noël que j’ai écrit pour les bénédictins du Barroux raconte l’histoire d’un enfant qui demande avec insistance à Dieu, pendant trois ans, si Noël existe, si c’est réel, et la façon dont Dieu écoute et répond à cette voix.



Dans le conte, on prie, et on prie en latin. Pourquoi ?

Ma mère et ma grand-mère m’ont appris à prier les litanies du chapelet en latin, pas ses mystères, mais les litanies, et pour moi, c’est naturel de le faire ainsi ; pour moi, c’est bizarre de les prier en vernaculaire. En même temps, c’est le plus naturel dans le contexte du conte, puisqu’il s’agit de l’histoire d’un enfant qui grandit dans un environnement catholique traditionnel. Le latin demeure la langue de l’Église, c’est une langue d’une grande douceur et musicalité, dont le sens ne change pas et cela fait partie de sa beauté.

Dans votre conte, vous posez à nouveau l’idée de l’éloignement du monde, d’un monde dans lequel il est toujours plus difficile d’éduquer dans la foi chrétienne, mais dont peu nombreux sont ceux qui peuvent s’en séparer. Comment faire face à ce défi ?

Voilà une question difficile à répondre. L’Église a toujours enseigné qu’un chrétien doit garder une saine distance du monde, vivre dans le monde, mais ne pas lui appartenir. Cela me paraît bien évident aujourd’hui, alors que la sécularisation, l’erreur et la confusion ont brisé tous les barrages au dehors et à l’intérieur de l’Église. À présent, il ne suffit plus de choisir une école catholique ou d’envoyer ses enfants au catéchisme, parce ce que transmettent bon nombre d'écoles catholiques ne peut plus être considéré comme étant le catholicisme, et la même chose se passe dans beaucoup de paroisses. Je crois que ce sont les familles, et en particulier les mères lors des premières années, qui doivent prendre en charge cette fonction, ce sont elles qui doivent inculquer et transmettre la foi. Un enfant catholique devrait grandir dans un environnement de piété catholique, dans toute sa force, sa poésie et sa beauté, au sein d’une liturgie qui lui permette d’approcher le mystère et l’adoration.



Vous arrive-t-il de vous proposer d’évangéliser au moyen de la littérature ou cette idée est bien loin de votre pensée lorsque vous écrivez ?

Je ne me propose guère d’évangéliser quand j’écris, mais tout simplement de parler de choses qui me semblent bonnes, appréciables et vraies, qui sont importantes pour moi et que je pense qu’il est important de défendre, et qui son bien peu nombreuses. Le cardinal Newman raconte dans ses journaux qu’il n’a jamais écrit une ligne sans une raison, sans un motif qui à son avis ne justifiait de le faire. Je tiens à ce principe et j’essaye de le suivre.


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