La fin de la déformation liturgique des séminaristes par Jean Kinzler 2021-09-02 18:08:13 |
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Andrea Grillo intervient pour enfoncer le clou contre la messe tridentine.
Il est évident que les séminaires offrant une formation au missel de 1962 vont être obligés d'en finir avec la 'double formation'.
JK
La conscience et les papes : comment éviter une déformation liturgique des séminaristes ?
par Andrea Grillo
Posté le 2 septembre 2021 dans le blog : Come se non
USAséminaire
Dans sa célèbre lettre au duc de Norfolk, le Card. Newman a écrit : « La conscience est le premier de tous les vicaires du Christ ». C'est une phrase si connue qu'elle est également citée à juste titre par le CEC, au numéro 1778, consacré au jugement de la conscience morale. Cette affirmation met en garde la tradition catholique contre un danger, qui s'est très accentué au cours des 200 dernières années : celui de faire du pape, vicaire du Christ, une sorte d'« écran », « échappatoire », « abri » ou « alibi » de conscience. Cette phrase, avec ses conséquences, m'est venue à l'esprit dès que j'ai lu le texte d'un article dans lequel elle fait référence à une récente décision du recteur du Collège nord-américain de Rome (vous pouvez lire ici ) : dans ce Collège, les célébrations et la formation à la messe tridentine sont désormais annulées. Mais ce qui est surprenant, c'est comment l'évolution est justifiée par le Recteur, Fr. Peter Harman. Il soutient que tout comme la célébration et la formation des séminaristes dans les VO avaient été introduites en obéissance à SP, maintenant, en obéissance à TC, la célébration et la formation à ce rite tridentin sont révoquées. Il me semble qu'ici apparaît un défaut fondamental de façon macroscopique, qui crée une confusion structurelle au sein de l'Église. En fait, je me demande : où sont passées la conscience et la responsabilité du recteur dans ce raisonnement ? Le recteur est-il un fonctionnaire, dispensé de conscience ? Comment est-il possible que, même après SP, de nombreux autres recteurs, heureusement la plupart,
Ici, me semble-t-il, un mécanisme « adaptatif » a fonctionné qui dispense aussi les recteurs de la conscience, tout comme il dispensait des chrétiens individuels et de nombreux théologiens. Le pape dit une chose et c'est fait. Puis un autre pape dit le contraire, et le contraire est fait. Ce n'est pas la communion, ce n'est pas l'unité, ce n'est pas la pacification ou la réconciliation : c'est l'irresponsabilité, la désintégration, la déformation.
En effet, il est facile de se « cacher » derrière les papes. Mais c'est toujours faux. Les papes ne sont pas des cachettes. Si l'on lit bien, en effet, SP ne prescrit pas du tout une « double formation » du séminariste. Bien sûr, elle pose un principe objectivement dangereux - celui de la double forme d'un même rite romain - qui a pu faire penser qu'il pouvait être bon que le jeune en formation ait en même temps une formation au rite précédent et également dans le rite actuel, qu'il a intentionnellement corrigé, amendé et modifié le rite précédent. Mais il est évident que non seulement un principe dogmatique ou disciplinaire s'applique ici. La décision prise uniquement à ce niveau est imprudente. Un principe pédagogique et formateur de construction de l'identité et de l'unité de la personne doit également s'appliquer, indissociable. Pendant des années, l'irresponsabilité des formateurs qui ne se sont interprétés que comme des « fonctionnaires » a déformé des dizaines, des centaines de séminaristes, qui ont grandi avec l'idée d'« équivalence », de « fongibilité » et de « substituabilité » entre des formes rituelles qui étaient plutôt l'évolution irréversible entre les styles et les formes ecclésiales en devenir. Il était facile de se cacher derrière Benoît XVI, qui n'imposait rien directement sur le plan formatif ; il en est de même aujourd'hui pour se cacher derrière François, qui a simplement rétabli le bon sens et la conscience d'un rite unique, pour former et avec lequel célébrer. Un pape n'était pas nécessaire pour exercer une bonne conscience ! Même certains théologiens sont restés complètement indifférents à ce qui se passait ou ont même écrit des manuels pour favoriser la « double formation ».
Il ne s'agit donc pas seulement de « faire ce qu'il faut ». Mais aussi savoir pourquoi vous faites la bonne chose. Et parce qu'il a peut-être fallu faire beaucoup plus tôt, avec sa propre conscience, ce que la loi exige aujourd'hui avec son autorité. Néanmoins, on peut encore trinquer à la décision : la déformation des séminaristes sur le plan liturgique est terminée, du moins au Collège nord-américain. Toast ne signifie pas du tout "ignorer" la VO : au contraire, en ce moment, quand on sait avec quel rite on la célèbre et dans quel rite il faut s'entraîner, la VO doit être bien étudiée, avec soin, avec curiosité , pour bien comprendre ce qui ne meurt pas et ce qui peut mourir du rite romain.
Cependant, dans le toast pour la décision prise, nous devrions nous rappeler, même à la fin, les mots que le cardinal Newman a écrits avec la bonne ironie dans la même lettre au duc de Norfolk :
"Certes, si je devais porter un toast à la religion après un déjeuner - ce qui n'est pas très convenable - alors je boirais pour le Pape. Mais d'abord pour la conscience et ensuite pour le Pape".http://www.cittadellaeditrice.com/munera/la-coscienza-e-i-papi-come-evitare-una-deformazione-liturgica-dei-seminaristi/
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