TC : "Prier et batailler" par Anne Le Pape (Présent) par XA 2021-08-30 15:35:10 |
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Article paru dans l'édition de ce jour de Présent.
"Avec la rentrée qui se profile, les troupes ont grossi ce samedi 28 août, devant la nonciature, pour défendre la messe traditionnelle face au motu proprio Traditionis Custodes du pape François qui cherche à la démanteler : 80 personnes brandissaient des pancartes et priaient, sans violence mais avec détermination. Christian Marquant, président de Paix liturgique, a mis l’accent sur une bonne nouvelle : Mgr Minnerath, évêque de Dijon, qui avait décidé, avant même la publication du motu proprio, de retirer dans son diocèse la possibilité de célébrer aux prêtres « Ecclesia Dei » – en l’occurrence ceux de la Fraternité Saint-Pierre – a fait en quelque sorte machine arrière. Mais, pour ne pas se déjuger, c’est à l’Institut du Christ Roi qu’il va confier cette tâche à partir du mois de septembre. Ce qui prouve que, lorsque les fidèles se mobilisent, les évêques montrent plus de prudence – à défaut de charité. En revanche, un décret d’application du motu proprio se profile qui, lui, laisse craindre une mise à mal des séminaires traditionnels. On n’en connaît pas la teneur exacte : interdiction d’accueillir de nouveaux séminaristes ? Installation de « commissaires » nommés par le clergé, qui prendraient la tête de ces maisons ?"
Voici la réaction d’un prêtre diocésain venu assister, un peu en retrait, à la manifestation.
— Pourquoi être venu, Monsieur l’abbé ?
— J’ai conduit en voiture un ami laïc, qui voulait venir. Connaissant bien le courant traditionnel dans l’Eglise, je suis particulièrement peiné de ce motu proprio du 16 juillet 2021, qui vient remettre en cause ce que le motu proprio de 2007 de Benoît XVI avait simplement déclaré dans la paix et la sérénité. Le fait d’interdire aux prêtres de célébrer la messe traditionnelle, d’y mettre la condition d’une autorisation de leur évêque, voire, pour les nouveaux prêtres, d’une permission romaine au-dessus de l’évêque du lieu, d’interdire tout nouvel apostolat à l’avenir, est probablement contraire au droit divin. Summorum pontificum de 2007 est un texte plus déclaratif que de droit positif. Celui de juillet 2021 ne peut qu’étonner et provoquer des réactions car il va à l’encontre de lois fondamentales d’évangélisation et de manifestation de sa foi. Inconsciemment, la fibre de bon sens des fidèles est touchée.
— Pensez-vous qu’une manifestation comme celle que nous vivons aujourd’hui peut être utile, qu’elle peut orienter les décisions à venir des évêques français ?
— Les évêques français attendent une instruction de la Congrégation pour le culte divin. Si cette instruction est trop sévère, ils feront les grands seigneurs en l’aménageant gentiment ; si elle ne l’est pas assez, ils voudront la corser un peu. Mais tout cela est médiatique, public. Le fait que les fidèles, troublés par l’injustice des circonstances actuelles, manifestent, c’est malheureusement la seule manière, en 2021, d’influencer le cours des choses. Il n’y a que les événements publics et les pressions publiques, que ce soit dans la rue ou sur les réseaux sociaux, qui touchent les personnes qui ont l’autorité et influent sur leurs décisions, alors que ce devrait être plutôt l’objectivité, la réalité et, en l’occurrence, le bien des âmes dans la foi catholique, et surtout dans la volonté de donner les moyens du salut pour la conversion, le baptême et la vie selon la Sainte Incarnation de Notre Seigneur.
— Vous recommandez donc aux fidèles, non seulement de prier, mais d’agir ?
— Oui, car nous sommes dans un monde politisé, aussi bien dans la vie publique proprement « politique » que dans la vie religieuse.
Propos recueillis par Anne Le Pape
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