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La conférence épiscopale américaine doit se prononcer sur la communion eucharistique pour Biden.
par Polydamas 2021-05-22 10:31:43
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... et ce n'est pas à l'avantage du Vatican.
Dans le Figaro du jour.




Catholique mais pro-avortement, Biden peut-il recevoir l’eucharistie?

ENQUÊTE - Les évêques américains devront trancher cette question à l’occasion, mi-juin, de leur assemblée générale. Le débat vire à la polémique alors que le Vatican est intervenu pour relativiser la portée de cette règle.

Par Jean-Marie Guénois
Mis à jour hier à 20:24


Les évêques américains devront trancher cette question à l’occasion, mi-juin, de leur assemblée générale. Une majorité d’entre eux y est hostile, au nom de la «cohérence eucharistique». Le débat vire à la polémique alors que le Vatican est intervenu pour relativiser la portée de cette règle.


La Pentecôte, fêtée ce dimanche dans toute l’Église catholique, commémore la «descente de l’Esprit saint» sur les disciples de Jésus-Christ. Ce qui marqua, d’après les Actes des Apôtres, le début de l’Église puisque, sans peur, ils se mirent à prêcher dans toutes les langues. Ils étaient également animés d’un pouvoir spécial de «discernement» sur les gens et les situations. Vingt siècles plus tard, l’Église catholique semble toujours avoir besoin de ce «discernement». Elle doit trancher dans une délicate affaire engageant le deuxième président catholique des États-Unis -après Kennedy -, Joe Biden, et une partie majoritaire des évêques de son pays à propos de l’avortement. Lors de leur assemblée générale du 16 au 18 juin, les 264 évêques doivent statuer sur une possible interdiction de communion eucharistique qui pourrait frapper… Joe Biden lui-même, catholique pratiquant! Lequel s’est toujours prononcé publiquement pour l’avortement, qu’il a promis de promouvoir, et d’en faciliter le remboursement.

L’argumentation repose sur «la cohérence eucharistique». L’Église dénonce une contradiction entre le fait de se dire catholique et celui de mettre en œuvre l’avortement. Pourquoi? Parce que la communion eucharistique où le fidèle reçoit le «corps du Christ» via l’hostie consacrée, «présence réelle du Christ», est considérée comme le signe intime de la «communion» spirituelle non seulement avec le Christ, mais avec la communauté catholique tout entière. D’où l’exigence de «cohérence» entre la vie du fidèle et sa foi. D’où la dénonciation d’incohérence pour qui travaillerait concrètement à l’avortement. Joe Biden s’est vu une fois refuser la communion pour cette raison. C’était en octobre 2018, par un simple curé de la paroisse Saint Anthony, dans le diocèse de Charleston en Caroline du Sud. Quand il représenta Obama pour l’élection de François, en 2013, il communia, mais pas des mains du pape élu. Cette fois il est président. L’affaire fait donc grand bruit.

Missive vaticane
Elle vient même de rebondir avec l’intervention directe du Vatican, le 7 mai dernier, qui a cherché à calmer l’ardeur des évêques voulant repousser Joe Biden de la communion eucharistique. Une lettre romaine a été adressée au président des évêques américains, Mgr José H. Gomez, archevêque de Los Angeles, dont Le Figaro a pu se procurer le texte intégral. Cette missive pèse lourd en vertu de son contenu inédit qui semble relativiser cette règle de «cohérence eucharistique». Par l’importance de son signataire aussi: le cardinal Luis F. Ladaria, jésuite, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Au plus haut niveau de l’Église catholique, c’est lui qui est chargé de l’interprétation officielle de la doctrine ou de son adaptation. Cette lettre n’a pas été publiée officiellement. Référencée 3 277/70-82 755, elle est destinée à tous les évêques américains. Elle a même pris le pas sur la polémique du communiant Biden. Elle démontrerait, pour la première fois à ce niveau, que l’Église catholique, sans changer sa morale, modifie sa façon de l’appliquer. Elle passerait d’une morale dite «objective», où le bien et le mal sont clairement définis, à une morale de «situation», où le «discernement» des pasteurs doit juger au cas par cas.

Cette méthode existe depuis toujours, mais elle était plutôt réservée aux confesseurs et jamais exhibée en principe général. Elle est surtout typique de l’approche jésuite des questions morales. Elle est aussi très chère au pape François qui l’avait discrètement introduite sous la forme d’une note de bas de page, dans l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, pour faciliter l’admission des divorcés remariés à la communion. Que dit cette missive? Elle demande au président des évêques américains, majoritairement opposés à la communion pour Biden, de ne rien décider lors de leur réunion nationale, mi-juin, et pose trois conditions: une éventuelle déclaration devrait «exprimer un vrai consensus des évêques en la matière» ; elle devrait laisser la décision finale à chaque évêque «dans son diocèse» ; elle devrait se soumettre aux «prérogatives du Saint-Siège» qui a toujours le dernier mot. Mais le plus novateur figure dans les dernières lignes du cardinal Ladaria. Ce qui a fait bondir beaucoup d’évêques américains mais aussi ailleurs: «Il serait trompeur que cette déclaration donne l’impression que l’avortement et l’euthanasie, à eux seuls, constituent la seule matière grave de la morale catholique et de l’enseignement social de l’Église.» En clair, les questions morales, sans être négligées, ne doivent être ni la priorité ni le tout du catholicisme. Le cardinal Ladaria exprime ici la ligne du pontificat de François. Le cardinal ajoute une dernière recommandation également propre à l’esprit de François: «Tout doit être fait pour que soit mené un dialogue avec d’autres conférences épiscopales sur ce sujet, de telle sorte que l’on apprenne les uns des autres et que soit préservée l’unité de l’Église universelle.» Ce qui laisserait entendre que l’unité des évêques l’emporte sur son enseignement moral. Ce qui est une nouveauté à ce niveau.

L’Église n’a pas modifié sa position sur l’avortement, mais c’est la méthode de l’approche morale au cas par cas qui domine à présent.

Ce message romain a rassuré Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants des États-Unis, catholique «pro-choice», également visée. Elle s’est dit en accord avec la recommandation du Vatican «de ne pas diviser» l’Église et la société sur cette question de l’avortement jugeant «elle-même» de savoir si elle pouvait communier. Quant à la Maison-Blanche, elle n’a pas voulu s’exprimer sur la question. En revanche, la missive vaticane a enflammé les esprits d’une partie de l’Église américaine quand le journaliste Edward Pentin, du National Catholic Register, a découvert, sans être démenti, que deux cardinaux américains, très proches de François et publiquement opposés à l’actuel président des évêques, Mgr Gomez - formé comme prêtre à l’Opus Dei -, avaient secrètement rencontré le cardinal Ladaria, le 30 avril, à Rome, alors qu’il préparait cette fameuse lettre à Mgr Gomez! Ces deux cardinaux, John William Tobin, archevêque de Newark, et Blase Joseph Cupich, archevêque de Chicago, sont minoritaires dans l’épiscopat des États-Unis, mais ont du poids parce qu’ils sont considérés comme la voix officieuse de François. Autre incompréhension des évêques, le cardinal Ladaria refuse, dans son courrier, de communiquer à Mgr Gomez, qui le lui demande, la note - non publique - sur cette question de la communion pour des hommes politiques favorables à l’avortement que le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait rédigée en 2004. C’est John Kerry, démocrate et catholique, qui posait problème en tant que candidat à la Maison-Blanche. Il y eut une polémique identique avec l’épiscopat américain.

Le cardinal Theodore E. McCarrick - aujourd’hui déchu pour plusieurs affaires de mœurs homosexuelles avec des séminaristes -, destinataire de la lettre de Ratzinger, ne l’a jamais distribuée à ses confrères évêques, leur affirmant que le futur Benoît XVI laissait, à chaque évêque, la décision d’admettre ou non à la communion un homme politique «pro-choice». Or ce n’était pas ce que Ratzinger écrivait. Le Figaro a pu retrouver ce texte: si, dûment informé par l’Église, l’homme politique maintenait sa position en faveur de l’avortement, «le prêtre doit refuser de distribuer la sainte communion» non comme «une sanction» ni une «peine» ni un «jugement» sur la personne, écrit Ratzinger, mais pour manifester «l’indignité publique» de cet homme politique se présentant à la communion.

La confusion règne
Les temps ont changé. L’Église n’a pas modifié sa position sur l’avortement, mais c’est la méthode de l’approche morale au cas par cas qui domine à présent. Que feront donc les évêques américains mi-juin? La décision est lourde de conséquences car elle touche une personnalité politique publique mondiale, et toute décision aura valeur d’exemple. Les évêques suivront-ils l’avis d’un cardinal montant, canadien et jésuite, proche de François, en charge des migrants au Vatican, Michael Czerny? Pour lui, c’est à «l’évêque» local, et à lui seul, de décider si un homme politique en faveur de l’avortement peut communier. En l’occurrence, l’évêque de Washington, le cardinal Wilton D. Gregory, lieu de résidence de «travail» du président américain. Il est d’accord. L’évêque de Wilmington, Mgr William E. Koenig, lieu de résidence familiale des Biden, est, en revanche, contre. Ou l’assemblée des évêques américains suivra-t-elle l’avis de Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, l’un des fers de lance de la bataille et qui vient de publier une lettre pastorale contre l’accès à la communion? Ou celui de son voisin de San Diego, Mgr Robert W. McElroy, pour qui «l’Eucharistie ne peut pas être utilisée comme une arme dans une guerre politique»?

Pour l’heure, la confusion règne. D’autant que certains se souviennent que le cardinal Bergoglio, futur pape François, fut le président du comité de rédaction d’un document décisif, voté en 2007 par tous les épiscopats latino-américains, pour l’Amérique latine, à Aparecida, au Brésil. Le texte, annonciateur du programme de son pontificat, pesa d’ailleurs sur son élection papale. Parmi une foule de sujets, il appelait clairement à cette «cohérence eucharistique» requise pour le personnel politique. Le document collectif dénonce les «crimes abominables de l’avortement et de l’euthanasie». Et stipule: «Nous devons nous tenir à la “cohérence eucharistique”, c’est-à-dire être conscients que l’on ne peut pas recevoir la communion sacrée et, au même moment, agir en actes et en paroles contre les commandements, en particulier quand on soutient l’avortement, l’euthanasie et d’autres délits graves contre la vie et la famille. Cette responsabilité pèse de manière particulière sur les législateurs, les gouvernants et les professionnels de la santé.»


     

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