Fr Hunwick: Différence entre la suspense et la suspension du Magistère par Chicoutimi 2021-03-11 06:36:31 |
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Dans son dernier texte, le père Hunwick - un prêtre catholique issue de l'anglicanisme - apporte des précisions : il y a une différence entre la ''suspense'' et la ''suspension'' du Magistère. Il suggère également que le refus formel du Pape François de répondre aux Cinq Dubia fut le moment de son entrée formelle dans une période de 'suspense temporaire' de la fonction de son magistère pétrinien.
Traduction d'un article de Fr. Hunwick sur son blog Mutual Enrichment:
Défendre la foi contre les hérésies actuelles: lettres et déclarations adressées au pape François
10/03/2021
''Les lecteurs auront déjà vu les avis de ce livre très important. Il est publié par une petite maison d'édition catholique canadienne, Arouca Press, édité par John Lamont, un théologien laïc érudit qui a souffert à la fois personnellement et professionnellement en raison de son adhésion de principe à la foi... et par Claudio Pierantoni. Il y a un anvant-propos de l'archevêque Viganò. Il me convient d’avouer que j’ai participé à certains des documents imprimés dans ce volume.
Il contient les documents officiels qui ont concerné les Dubia des quatre cardinaux et la Correction Filiale. Et il contient également des contributions importantes au débat que ces documents ont suscitées.
L'importance de cette collection ne peut être surestimée. Ce doit être la première fois depuis la Contre-Réforme que des corps de théologiens compétents, catholiques orthodoxes, se sentent obligés de se regrouper afin de s'opposer, de résister et de critiquer directement un Pontife romain. Les catholiques érudits et ordinaires y trouveront une ressource essentielle pour s'opposer aux erreurs qui se propagent actuellement depuis les plus hauts lieux de Rome. Chaque séminariste... ou, du moins, chaque bibliothèque de séminaire, devrait posséder ce volume!
Mais je souhaite aujourd'hui suggérer qu'il y a un rôle encore plus important à jouer que la simple formation et l'instruction d'un laïcat et d'un clergé correctement armés pour résister au Malin.
Laissez-moi essayer de vous expliquer.
Pendant la période du conflit arien, l'apostasie a même atteint un niveau aussi élevé que l'homme qui, à cette époque, occupait également le trône de saint Pierre. Et les parallèles avec notre époque sont si significatifs que nous faisons bien d'étudier cette même période, et de le faire à travers le prisme de Saint John Henry Newman.
Je crois qu'il est important, en particulier pour les clercs et les séminaristes, de prendre cette période et ce sujet très au sérieux, car nous avons besoin d'un ancrage solide dans la réalité et la Tradition et dans des écrivains approuvés. Il ne suffit pas d'être en colère ou bouleversé et de se débattre impuissant sans avoir de repères. Je reprends donc maintenant la pensée de Saint John Henry Newman qu'il a résumée dans sa phrase audacieuse: la «Suspense temporaire des fonctions de l'Ecclesia docens» ou, comme on pourrait dire de nos jours, «du Magistère».
Newman a utilisé cette phrase comme un descripteur historique ("un fait"). Avec l'abandon de tant d'évêques de l'orthodoxie, c'était, voulait-il dire, une question de fait historique que leur fonction d'enseigner la vérité n'était pas remplie. Ses mots ont été mal compris par les critiques... il a rarement manqué de cela. Des tentatives ont été faites pour lui créer des ennuis à Rome; comme s'il laissait entendre que les papes et les évêques avaient perdu leur capacité de fonctionner magistériellement: en d'autres termes, sa déclaration était prise théologiquement. Il a soigneusement désavoué cette notion dangereuse qui, si vous y réfléchissez, possède certaines des caractéristiques de l'erreur sédévacantiste moderne. En fait, Newman distinguait soigneusement entre 'Suspense du Magistère', signifiant que ceux qui ont l'office du Magistère de l'Église n'exécutaient pas leur fonction, et 'Suspension du Magistère', ce qui, à son avis, signifierait qu'ils ont perdu leur fonction. Il n'aurait jamais affirmé ce dernier cas, et nous ne devrions même pas songer à le suggérer.
Il n'y a qu'un seul pape... et son nom est François.
Il n'a rien perdu de son autorité.
Mais il a formellement refusé de l'utiliser.
C'est une distinction extrêmement importante que nous devons faire aujourd'hui.
Les documents de ce livre sont des outils très précieux pour notre propre édification. Mais il y a quelque chose qui est encore plus important que cela.
C'est le fait que le Pape François ait refusé de répondre aux Dubia et aux questions qui lui ont été posées. Le fait que quatre cardinaux de la Sainte Église romaine lui aient posé ces questions confère à son refus d'y répondre un statut formel.
En termes d'analyse de Saint John Henry, je suggère que le refus formel de Jorge Bergoglio de répondre aux Cinq Dubia constitue son entrée formelle dans une période de 'suspense temporaire' de la fonction de son magistère pétrinien.
C'est une suspense librement choisie par lui auquel il peut mettre fin à tout moment, à son choix, en donnant les éclaircissements demandés, «fortifiant ainsi ses frères» et «gardant avec dévotion et exposant fidèlement la Tradition reçue par les Apôtres, le Dépôt de la Foi."(Vatican I).
Quelles sont les conséquences pratiques pour nous de vivre dans une période pendant laquelle le Magistère Papal est en suspense? Cela est une question qui devrait engager notre prière, notre réflexion et notre étude, individuellement et collectivement.
Au cours d'une période antérieure d'une telle suspense, l'Église a entendu le cri d'agonie de S. Hilaire, cité par Mgr Schneider, "Anathema tibi a me dictum praevaricator Liberi!"
À suivre.''
Source
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