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AM Valli: La FSSPX et Amoris Laetitia lui ont ouvert les yeux
par Chicoutimi 2021-03-04 16:48:30
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Un article de Benoît-et-moi:

AM Valli: Amoris Laetitia m’a ouvert les yeux

04/03/2021

''(...) Ayant grandi dans l’Eglise post-conciliaire (dans mon cas, celle ambrosienne), pendant longtemps je n’ai même pas soupçonné que le Concile pouvait porter en lui les germes d’une involution théologique et pastorale et, pire encore, d’une déviation de la Tradition et du Dépôt de la foi. Au cours des années où j’ai suivi les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI en tant que vaticaniste, j’ai fait mienne la vision de ce qu’on appelle l’herméneutique de la continuité. Mes premières perplexités remontent au milieu des années 90 du siècle dernier, lorsque, pour des raisons professionnelles, j’ai déménagé de Milan à Rome. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est précisément à Rome que j’ai ressenti les symptômes d’une dégradation, avant tout liturgique, qui m’a amené à me poser quelques questions. Puis en l’an 2000, lors du grand jubilé, j’ai eu pour la première fois l’occasion d’observer et de connaître les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, lors de leur pèlerinage, et j’en ai été édifié. Depuis lors, ma position à l’égard du Concile est devenue de plus en plus critique jusqu’à ce que, avec le pontificat de François, j’en voie toutes les contradictions internes. En résumé, je crois que l’incohérence fondamentale, en ce qui concerne la Tradition, se trouve déjà dans le discours d’ouverture de Jean XXIII, Gaudet Mater Ecclesia. (...)

L’événement déclencheur a été la publication d’Amoris laetitia, en 2016. Si les doutes étaient présents depuis le début du nouveau siècle, et s’étaient progressivement accrus depuis 2013, avec l’élection de François, l’exhortation apostolique « sur l’amour dans la famille » m’a définitivement ouvert les yeux. J’ai dû prendre note du fait que l’ambiguïté et le relativisme, à ce jour, n’étaient pas seulement entrés dans l’Église, mais avaient pris forme de magistère. Je dois dire qu’au début, en ce qui concerne Amoris laetitia, j’étais tellement incrédule que j’ai nié l’évidence. Je l’ai donc relu plusieurs fois et j’ai dû finalement prendre acte, avec douleur, de la réalité. Le document est imprégné de l’idée qu’il existe un devoir de Dieu de pardonner et un droit de l’homme à être pardonné, sans qu’il soit nécessaire de se convertir. La loi divine éternelle est pliée à la prétendue autonomie de l’homme. Le concept de discernement est instrumentalisé afin d’exonérer du péché. Je dirais qu’Amoris letitia a certifié la révolution qui avait eu lieu : non pas un changement de paradigme (une expression fumeuse utilisée pour justifier la subversion) mais le triomphe de la vision moderniste, tant dans le contenu que dans la méthode. (...)

Il est difficile de brosser un tableau d’ensemble, car les positions sont très différenciées. Il y a les idéologues, les modernistes qui ont dogmatisé le Concile et qui s’en prennent à tous ceux qui tentent de mettre en lumière ses apories. Il y a les opportunistes, qui se conforment à la vision moderniste non par conviction mais pour les avantages qu’elle apporte. Il y a les silencieux, qui, même s’ils sont conscients des problèmes, préfèrent garder le silence, prétendant que la seule chose à faire est de prier, en attendant que la tempête se termine. Il y a ceux qui ont peu à peu ouvert les yeux mais ne savent pas comment agir. En général, j’ai remarqué qu’il y a un problème psychologique répandu parmi ceux qui, comme moi, ont grandi dans l’Église post-conciliaire. Parmi les personnes consacrées et les laïcs, il est difficile pour beaucoup de déchirer le voile, car cela reviendrait à admettre que toute leur vie a été consacrée à une église déviante. Je les comprends. Je peux moi-même dire que « j’étais mieux quand j’étais moins bien ». Quand j’étais encore inconscient, je n’ai pas ressenti l’amertume et le découragement qui s’emparent souvent de moi aujourd’hui, pour les abus liturgiques, les aberrations doctrinales, les concessions au monde, les trahisons de la foi. (...)

Je vais essayer de m’exprimer aussi clairement que possible. Je suis étranger à toute tentation sédévacantiste et je crois que François est le pape. Les doutes avancés sur les prétendues contraintes qui ont conduit au renoncement de Benoît XVI, ainsi que ceux sur la correction de l’élection de François, n’ont conduit à aucune preuve: il y a des soupçons, mais pas de preuve. (...) En ce qui concerne François, je crois qu’il n’agit pas en tant que pape, même s’il l’est. (...) La question est maintenant de savoir si le fait de ne pas faire le pape implique également de ne pas être pape. À mon avis, non. François est le pape, et pourtant il est dans l’erreur. (...)''

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