18 déc. : Expectation de l'enfantement de la B. V. Marie par Alexandre 2020-12-18 14:47:44 |
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Madone de l’Enfantement, par Taddeo Gaddi
(Florence, église Saint-François de Paule)
EN CERTAINS LIEUX
Le 18 décembre
L’EXPECTATION DE L’ENFANTEMENT DE LA B. V. MARIE
I. MESSE
Messe de la Sainte Vierge pendant l’Avent (Roráte cæli), excepté :
Graduel.
— (Ps 23, 7.3-4)
Tóllite portas, príncipes, vestras :
et elevámini, portæ æternáles :
et introíbit rex glóriæ.
V/. Quis ascéndet in montem Dómini,
aut quis stabit in loco sancto ejus ?
Innocens mánibus et mundo corde.
Exhaussez, portes, vos linteaux,
et haussez-vous, portails antiques,
et le Roi de gloire entrera.
V/. Qui montera à la montagne du Seigneur
et qui se tiendra dans son lieu saint ?
Celui qui a les mains innocentes
et le cœur pur.
Allelúia, allelúia.
— V/. (Lc 1, 31)
Ecce virgo concípiet,
et páriet fílium Jesum Christum.
Allelúia.
Voici que la Vierge concevra
et enfantera un fils : Jésus-Christ.
II. OFFICE
A Matines
PREMIER NOCTURNE
Du Prophète Isaïe
Première leçon. — (VII, 10-15) Le Seigneur parla encore à Achaz, disant : Demande pour toi un miracle au Seigneur ton Dieu, au fond de l’enfer, ou au plus haut des cieux. Et Achaz dit : Je n’en demanderai pas, et je ne tenterai pas le Seigneur. Et le Prophète dit : Écoutez donc, maison de David : Est-ce peu pour vous d’être fâcheux aux hommes, puisque vous êtes fâcheux même à mon Dieu ? A cause de cela, le Seigneur lui-même vous donnera un signe. Voilà que la vierge concevra et enfantera un fils, et son nom sera appelé Emmanuel. Il mangera du beurre et du miel, en sorte qu’il sache réprouver le mal et choisir le bien.
Deuxième leçon — (XI, 1-5) Et il sortira un rejeton de la famille de Jessé, et une fleur s’élèvera de sa racine, et l’esprit du Seigneur reposera sur lui ; l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de science et de piété. L’esprit de crainte du Seigneur le remplira. Il ne jugera pas d’après ce qu’auront vu les yeux, et il ne condamnera pas d’après ce qu’auront ouï les oreilles. Mais il jugera les, pauvres dans la justice, et il se prononcera avec équité pour les hommes paisibles de la terre, et il frappera la terre de la verge de sa bouche, et du souffle de ses lèvres, il tuera l’impie. Et la justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité le ceinturon de ses flancs.
Troisième leçon — (XXXV, 1-5) Elle se réjouira, la terre déserte et sans chemin, et elle exultera, la solitude et fleurira comme le lis. Germant, elle germera, et elle exultera toute joyeuse et chantant des louanges ; la gloire du Liban lui a été donnée, la beauté du Carmel et du Saron ; eux-mêmes verront la gloire du Seigneur, et la majesté de notre Dieu. Fortifiez les mains languissantes, et affermissez les genoux débiles. Dites aux pusillanimes : Prenez courage, et ne craignez point ; car voici que votre Dieu amènera la vengeance de rétribution ; Dieu lui-même viendra, et il vous sauvera. Alors les yeux des aveugles s’ouvriront, et les oreilles des sourds entendront. Alors le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée ; parce que des eaux se sont répandues dans le désert, et des torrents dans la solitude. Et la terre qui était aride sera comme un étang, et celle qui avait soif, comme des fontaines d’eaux.
DEUXIÈME NOCTURNE
Sermon de saint Ildefonse, archevêque de Tolède († 669)
(Du livre de la Virginité perpétuelle de la B. Vierge Marie, ch. 1 ; texte latin : PL 96, 58-59)
Quatrième leçon. — O ma Dame et ma Souveraine, vous qui régnez sur moi, Mère de mon Seigneur, servante de votre Fils, Mère de celui qui a fait le monde, je vous prie, je vous supplie, je vous conjure de m’obtenir l’esprit de votre Seigneur, l’esprit de votre Fils, l’esprit de mon Rédempteur, afin que j’aie de vous des pensées justes et convenables, que je parle dignement de vous, que j’aime tout ce qui est vrai et sage. Vous êtes donc choisie par Dieu, prise par Dieu pour lui-même, appelée de Dieu, très proche de Dieu, attachée à Dieu, unie à Dieu ; visitée par l’Ange, saluée par l’Ange, bénie par l’Ange, déclarée, heureuse par l’Ange ; troublée par son discours, étonnée en songeant à ses paroles, stupéfaite de sa salutation, remplie d’admiration à l’annonce de si grandes choses.
Cinquième leçon. — Vous entendez dire, ô Marie, que vous avez trouvé grâce devant Dieu, et que vous ne devez pas craindre. Ainsi vous êtes fortifiée dans votre confiance, instruite de la connaissance de tant de merveilles, élevée à une gloire aussi nouvelle qu’inouïe. L’Ange vous annonce que vous aurez un fils, et, après l’enfantement, vous conservez l’intégrité et la pureté. Une virginité certaine nous est montrée en vous, et l’Ange vous assure que celui qui doit naître de vous est le Saint, le Fils de Dieu ; la puissance de ce Roi naissant vous est admirablement déclarée. Vous demandez comment cela se fera, vous interrogez au sujet de cette conception, vous vous enquérez du moyen, vous vous informez, vous questionnez sur l’ordre de cette incarnation. Écoutez un oracle inouï, considérez une œuvre extraordinaire, contemplez un mystère inconnu, observez attentivement un fait sans précédent : « L’Esprit-Saint surviendra en vous et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre » (Lc I,35).
Sixième leçon. — La Trinité tout entière opérera invisiblement en vous la conception de votre Fils ; la personne seule du Fils de Dieu, qui doit naître de vous, s’incarnera dans votre sein. Et c’est pourquoi le Saint qui sera conçu par vous, qui sortira de vous, qui germera en vous, qui sera enfanté par vous, sera appelé le Fils de Dieu. Il sera grand, c’est le Dieu des vertus, le Roi de tous les siècles, l’auteur de toutes choses. Voici que vous êtes heureuse entre les femmes, vierge entre les mères, souveraine entre les servantes, reine entre les sœurs. Voici que désormais « toutes les générations [vous] diront bienheureuse » (Lc I, 48) ; toutes les Vertus célestes vous ont reconnue bienheureuse, tous les Prophètes vous proclament bienheureuse, toutes les nations vous célèbrent comme bienheureuse. Vous êtes estimée bienheureuse par notre foi, bienheureuse par notre âme, bienheureuse par notre amour ; je vous nomme bienheureuse dans mes louanges et mes prédications.
DEUXIÈME NOCTURNE
Lecture du saint Evangile selon saint Luc
Septième leçon. — (I, 26-38) En ce temps-là : L’Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans la ville la Galilée, appelée Nazareth, à une vierge qu’avait épousée un homme, nommé Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie. Et le reste.
Homélie de saint Bède le vénérable, prêtre
(Sur l’Év. de S Luc I, 26.28.31-32.35 ; texte latin : PL 92, 316-317.319 et CCL 120, 30.31-32.34)
Gabriel, dont le nom signifie la force de Dieu, est envoyé à Marie ; il venait pour annoncer l’avènement de celui qui, pour combattre les puissances de l’air, daigna apparaître dans l’humilité ; de celui dont le Psalmiste a dit : « Le Seigneur, fort et puissant : le Seigneur, puissant au combat » (Ps XXIII, 8). Et encore : « Le Seigneur des armées ; c’est lui qui est le Roi de gloire » (Ib., 10). Il convenait que le Seigneur des vertus, lui qui est puissant dans le combat, et qui venait combattre contre les puissances de l’air, fût annoncé par la force de Dieu. « Et l’Ange, étant entré vers elle, lui dit : Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes » (Lc I, 28). C’est avec raison qu’est appelée pleine de grâce, celle qui obtint une grâce qu’aucune autre n’avait méritée, en concevant et en enfantant l’auteur même de la grâce.
Huitième leçon. — « Voilà que vous concevrez dans votre sein et vous enfanterez un fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus » (Lc I, 31). Jésus s’interprète Sauveur, ou salutaire. L’Ange expose le mystère de ce nom en disant à Joseph : « C’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt I, 21). Il ne dit pas le peuple d’Israël, mais « son peuple », c’est-à-dire non seulement ceux qui étaient soumis à la loi de la circoncision, mais encore ceux qui viendront de toutes les parties du monde, appelés à l’unité de la foi, et ne formant plus qu’un seul troupeau sous un seul pasteur. « Il sera grand, et sera appelé le Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père » (Lc I, 32). Le Fils du Très- Haut est donc le même que celui qui a été conçu dans le sein de la Vierge et qui est né d’elle. Cet Homme, créé dans le temps et enfanté par une mère, est celui qui est Dieu avant tous les siècles et qui est engendré par le Père. Si c’est la même personne qui est Dieu et homme tout à la fois, que Nestorius cesse donc de dire que l’homme seul est né de la Vierge.
Neuvième leçon. — « C’est pourquoi la chose sainte qui naîtra de vous sera appelée le Fils de Dieu » (Lc I, 35). Jésus seul est proclamé saint avant de naître : ce qui marque la différence de notre sainteté et de la sienne. Nous pouvons en effet devenir saints, mais non pas l’être en naissant, parce que la condition de notre nature corrompue nous en empêche, de sorte que chacun de nous peut dire en gémissant avec le Prophète : « Voilà, en effet, que j’ai été conçu dans des iniquités, et que ma mère m’a enfanté dans des péchés » (Ps L, 7). Celui-là seul est vraiment saint, qui, pour triompher de l’état misérable de notre nature corruptible, a voulu naître d’une vierge. « La chose sainte qui naîtra de vous, dit l’évangile, sera appelée le Fils de Dieu » (Lc I, 35). Que dis-tu, Nestorius ? En niant que la bienheureuse Marie est la Mère de Dieu, tu t’efforces ouvertement de combattre la vérité. L’Ange annonce à la Vierge que Dieu surviendra en elle, que le Fils de Dieu naîtra d’elle. Comment donc se fait-il que le Fils de Dieu ne soit pas Dieu, ou que celle qui a enfanté Dieu puisse n’être pas Theotocos, c’est-à-dire Mère de Dieu ?

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