Souvenirs de mon école lorraine ... par Glycéra 2020-12-06 12:39:40 |
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Nous venions de loin.
Quelques années de mon enfance à Nancy, j'y ai pris l'accent, charpenté, solide, des "chères soeurs"* de la Providence de Portieux.
En décembre, dans les jours vers Noël, un effervescence dans les rangs. Et ce fut une surprise : après-midi sans cours, une longue récréation, et un appel pour une saynète : on m'y fourre dans la main du pain d'épices, et une mandarine.
Je n'ai rien compris. Rien mangé non plus "on ne mange pas entre les repas." n'est-ce pas. Maman n'en avait pas beaucoup plus.
Le lendemain, j'entends les écolières ** se raconter leurs cadeaux. Cadeaux ? et des gros, des beaux, elles comparaient et leurs yeux brillaient à l'idée d'aller jouer le soir avec.
Des cadeaux ? Pendant l'Avent ? Je ne comprends pas.
Puis je découvre que certains enfants n'en ont presque pas, que la mandarine était déjà une rareté, car leurs parents n'en avaient pas à la maison. Nous en avions à la maison, pas tous les jours, une ou deux par semaine, c'était comme d'autres mets devenus si répandus ensuite que cela ne procure pas le même plaisir.
Des cadeaux ? Alors que c'est encore des jours d'école ? Je les plains. Car les nôtres, nous qui n'étions pas lorrains, aurons nos cadeaux pendant les vacances = nous serons, nous, avec du temps pour y jouer toute la journée !
Mais j'avais bien sûr appris la chanson, jamais oubliée, et transmise à nos enfants, et je savais que St Nicolas était un grand protecteur de l'enfance. Qu'il y avait au Ciel un patron spécial pour savoir ce qui concernait les écoliers et les protéger de tous les dangers, ou des prédateurs.
Bons souvenirs.
10 ans après, j'ai su dire "Santa Claus" pour les petits anglais, allemands, etc.. Jamais nous n'avions laissé un "père Noël" entrer chez nous. C'était ailleurs, dans les familles que je plaignais et qui oubliaient ou ignoraient l'important du jour de Noël : Jésus.
40 ans après, j'ai fait le rapprochement entre Santa Claus et saint-Nicolas...
La fête reste vivante au Nord ...
J'espère que le coronabidus n'aura pas d'effet durable sur sa santé !
Lui aussi pourrait-il déprimer ?
Je suppose que d'autres de vous auront des souvenirs similaires.
Une pensée avec notre cher Lorrain qui voit ceci sous d'autres cieux, Sieur Ewondo.
Que le grand St Nicolas le bénisse !
Glycéra
* si les Domnicaines sont nommes "ma mère", les soeurs étaient "ma chère soeur" avec l'accent vosgien bien sûr.
** école de filles, bien sûr. Celle des gars était dans la même rue, juste en-dessous.
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