Reconnaissance des communautés religieuses : centralisme romain renforcé par Paterculus 2020-11-05 21:14:48 |
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Le motu proprio Authenticum charismatis change de façon considérable la reconnaissance par l'Église des nouvelles fondations religieuses.
Désormais pour qu'un nouvel institut de vie consacrée soit reconnu par l'Église, l'avis de l'évêque du lieu n'est plus suffisant, seule l'autorité romaine peut se prononcer.
On peut se demander ce qui motive cette décision de renforcer le centralisme romain, spécialement en ce temps de "synodalité" !
L'argument avancé me paraît bien faible : s'il y a un nouvel institut, c'est qu'il y a un nouveau charisme ; et s'il y a un nouveau charisme, il concerne toute l'Église.
Or ce n'est pas exact, ou alors il faut bien préciser ce qu'on appelle charisme. Il existe un nombre incalculable de congrégations qui ont pour charisme par exemple l'enseignement primaire, ou encore le soin des malades : on n'a pas jugé bon de les fusionner, même lorsque le mode de vie de leurs membres est identique.
Bon, il faut donc ajouter à cette notion de charisme, fondée sur l'activité ou le mode de vie, la spiritualité propre de chaque institut : bénédictine, carmélitaine, etc.
Cependant là encore on pourrait trouver beaucoup de congrégations très semblables et par leur activité et leur mode de vie ainsi que par leur spiritualité, sans qu'on ait eu besoin de les fusionner.
Il faut conclure que jusqu'ici pour l'Église ce n'est pas l'apparition d'un nouveau charisme qui a déterminé la constitution et donc la reconnaissance d'un nouvel institut de vie consacrée.
Un institut de vie consacrée est avant tout une famille et un esprit : cela dépend essentiellement du fondateur et des personnes qui l'ont accompagné lors de la fondation.
Et de la qualité de vie et de l'esprit de ces personnes, c'est l'évêque du lieu qui est normalement le meilleur juge, vivant à proximité et connaissant le contexte ; l'autorité romaine, lointaine, ne connaît pas ces éléments pourtant déterminants.
Un premier risque est que sans doute on aura un foisonnement de groupes religieux qui renonceront à se faire reconnaître par l'autorité ecclésiastique à cause de la complexité et des frais de déplacements que l'éloignement engendrera, sans parler des délais - car le Vatican sera-t-il assez riche pour payer assez de personnel pour traiter toutes les demandes en un temps correct ? Dans la pratique, donc, l'autorité n'aura plus la possibilité de vérifier ce qui se passe dans ces groupes non reconnus, et ainsi des gens risquent d'y entrer et d'y être trompés si le groupe tourne à la secte.
Un deuxième risque est que désormais il n'y aura plus guère de distinction entre un institut de droit diocésain et un institut de droit romain. Or cette distinction est importante. Par exemple, Rome pouvait être une juridiction d'appel pour une communauté qui estimerait que le refus de son évêque de la reconnaître ou sa volonté de la supprimer est injuste. Désormais il n'y a plus qu'une seule sentence, si bien qu'une erreur ne pourra plus être corrigée.
Enfin on invoque la nécessité pour un institut de vie consacrée d'être suffisamment fort pour être reconnu. Mais l'histoire de l'Église compte certains exemples de communautés qui ont longtemps végété avant de devenir, soudain ou progressivement, très forts. Le cas le plus connu est sans doute celui de Cîteaux, mais je crois que ce fut le cas aussi des Passionnistes. Une reconnaissance diocésaine est la bienvenue dans ces cas là pour conforter la jeune pousse en attendant qu'elle prenne bien racine.
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