La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde 2020-09-27 00:55:39 |
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CHAPITRE VI
Article III - LA CONSÉCRATION A MARIE
Qu'est-ce qu'il y a de communicable en nos bonnes œuvres ?
Si donc nous offrons à Marie nos mérites de condignité, ce n'est pas pour qu'elle les communique à d'autres âmes, mais pour qu'elle nous les conserve, pour qu'elle nous aide à les faire fructifier, et, si nous avions le malheur de les perdre par un péché mortel, pour qu'elle nous obtienne la grâce d'une contrition vraiment fervente, qui nous fasse recouvrer, non pas seulement l'état de grâce, mais le degré de grâce perdu.
Mais dans nos bonnes œuvres il y a quelque chose de communicable aux autres âmes de la terre ou du purgatoire. C'est d'abord le mérite de convenance, de congrue proprio, qui est encore, nous l'avons vu plus haut, un mérite proprement dit, fondé in jure amicabili, sur les droits de l'amitié qui unit à Dieu l'âme en état de grâce. Ainsi une mère chrétienne, par sa vie vertueuse, peut mériter d'un mérite de convenance, comme sainte Monique, la conversion de son fils. Dieu a égard aux intentions pures et aux bonnes œuvres de cette excellente mère qui lui est unie par la charité, et il accorde à cause de cela à son fils la grâce de la conversion.
De même nous pouvons et devons prier pour le prochain, pour sa conversion, son avancement, pour les agonisants, pour les âmes du purgatoire. Ici, la valeur impétratoire de la prière s'ajoute au mérite dont nous venons de parler.
Enfin nous pouvons satisfaire d'une satisfaction de convenance, de congruo, pour les autres, accepter les contrariétés quotidiennes, pour les aider à expier leurs fautes ; nous pouvons même, si nous en recevons l'inspiration, accepter volontairement la peine due à leurs péchés, comme Marie le fit pour nous au pied de la croix, et attirer ainsi sur eux la Miséricorde Divine.
Les saints l'ont fait souvent; sainte Catherine de Sienne dit par exemple à un jeune Siennois qui avait le cœur plein de haine contre, ses adversaires politiques : « Pierre, je prends sur moi tous tes péchés, je ferai pénitence à ta place, mais accorde-moi une grâce, confesse-toi. » - « Je viens de me confesser dernièrement », dit le Siennois. « Ce n'est pas vrai, répond la sainte, il y a sept ans que tu ne t'es pas confessé », et elle lui énumère toutes les fautes de sa vie. Stupéfait, il se repent et pardonne à ses ennemis.
Sans avoir une si grande générosité qu'une sainte Catherine de Sienne, nous pouvons accepter les peines quotidiennes qui se présentent pour aider d'autres âmes à payer leurs dettes à la justice divine.
Nous pouvons aussi gagner des indulgences pour les âmes du purgatoire, leur ouvrir le trésor des mérites et des satisfactions du Christ et des saints, et hâter ainsi leur délivrance.
Il y a donc dans nos bonnes œuvres trois choses qui sont communicables à d'autres âmes : le mérite de convenance, la prière et la satisfaction. Il se peut du reste qu'un seul et même acte, comme une prière unie à l'austérité (telles l'adoration nocturne ou les matines la nuit, ou un chemin de croix), aient la triple valeur : méritoire, impétratoire, satisfactoire, sans parler des indulgences.
Si nous offrons ainsi à Marie tout ce qu'il y a de communicable dans nos bonnes œuvres, il ne faudra pas s'étonner qu'elle nous envoie des croix proportionnées à nos forces aidées de la grâce, pour nous faire travailler ainsi au salut des âmes.
A qui convient-il de conseiller cette consécration et cet abandon ? - Il ne faudrait pas le conseiller à ceux qui le feraient par sentimentalité ou orgueil spirituel et n'en comprendraient pas la portée. Mais il convient de suggérer à des âmes vraiment pieuses et ferventes de le faire, d'abord pour quelques jours, puis pour une durée plus longue, et quand elles seront entrées dans cet esprit, pour toute la vie.
On objecte parfois : mais faire cet abandon, c'est nous dépouiller et ne pas payer notre propre dette, ce qui augmentera notre purgatoire. C'est l'objection que fit le démon à sainte Brigitte lorsqu'elle se disposait à faire cet acte. Notre-Seigneur lui fit comprendre que c'est l'objection de l'amour-propre, qui oublie la bonté de Marie; elle ne se laissera pas vaincre en générosité, elle nous aidera beaucoup plus. En nous dépouillant ainsi, nous recevrons d'elle cent pour un. Et même l'amour dont témoigne cet acte généreux nous obtient déjà la remise d'une partie de notre purgatoire.
D'autres personnes objectent encore : comment prier ensuite pour nos parents, nos frères et sœurs, nos amis, si nous avons une fois pour toutes donné nos prières à Marie.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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