La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde 2020-09-04 21:57:12 |
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DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE III
Article III - L'UNIVERSALITÉ DE LA MÉDIATION DE MARIE ET SA DÉFINIBILITÉ
Difficultés
Quelques-uns ont objecté : la mère d'un roi n'a pas, du fait de sa maternité, le droit de disposer des biens de celui-ci, et donc la Mère du Christ-Roi n'a pas positivement le droit de disposer de ses grâces.
On a justement répondu : il n'y a pas ici de parité la mère d'un roi a été seulement la mère d'un enfant qui ensuite est devenu roi, et le plus souvent elle n'a pas intimement coopéré à son gouvernement. Au contraire, Marie est, par sa maternité divine elle-même, la Mère de Dieu rédempteur, Roi universel de toutes les créatures, elle lui a donné sa nature humaine et elle a été intimement associée à ses mérites, à ses souffrances réparatrices; elle participe par suite à sa royauté spirituelle avec le droit subordonné au sien de disposer des grâces acquises par lui et par elle.
On a objecté encore que cette médiation n'est qu'une pure convenance et donc qu'elle n'est pas certaine.
Il est facile de répondre : il s'agit d'une convenance, d'une connaturalité qui dérive de la maternité divine de Marie, de sa maternité spirituelle à l'égard des hommes, de son union au Christ rédempteur, et qui en dérive de telle manière que l'opposé ne conviendrait pas, comme il convient pour Notre-Seigneur qu'il ait eu dès le premier instant de sa conception la vision béatifique. Il est connaturel à la Mère spirituelle de tous les hommes de veiller spirituellement sur eux et de leur distribuer les fruits de la rédemption.
De plus, selon la Tradition, c'est une convenance qui a motivé de fait le choix divin et dans laquelle il s'est complu. C'est ainsi qu'elle a été considérée par les Pères et par les Docteurs du moyen âge, notamment par saint Albert le Grand (Mariale, q. 29, 33, 147, 150, 164), par saint Bonaventure (Sermo I in Nat. Dom.), par saint Thomas dans son Explication de l'Ave Maria, et par les théologiens postérieurs, qui ont mis de mieux en mieux en relief l'universalité de cette médiation.
Conclusion
Aucune difficulté sérieuse ne s'oppose donc à la définition de la médiation universelle de Marie, entendue comme il vient d'être dit : médiation subordonnée à celle du Sauveur et dépendante de ses mérites; médiation qui n'ajoute pas un complément nécessaire à ces mérites de Jésus dont la valeur est infinie et surabondante, mais qui en montre le rayonnement et tout le fruit dans une âme très parfaite pleinement configurée à lui.
Les difficultés qui ont été soulevées contre cette médiation universelle sont certainement moindres que celles qui furent formulées au XIII° siècle contre l'Immaculée Conception, qui a pourtant été définie comme dogme de foi.
On admet aussi généralement aujourd'hui la définibilité de l'Assomption, dont la fête, qui remonte au moins au VIII° siècle, est un témoignage de la Tradition. Or la médiation universelle de Marie paraît plus certaine encore par les principes qui la fondent : la maternité divine et la maternité spirituelle à l'égard de tous les hommes, et plus certaine aussi par les documents de la plus ancienne tradition sur l'opposition entre Eve et Marie.
La médiation universelle de la Sainte Vierge a été beaucoup moins attaquée que l'Immaculée Conception et que l'Assomption, elle est déjà très certaine de par le magistère ordinaire de l'Eglise et l'on ne peut que souhaiter sa définition pour mieux promouvoir la dévotion de tous à l'égard de celle qui est vraiment la Mère spirituelle, de tous les hommes et qui veille incessamment sur eux.
Source : Livres-mystiques.com
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ami de la Miséricorde
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