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La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange
par ami de la Miséricorde 2020-08-12 09:32:38
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DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE II

Article II - LES MÉRITES DE MARIE POUR NOUS

Les trois genres de mérites proprement dits


Nous voyons ici ce que doit être le mérite de Marie pour nous; il faut noter à ce sujet que ce troisième genre de mérite, dit de congruo proprie ou de convenance, est encore un mérite proprement dit, fondé in jure amicabili, sur les droits de l'amitié divine, qui suppose l'état de grâce.

La raison en est que la notion de mérite n'est pas univo­que, ou susceptible d'être prise en un seul sens, mais elle est analogique, c'est-à-dire qu'elle a des sens divers, mais proportionnellement semblables, qui sont encore des sens propres, et non pas seulement larges ou métaphoriques, tout comme la sagesse des saints, sans être celle de Dieu, est encore au sens propre une vraie sagesse; de même la sensation, sans être une connaissance intellectuelle, est encore au sens propre une vraie connaissance dans son ordre.

Ainsi au-dessous des mérites infinis du Christ, qui seul peut en stricte justice nous mériter le salut, au-dessous du mérite de condignité du juste pour lui-même, qui lui donne droit en justice à une augmentation de charité, et (s'il meurt en état de grâce) à la vie éternelle, il y a le mérite de convenance de congruo proprie, fondé sur les droits de l'amitié, et qui est encore un mérite proprement dit qui suppose l'état de grâce et la charité.

Ce qui est un mérite improprement dit, c'est celui qui se trouve dans la prière du pécheur en état de péché mor­tel, prière qui a une valeur impétratoire qui s'adresse, non pas à la justice de Dieu mais à sa Miséricorde, et qui se fonde, non pas sur les droits de l'amitié divine de charité, mais sur la grâce actuelle qui porte à prier.

Ce dernier mérite est dit de convenance au sens large seule­ment, de congruo improprie, ce n'est plus un mérite pro­prement dit.

Tels sont donc les trois genres de mérites proprement dits : celui du Christ pour nous, celui du juste pour lui-­même celui du juste pour autrui.

Le mérite proprement dit de convenance de Marie pour nous

Si tel est l'enseignement général des théologiens sur les différents genres de mérite, si sainte Monique a pu méri­ter à proprement parler d'un mérite de convenance, de congruo proprie, la conversion d'Augustin, comment la Sainte Vierge, mère de tous les hommes, a-t-elle pu méri­ter pour nous ? Poser ainsi cette question à la lumière des principes déjà énoncés, c'est déjà la résoudre.

Aussi ne faut-il pas s'étonner qu'à partir surtout du XVI° siècle, les théologiens enseignent communément de façon explicite que ce que le Christ nous a mérité de con­digno, la Sainte Vierge nous l'a mérité d'un mérite de convenance, de congruo proprie.

Cet enseignement est très explicitement formulé par Suarez, qni montre par de multiples témoignages de la tradition que Marie, bien qu'elle ne nous ait rien mérité de condigno, car elle n'était pas constituée tête de l'E­glise, a cependant coopéré à notre salut, par le mérite de convenance, ou de congruo.

Jean de Carthagène, Novato, Christophore de Véga, Théophile Ray­naud, Georges de Rhodes, reproduisent cette doc­trine.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

     

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