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quand en 2005 le curé des Grésilles racontait la vie atroce des lieux
par JVJ 2020-06-16 14:45:33
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Ceci, extrait de son blog toujours lisible, mais qui va être effacé quand l'abbé Emmanuel Pic, actuel curé de Notre-Dame de Dijon, prendra peur ou quand son supérieur lui demandera de faire disparaître la chose…

J'atteste que même la brave Pascal Praud désinforme, encore ce midi à RTL puisqu'il prétend qu'il n'y a que quinze personnes qui pénalisent le lieu. Le représentant policier dit aussi de grosses blagues. Dijon n'est pas du tout une ville calme depuis plus de 20 ans, sans parler des punks à chiens. Fr. Rebsamen, maire PS et très proche de Fr. Hollande, juif, est le maire bien reparti pour être réélu. Cet homme franc-maçon n'a jamais caché qu'il voulait être ministre de l'Intérieur, ses liens avec la police sont connus (et pour être à l'Intérieur, mieux vaut être maçon, c'est très connu). Des millions ont été investis aux Grésilles, des barres ont été rasées il y a 20 ans, le CHU est tout à côté et reçoit chaque soir ou presque les blessés violents du lieu, comme ceux de Chenôve. Les Grésilles sont tout à côté de stades, les bus passent, les facultés sont tout à côté comme de l'excellent lycée Eiffel avec ses prépas.
J'y ai vécu un an, dans une résidence fermée, en 1999 et le lendemain d'une célèbre fête religieuse, ma voiture fut massacrée. C'était le moment de détente de ces jeunes, sans aucune éducation de leurs parents gavés d'allocations. Le curé de l'église du lieu dédiée à Ste-Bernadette, en dhimmitude, se faisait fort de parler à tout le monde, surtout les musulmans jeunes et mâles.
Il est parti quand il s'est fait casser la figure. Il avait été aussi très déçu par le jeune musulman qu'il avait accueilli chez lui (souvenir flou).

Je pourrais aussi parler des naïfs ecclésiaux en d'autres lieux. Un jeune curé plein d'allant pensait au Vert-Bois, à St-Dizier, discuter avec tout le monde. Il a aussi craqué après plusieurs années. J'étais à la messe d'installation pleine de guimauve, avec des gens très vieux, les derniers catholiques du quartier (depuis, ce prêtre est marié, justement au nord de Dijon…). Tel curé d'une nouvelle paroisse du diocèse de Versailles, de mes amis, a aussi subi les cailloux et les menaces. La présence catholique dans ces lieux est aussi courageuse que désespérée. Je les vois et j'en connais. Il y a même des évêques géniaux qui ont transféré leur évêché dans un "quartier". Pas très sympathique pour leurs successeurs.

En 2005, voilà ce qu'écrivait ce curé (très rose du point de vue politique). L'abbé fut aumônier universitaire et disait la messe sur une table de salon, les étudiants étaient au sol et se passaient la soucoupe en plastique des hosties, commentaient l'Evangile. J'ai tenu un an. Depuis ce sont les Oratoriens de Nancy qui ont repris l'église Ste-Jeanne d'Arc et l'aumônerie, à la demande de Mgr Minnerath (qui aurait mieux fait de leur donner St-Michel qui tournait fort bien, pour remplacer le cher abbé Marcel Bourland). Je connais très bien Dijon et ces lieux.

L'abbé Pic n'est pas du tout un réac, quand bien même est-il le neveu du RP Pic op. Son compte tweeter il y a encore quelques années (alors qu'il était curé de St-Pierre de Dijon et vicaire épiscopal) se plaignait des squats sur la place Wilson, des saletés, des types qui urinaient contre l'église et faisaient du bruit en toute impunité. Il était très pleurnichard avec les clandestins pour les défendre. L'Eglise Notre-Dame, dont il est le curé, a été vandalisée l'an dernier.

Les journalistes ne font pas leur travail, même ceux qui le pourraient. J'espère que quelques-uns de sérieux me liront et iront lire le témoignage vieux de 15 ans !!!
Quant aux élus, zéro crédibilité.

Pour une fois, un curé peut aider à la compréhension des choses…

Je parie que les vieilles dames vont prier dimanche dans leur prière universlle pour que la société soit toujours plus accueillante et que les gouvernants oeuvrent pour le vivre-ensemble, etc.

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Commencer par la violence ?
Bon, avouons-le, tout le monde l'attend quand on parle des Grésilles. Alors, même si c'est un peu facile, parlons-en.
Samedi après-midi, vers 17 heures, en revenant de faire des courses, une grosse colonne de fumée noire, au-dessus de la barre d'immeubles que l'on voit de la rocade. Deux voitures brûlaient avenue Champollion.
Au même moment, à la radio, j'entendais le communiqué déclarant que la situation dans le pays était revenue à la normale : il n'y avait eu que cent voitures brûlées en France la nuit précédente. Cent voitures par nuit, ca fait plus de trente-cinq mille par an. On se fait à tout, apparemment.
C'est bien ça le problème ; on a fini par s'habituer à ce qui n'est tout de même pas normal. Des poubelles qui brûlent dans une cage d'escalier, c'est devenu, dans certains immeubles, tellement habituel. Une voiture qui brûle de temps en temps, on s'y habitue aussi. Du moment que les gens ne brûlent pas ! Une cabine téléphonique en miettes, un abribus en morceaux, une devanture de magasin défoncée, autant de petites choses qu'on remarque à peine le matin quand on va acheter sa baguette de pain. Mais c'est vrai qu'on s'est habitué aussi à beaucoup d'autres choses qui semblaient anormales quand elles sont apparues dans notre quotidien : les gens qui ne vivent que grâce aux allocs, les familles qui partent en javelle, les fenêtres qui se ferment de plus en plus tôt dans la journée parce qu'on n'a pas trop envie de voir ce qui se passe dehors.
Le problème, c'est que justement, la violence, c'est ceux d'ici qui la supportent, en plus de tout le reste. Et que ça fait encore plus mal.
Ici, donc, on s'est habitué à tout cela. On va s'habituer aussi à une ou deux explosions de violence de temps en temps, dans une banlieue ou dans une autre. Vous allez voir, on s'y fait très bien.

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Les Grésilles : un quartier plein de rumeurs. Normal, puisqu'un tas de choses dont les habitants sont témoins ne sont pas relatées dans les médias locaux... et que finalement un certain nombre de ces rumeurs s'avèrent fondées.
La dernière en date : il y aurait eu un cambriolage à la poste samedi. Je regarde dans le journal : rien lundi, rien mardi... Alors, comme je dois aller poster un colis, je hasarde un "vous avez eu des émotions" à la dame du guichet. Et elle m'apprend qu'en fait de cambriolage, il s'agissait d'un hold-up qui les a tous bien secoués.
Je me souviens d'une autre de ces rumeurs. C'était il y a deux ans environ ; au bureau de tabac, Christophe me dit "vous savez la dernière ? on a enlevé un enfant, dans la rue, sous les yeux de sa grande soeur qui le ramenait de l'école". Là, je trouve ça un peu gros. Rien dans les journaux. Je n'y crois donc pas. Et puis voilà, au bout d'une semaine environ, un titre du Bien Public : "L'enfant enlevé aux Grésilles a été retrouvé". Comme si tout le monde était au courant, comme si le journal avait, jour après jour, tenu en haleine tous ses lecteurs. Le gamin avait été enlevé en pleine rue, la frangine chargée de transmettre à ses parents le message des ravisseurs. La raison : le grand frère vendait de la drogue et essayait de truander ses parrains, qui avaient organisé le kidnapping en représailles.

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Dire ? Ne pas dire ?

Faut-il raconter tout ce qui se passe dans un quartier, au risque d'en noircir l'image et de donner de mauvaises idées à ceux qui veulent se faire remarquer ? Manifestement (voir l'article sur la rumeur) les médias dijonnais ont pris le parti de parler le moins possible de ce qui se passe ici.
Je n'ai pas de réponse à cette question. Mais je peux vous dire que, quand vous voyez sous votre fenêtre des voitures qui brûlent (quand ce n'est pas autre chose) et que les journaux n'en parlent pas, vous vous dites :
- Premièrement, que ce qui se passe chez vous n'a pas beaucoup d'importance aux yeux du monde
- Deuxièmement, que ce n'est pas grave du tout, que c'est même tout-à-fait normal.
Alors, vous renoncez à vous alarmer devant tous ces petits faits qu'ailleurs on trouverait alarmants. Vous n'allez plus porter plainte, ni même signaler le fait aux policiers. Les statistiques officielles s'améliorent. Tout devient donc normal.

dimanche 20 novembre 2005

Voilà, je me lance...
Zut, tout le monde commence son blog comme ça, non ?
Ce qui m'a décidé : les "événements", ces deux ou trois semaines auxquelles on n'a pas réussi à donner un nom, sans trop savoir s'il s'agissait d'une révolte des Cités, d'une insurrection de la racaille, d'une guerre civile ou d'un guerre des gangs entre trafiquants.
Mon idée : au jour le jour, vous raconter ce que je vois de la fenêtre de mon presbytère, ce que j'entends dans la rue et chez les commerçants, bref la vie de ce quartier des Grésilles qui fait si peur à beaucoup de gens à Dijon mais dans lequel il ferait si bon vivre s'il n'y avait pas... tout ce qui ne va pas, justement.
Je tâcherai aussi d'y installer quelques photos pour agrémenter ton ordinaire, ami lecteur.
A bientôt, j'ai hâte de commencer

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