La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde 2020-06-14 22:25:33 |
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CHAPITRE III
Article I - LE PROGRÈS SPIRITUEL EN MARIE JUSQU'A L'ANNONCIATION
Le progrès spirituel en Marie par le mérite et la prière
La charité devait donc incessamment grandir en la Sainte Vierge conformément au précepte suprême de l'amour. Mais comment, par quels moyens a-t-elle augmenté ? - Par le mérite, la prière et une communion spirituelle à Dieu spirituellement présent dans l'âme de Marie dès le début de son existence.
Il faut rappeler d'abord que la charité n'augmente pas précisément en extension, car, à son degré infime, elle aime déjà Dieu par-dessus tout d'un amour d'estime, et le prochain comme nous-même, sans exclure personne, quoique ensuite le dévouement s'étende progressivement.
C'est surtout en intensité que la charité grandit, en s'enracinant de plus en plus dans notre volonté, ou, pour parler sans métaphore, en déterminant davantage l'inclination de celle-ci à s'éloigner de ce qui est mal et aussi de ce qui est moins bon, et à se porter généreusement vers Dieu.
C'est un accroissement d'ordre, non pas quantitatif, comme celui d'une pile de blé, mais qualitatif, comme lorsque la chaleur devient plus intense, ou lorsque la science, sans s'étendre à des conclusions nouvelles, devient plus pénétrante, plus profonde, plus unifiée, plus certaine.
Ainsi la charité tend à aimer plus parfaitement, plus purement ef plus fortement Dieu par-dessus tout et le prochain et nous-même pour que tous nous glorifiions Dieu dans le temps et l'éternité.
L'objet formel et le motif formel de la charité, comme celui des autres vertus, est ainsi mis de plus en plus en relief au-dessus de tout motif secondaire ou accessoire auquel on s'arrêtait trop tout d'abord.
Au début, on aime Dieu à cause de ses bienfaits reçus et espérés et pas assez pour lui-même, ensuite on considère davantage que le bienfaiteur est bien meilleur en lui-même que tous les biens qui dérivent de lui, et qu'il merite d'être aimé pour lui-même à cause de son infinie bonté.
La charité augmente donc en nous comme une qualité, comme la chaleur qui devient plus intense, et cela de plusieurs manières, par le mérite, la prière, les sacrements. A plus forte raison en fut-il de même en Marie et sans aucune imperfection.
L'acte méritoire, qui procède de la charité ou d'une vertu inspirée par elle, donne droit à une récompense surnaturelle et tout d'abord à une augmentation de la grâce habituelle et de la charité elle-même. Les actes méritoires ne produisent pas par eux-mêmes directement l'augmentation de la charité, car elle n'est pas une vertu acquise produite et augmentée par la répétition des actes, mais une vertu infuse.
Comme Dieu seul peut la produire, puisqu'elle est une participation de sa vie intime, lui seul aussi peut l'augmenter. C'est pourquoi saint Paul dit (I Cor., III, 6, 9) : « Moi j'ai planté (par la prédication et le baptême), Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître. » II Cor., IX, 10 : « II fera croître de plus en plus les fruits de votre justice. »
Si nos actes de charité ne peuvent produire l'augmentation de cette vertu infuse, ils concourent à cette augmentation de deux manières : moralement, en la méritant; et physiquement dans l'ordre spirituel, en nous disposant à la recevoir.
L'âme, par ses mérites, a droit à recevoir cet accroissement qui lui fera aimer son Dieu plus purement et plus fortement, et elle se dispose à recevoir cet accroissement, en ce sens que les actes méritoires creusent en quelque sorte nos facultés supérieures, les dilatent, pour que la vie divine puisse les mieux pénétrer, et ils les élèvent en les purifiant.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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