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Des prêtres de la FSSPX visés par une enquête pour abus sexuels aux États-Unis (La Croix)
par André 2020-05-25 13:52:20
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Par Héloïse de Neuville (Avec Cath.ch), le 24/5/2020 à 11h41


Au Kansas, la justice a ouvert une enquête pour des allégations d’abus sexuels visant des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). D’autres clercs de la société de prêtres traditionalistes sont accusés d’avoir dissimulé les agissements de leurs confrères. Une des plaignantes, majeure au moment des faits qu’elle rapporte, a témoigné publiquement.

Le Bureau d’enquête du Kansas a révélé mercredi 20 mai avoir ouvert une enquête sur des allégations d’abus sexuels sur mineurs et de dissimulation de ces abus, visant des membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX).

Ces accusations ont été formulées à l’encontre d’une antenne de la FSSPX, installée dans la petite ville de St. Mary’s, située au nord-est du Kansas (2 600 habitants). En 1978, la société de prêtre traditionaliste — en conflit jamais achevé avec Rome — y a fondé une école qui accueille des élèves de la maternelle à la terminale. C’est dans cet établissement, que se seraient déroulés il y a plusieurs années certains des abus sur mineurs qui font aujourd’hui l’objet d’une enquête, selon des témoignages rapportés par la presse américaine.

Dix ans après la levée des excommunications, où en est la Fraternité Saint-Pie X ?

Des accusations récentes concernent en particulier un prêtre français, naturalisé américain en 2017, et déplacé depuis dans un autre État. Une des victimes du clerc, majeure aux moments des faits, a publié son histoire en janvier 2020 sur Facebook et dit avoir reçu des témoignages similaires de plusieurs autres personnes. Dans son message, elle raconte un parcours semé d’embûches pour alerter les autorités de la FSSPX de son histoire et déplore surtout que la société de prêtres ait cherché à minimiser et à couvrir les faits.

En avril 2018, elle a rencontré le Père Gerald Beck, assistant du supérieur du district américain des Lefevbristes, pour lui faire part de ses interrogations. Il lui aurait appris alors que le prêtre français était déjà soumis à certaines restrictions en raison d’une autre situation « d’imprudence » avec une femme, et qu’une enquête sur lui serait menée.

Des restrictions apostoliques

Après avoir attendu vainement des nouvelles, la plaignante a appris en novembre 2019 que le prêtre en question avait été nommé principal de l’Académie St. Thomas More à Sanford, en Floride. Elle a finalement pris contact en décembre 2019 avec le Père Jürgen Wegner, supérieur de district américain. Ce dernier lui a indiqué que le prêtre était déjà soumis à des « restrictions apostoliques » - interdiction d’entendre les confessions des femmes ou de leur donner une direction spirituelle, mais qu’aucune enquête n’avait été conduite. Le Père Wegner lui a dit en outre qu’il se rendrait en Floride pour voir par lui-même si quelque chose d’autre devait être fait pour protéger les enfants de l’école.

Après cette rencontre, la plaignante a vu un prospectus à la chapelle de la FSSPX à St. Mary’s, annonçant un pèlerinage en France dirigé par le père en question. « Il m’est alors apparu que les restrictions n’étaient pas aussi sévères que le père Wegner me l’avait laissé croire », a-t-elle expliqué.

En janvier 2020, la jeune femme a contacté le supérieur général de la FSSPX l’abbé Davide Pagliarani, qui lui a répondu en disant que l’affaire était de la compétence du district américain. Lorsqu’elle a menacé de rendre publique l’affaire, le service de communication de la FSSPX a contacté sa famille lui exprimant sa sympathie, tout en essayant de la dissuader de la publier. Après la publication le 19 janvier, elle assure avoir des témoignages d’autres victimes présumées ayant « des situations différentes, dans tous les États ». Elle a également appris l’existence de l’enquête du Bureau d’enquête du Kansas sur la FSSPX pour des faits similaires, et elle a contacté des agents du bureau d’enquête.

La FSSPX refuse un « tribunal des médias »

Le district américain de la FSSPX a répondu dans un communiqué du 28 avril que la Fraternité « s’est engagée à la transparence » et que « la justice doit être rendue de manière impartiale et selon les règles de droit, et non devant un 'tribunal des médias' qui enquête exclusivement sur les accusations et distille ses informations dans le but de diviser ou de détruire, et en multipliant les insinuations fausses et malveillantes ». La FSSPX note qu’elle a mis en place un plan de protection pour les victimes d’abus assorti de sanctions pour les prêtres qui s’en rendraient coupables.

« La Fraternité regrette profondément que certains de ses membres aient pu commettre des fautes graves et, dans les pires cas, des comportements criminels ou délinquants », ont ajouté ses représentants américains.

La FSSPX n’est pas en pleine communion avec l’Église catholique et dispose de sa propre structure hiérarchique. Sa gouvernance administrative n’est pas supervisée par les évêques diocésains du Kansas ou l’autorité du Vatican.


Héloïse de Neuville (Avec Cath.ch)


La Croix, 24/05/2020


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