La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde 2020-05-12 22:20:53 |
|
Imprimer |
PREMIÈRE PARTIE
La Maternité divine et la plénitude de la grâce
Article I LA PRÉDESTINATION DE MARIE
La grandeur du Christ et celle de sa Mère ne sont en rien diminuées.
Marie a donc été Prédestinée d'abord à la maternité divine. Cette dignité apparait supérieure encore si l'on remarque que la Sainte Vierge, qui a pu mériter la gloire ou le ciel, n'a pu mériter l'Incarnation ni la maternité divine, car l'Incarnation et cette divine maternité dépassent la sphère du mérite des justes, lequel est ordonné à la vision béatifique comme à sa fin ultime.
II y a à cela une autre raison vraiment démonstrative; c'est que le principe du mérite ne saurait être mérité ; or l'Incarnation est, depuis le péché originel, le principe éminent de toutes les grâces et donc de tous les mérites des justes ; elle ne peut donc être méritée. Marie, pour les mêmes raisons, n'a pu mériter ni de condigno, ni de congruo proprie, sa divine maternité, c'eût été mériter l'Incarnation.
Comme le dit très exactement saint Thomas, ce que Marie a pu mériter par la plénitude initiale de grâce qu'elle avait gratuitement reçue de par les mérites futurs de son Fils, c'est l'augmentation de charité et le degré supérieur de pureté et de sainteté qui convenait, pour qu'elle fût la digne Mère de Dieu. Ou encore, comme le dit ailleurs saint Thomas, « Marie n'a pas mérité l'Incarnation (ni la maternité divine), mais, le décret de l'Incarnation étant supposé, elle a mérité d'un mérite de convenance que celle-ci se ferait par elle », c'est-à-dire qu'elle a mérité le degré de sainteté qui convenait à la Mère de Dieu, degré que nulle autre vierge n'a mérité de fait et même ne pouvait mériter, car nulle autre n'avait reçu et ne devait recevoir la plénitude initiale de grâce et de charité qui fut le principe d'un tel mérite.
Cette première raison de l'éminente dignité de la Mère de Dieu, tirée de sa prédestination gratuite à ce titre le plus haut de tous, est d'une étonnante clarté. Elle contient trois vérités qui sont comme des étoiles de première grandeur dans le ciel de la théologie : 1° que, par un même décret, Dieu a prédestiné Jésus à la filiation divine naturelle et Marie à la maternité divine ; 2° que Marie a donc été prédestinée à cette divine maternité avant de l'être à la gloire et à un haut degré de gloire et de grâce, que Dieu a voulus pour elle pour qu'elle fût la digne Mère du Sauveur ; 3° que, tandis que Marie a mérité de condigno ou d'un mérite de condignité le ciel, elle n'a pu mériter l'Incarnation, ni la maternité divine, car celle-ci dépasse absolument la sphère et la fin ultime du mérite des justes qui est seulement ordonné à la vie éternelle des élus.
Cette raison a paru manifestement concluante à beaucoup de théologiens ; elle contient virtuellement ou même implicitement celles que nous exposerons à l'article suivant, et qui n'en sont que le développement, comme l'histoire d'un prédestiné, est le développement de son éternelle prédestination.
La gratuité de la prédestination de Marie
Quelques précisions sur l'éminente prédestination de Marie permettent d'en mieux saisir la gratuité. Il faut remarquer que le Christ est parmi tous les hommes le premier des prédestinés, puisque sa prédestination est l'exemplaire et la cause de la nôtre ; il nous a mérité de fait tous les effets de notre prédestination, comme le montre saint Thomas, IIIa, q. 24, a. 3 et 4.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|