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Les dangers du compromis avec le monde
par Abbé Néri 2020-05-02 21:07:00
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Une communauté de vie unit au Christ tous ses membres. Saint Athanase que nous célébrons aujourd'hui exprime cette union d'une manière remarquable :

« De même, en effet, que le Verbe, ayant pris un corps, est devenu homme, ainsi nous, les hommes, pris par la chair du Verbe, nous sommes divinisés par lui et faits héritiers de la vie éternelle ». (1)

Cette divinisation mystérieuse fait partie de l'économie de l'incarnation. C'est en effet par les sacrements qu'elle se réalise. Au cours de la Messe à l'offertoire, l’Église évoque cette union, dans le rite de la goutte d'eau : on laisse tomber au centre du vin pur, une humble goutte d'eau qui va s'y perdre. Le vin c'est le Christ, l'eau c'est nous.

Ce que l’Église a voulu marquer surtout c'est le privilège d'être adjoints au Christ par une union intime et nécessaire. Comme le manifeste d'une manière évidente l'oraison que prononce le prêtre :

« O Dieu qui avez admirablement créé la dignité de la nature humaine et l'avez restaurée plus admirablement encore, donnez-nous, par le mystère de cette eau et de ce vin, d'avoir part à la divinité de Celui qui daigna partager notre humanité ».

Ainsi nous-mêmes avons été tellement unis au Christ, que nous voici ses membres, joints intrinsèquement à Lui, chacun de nous partie de Lui, et donc chacun précieux à son cœur, aimé de Lui ineffablement, car « qui donc, dit l’Écriture a jamais haï sa propre chair ? ».

Lorsque donc le Christ est offert pour nous, sous les espèces du pain et du vin compte tenu de l'unité des membres avec le chef, notre âme est invitée à l'accompagner dans toutes ses démarches.

Le mystère indicible, à jamais incompréhensible et béni, c'est qu'elle le puisse ; qu'il nous soit possible d'encore expier quand il a expié, de mériter après ses infinis mérites, de nous livrer quand déjà il s'est offert. Il en est ainsi cependant, et il devait en être ainsi, parce que le corps entier en chacun de ses membres agit conjointement avec la tête et se porte là où elle le conduit.

Notre acte n'est nullement le sien – l'eau n'est pas le vin - il reste infiniment autre, infiniment distant, timide, minuscule, au regard du sien. Il est analogue cependant, par la miséricorde de sa grâce et de son amour, et par sa présence opérant en nous.

Nous pouvons nous unir spirituellement à cette offrande, mais l’assistance corporelle à la Messe permet avec la communion de la réaliser plus pleinement.

L'interdiction du culte publique constitue un obstacle particulièrement odieux vis-à-vis des fidèles. C'est pourquoi des voix autorisés se sont élevées pour dénoncer une forme de persécution implicite de l’Église.

Ainsi par exemple, Mgr. Schneider (2) « à fait remarquer que les restrictions draconiennes imposées par les autorités du Royaume Uni et d'autres pays montrent que ces gouvernements se servent du coronavirus comme d'un prétexte pour persécuter implicitement à l’Église Catholique. »

Les normes de confinement « s'opposent à toute proportionnalité raisonnable », a-t-il dit. Elles constituent « une espèce de discrimination et persécution de l’Église ».

« Les évêques et les conférences épiscopales – poursuit son excellence – et même le Saint-siège, devraient insister pour que les gouvernants accordent au moins quelques droits aux églises […] comme ceux qu'ils donnent aux établissements où on peut acheter des aliments. […] Si les gouvernants refusent aux églises les mêmes droits qu'aux commerces, ce qu'il font c'est discriminer la religion ».

Dans son audience générale – mercredi dernier – le Pape François pressentait la persécution comme une grâce :

« L’exclusion et la persécution, si Dieu nous en accorde la grâce, nous font ressembler au Christ crucifié et, en nous associant à sa passion, elles sont la manifestation de la vie nouvelle. Cette vie est celle du Christ qui, pour nous les hommes et pour notre salut, fut « méprisé et rejeté par les hommes » (cf. Is 53,3 ; Ac 8, 30-35). (3)

Cette grâce nous est offerte à différents degrés et principalement aux pasteurs faut-il encore l'accepter.

« Accueillir son Esprit peut nous conduire à avoir assez d’amour dans le cœur pour offrir sa vie pour le monde, sans faire de compromis avec ses mensonges et en acceptant qu’il nous refuse. Les compromis avec le monde sont le danger : le chrétien est toujours tenté de faire des compromis avec le monde, avec l’esprit du monde. » (4)

Il nous faut prier pour que nos pasteurs en premier ne cèdent pas à la tentation du compromis avec l'esprit du monde. Ils peuvent s'inspirer de la belle exhortation que saint Athanase faisait à ses frères dans l'épiscopat :

« Vous, mes frères, après les fatigues du combat, lorsque, par votre constance à repousser cette étrange et odieuse imagination des impies, vous serez devenus comme vos pères les modèles des peuples. Notre Seigneur alors vous couvrira d'une gloire éternelle. » (5)


(1) Saint Athanase, 3e Discours contre les Ariens, 34
(2) 29 de avril de 2020 (LifeSiteNews)
(3) Audience générale, 29 avril 2020
(4) Idem
(5) Saint Athanase, 1e Discours contre les Ariens, 23



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 Les dangers du compromis avec le monde par Abbé Néri  (2020-05-02 21:07:00)
      Merci ! par Marquandier  (2020-05-03 13:14:12)


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