un mythomane assez grossier par JVJ 2020-04-30 10:06:42 |
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MRP après la guerre, pseudo-libérateur de Dijon, grossier jusque dans les bans de l'Assemblée, figure certes pittoresque, ami de Khrouchtchev, en froid avec son évêque forcément…
Elu maire MRP de Dijon grâce à De Gaulle qui ne l'estimait pas (voir le journal de Claude Guy), mais qui n'a pas mis un RPF contre lui au dernier moment. Il y avait aussi la concurrence communiste qu'il s'agissait d'étouffer (certains ici l'oublient).
Il valait donc mieux un maire chanoine MRP, qu'un communiste, de mon point de vue… Il ne faut pas oublier les menaces d'insurrection et de prise de pouvoir, les luttes scolaires qui allaient reprendre.
Kir a eu un culot monstre en posant son derrière sur un char pour libérer Dijon. Mais il n'était plus résistant qu'un autre une semaine avant. Il a saisi l'occasion. Un lac artificiel mal fréquenté la nuit porte son nom, du côté où le char est entré.
Plusieurs ouvrages, du moyen au percutant.
Louis Muron, Le chanoine Kir, Presses de la Renaissance, 2004.
Un autre de Jean-François Bazin, journaliste et ancien élu régional de droite, homme sympathique.
Mais le plus instructif est le point de vue d'un historien (très sérieux, par ailleurs très à gauche et libertaire, le mieux à même de ne pas passer du vernis sur le chanoine…), Louis Devance (ancien maître de conférence à Dijon), Le chanoine Kir, l'invention d'une légende, Ed. U. de Dijon, 2007.
Aucune de ces trois biographies ne mentionne qu'après l'interdiction de Mgr Sembel de recevoir Nikita en soutane, le chanoine alla se réfugier deux jours chez son ami, l'abbé Abel Couchu, curé de Vaux-sous-Aubigny, au sud de Langres.
ici le plan du livre
Vous devriez chercher des comptes rendus de ce livre avant de vous y plonger. Muron est de l'histoire aimable, à raconter aux enfants.
Henri Vincenot en parle de manière codée dans un de ses livres, pas sous un angle avantageux.
Il est né à Alise-Sainte-Reine, au pied de la statue de Vercingétorix et d'Alésia. Cela, je n'ai pas besoin de wikipedia pour le savoir…
Il fut aussi curé de Bèze avant la guerre, comme un buste s'en souvient près de la fontaine.
J'ai connu des prêtres qui lui ont servi la messe matinale à Notre-Dame de Dijon, avant qu'il ne rejoigne son bureau à la mairie. On ne lui connaissait pas de vie parallèle et il était respecté de tous, vraiment.
Pour les esthètes, commander un Kir est du dernier vulgaire…
Ses saillies grossières à l'Assemblée (et pourquoi pas, cela change des discours ecclésiastiques tellement sirupeux qu'ils n'ont plus la moindre virilité…) sont consignées par ladite assemblée…
Je crois que pour l'évêque, avoir un maire prêtre au-dessus de la lui, était plutôt une gêne qu'autre chose. Surtout avec l'ecclésiologie d'alors. Le maire juif d'aujourd'hui n'aurait pas l'idée de critiquer son prédécesseur. Dijon eut aussi un maire gaulliste de très grande valeur, normalien, Robert Poujade. C'était le temps où des littéraires se faisaient élire et élevaient le niveau.
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