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La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange
par ami de la Miséricorde 2020-03-31 22:22:39
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CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LA GRACE DE LA BONNE MORT


II - Pouvons-nous mériter la grâce de la bonne mort ?

A cette raison profonde, bien des théologiens en ajoutent une autre, qui est une confirmation.

Le mérite proprement dit de condigno, ou fondé en justice, suppose la promesse divine d'une récompense pour telle bonne œuvre. Or Dieu n'a jamais promis la persévérance finale ou la préservation du péché d'impénitence finale, à ceux qui, pendant un temps plus ou moins long, observeraient ses commandements.

Bien plus, la persévérance finale consiste précisément dans cette obéissance jusqu'à la mort, elle ne peut donc être méritée par elle, car elle se mériterait elle-même. Nous revenons ainsi à la raison fondamentale : le principe du mérite ne saurait être mérité.

Et cette raison s'applique, toute proportion gardée, au mérite de congruo, fondé sur les droits de l'amitié qui nous unit à Dieu et dont le principe est aussi l'état de grâce.
Tout cela revient à dire que c'est la Miséricorde Divine et non la justice divine qui nous a mis en état de grâce et qui nous y conserve.

Sans doute le juste peut mériter la vie éternelle, qui n'est pas le principe du mérite, mais le terme. Encore faut-il pour qu'il l'obtienne, qu'il ne perde pas ses mérites, par un péché mortel avant de mourir. Par nos actes de charité nous n'avons pas un droit à être préservé du péché mortel.

C'est la Miséricorde qui nous en préserve. Et c'est là un des grands fondement de l'humilité chrétienne.

On a fait à cette doctrine communément admise par les théologiens une objection assez spécieuse.

On a dit : Qui mérite le plus peu mériter le moins. Or le juste peut mériter de condigno la vie éternelle, qui est plus que la persévérance finale. Donc il peut mériter celle-ci.
A cela saint Thomas répond (ibid. ad 2 et 3) : Qui peut le plus peut le moins, toutes choses égales d'ailleurs, oui ; autrement, non. Or il y a une différence entre la vie éternelle et la persévérance finale. La vie éternelle, loin d'être le principe de l'acte méritoire, en est le terme ; tandis que la persévérance finale n'est que l'état de grâce continué, état qui est, nous l'avons dit, le principe du mérite.

On insiste : Mais qui peut mériter la fin, peut mériter les moyens. Or la persévérance finale ou la bonne mort est le moyen nécessaire pour obtenir la vie éternelle. Et donc elle peut être méritée comme celle-ci.

Les théologiens répondent généralement en niant la majeure prise dans son universalité. Les mérites sont en effet des moyens d'obtenir la vie éternelle, et ils ne sont pourtant pas mérités ; il suffit qu'on puisse les avoir autrement. De même on peut avoir autrement que par le mérite la grâce de la persévérance finale ; on peut l'obtenir par la prière, qui ne s'adresse pas comme le mérite à la justice de Dieu, mais à sa Miséricorde.

On insiste encore : Mais si l'on ne peut mériter la persévérance finale, on ne peut mériter la vie éternelle, qui ne s'obtient qu'après.

D'après ce que nous avons dit, il faut répondre : Le juste peut par n'importe quel acte de charité mériter la vie éternelle, mais ensuite il peut perdre ses mérites par le péché mortel, et il ne recevra pas de fait la vie éternelle que s'il ne perd pas ses mérites ou que s'ils lui sont Miséricordieusement rendus par la grâce de la conversion. Aussi le Concile de Trente, sess. 6, cap. 16 et can. 32, dit-il que le juste peut mériter de recevoir la vie éternelle, si in gratia decesserit, s'il meurt en état de grâce.

Nous revenons à ce qu'a dit saint Augustin et après lui saint Thomas : ce don de la persévérance finale, s'il est donné, c'est par Miséricorde ; s'il n'est pas donné c'est par une juste châtiment de fautes généralement réitérées, qui ont éloigné l'âme de Dieu.

De là dérivent une foule de conséquences tant spéculatives que pratiques, notons seulement celle de l'humilité que nous devons avoir en travaillant avec confiance à notre salut.

Ce que nous venons de dire par un côté est redoutable ; ce qui nous reste à dire est au contraire fort consolant.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

     

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