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Saint Jean Damascène et la Providence
par Abbé Néri 2020-03-27 16:18:21
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Saint Jean naquit à la fin du VII ème siècle à Damas d'une famille noble et ancienne. Son maître fut Côme l'Ancien, moine venu de Sicile. En 726, il se rendit célèbre par la publication d'un ouvrage de défense des Saintes icônes. Il entra ensuite au couvent de Saint Sabbas en Terre Sainte. Prêtre en 735, il fut un exemple d'étude, de prière, d'humilité et d'obéissance pour ses frères chrétiens.

Le saint docteur a un enseignement sur la Providence qui nous fourni un moyen très approprié pour occuper utilement le temps dont nos disposons actuellement :

« La providence c’est la sollicitude de Dieu pour les êtres créés, c’est encore l’intention (la perspective), de Dieu qui dirige l’existence des êtres.

Si cette perspective divine est la providence, il s’ensuit nécessairement que tout ce qui advient par elle, est, à bien juger, le meilleur et le plus digne de Dieu, et meilleur que tout autre ; le même qui a fait les êtres doit en être la providence, car cela ne s’accorde pas que l’auteur des êtres ne soit pas leur providence ; il faudrait que des deux l’un soit incapable de faire, l’autre de prévoir.

Dieu est donc auteur et providence ; sa puissance créatrice, constituante et prévoyante, c’est sa volonté bonne.

« Tout ce qu’il a voulu, Dieu l’a fait dans les cieux et sur la terre » (Ps. 134-6) et à sa volonté nul ne s’est opposé. Il a voulu tout ce qui est, et tout a été ; il veut que le monde soit ainsi constitué, et il l’est; tout ce qu’il veut arrive.

Il prévoit et prévoit le meilleur ; on peut le mesurer à la rectitude des choses.

Dieu seul est bon et sage par nature, donc il prévoit ; celui qui n’avise pas à l’avance n’est pas bon. Même les hommes et les êtres sans raison prévoient par nature pour leur progéniture et l’on blâme l’imprévoyant. Et en tant que bon il prévoit le meilleur.

Il faut admirer tout et admettre sans plus examiner toutes les œuvres de la providence, même si bien des gens les trouvent injustes, parce que la providence de Dieu est inconnaissable et incompréhensible.

Lui seul connaît nos pensées, nos actes et les choses à venir.

Je précise. Tout ce qui ne dépend pas de nous, car ce qui dépend de nous n’est pas le fait de la providence, mais de notre libre-arbitre.

Les effets de la Providence

Parmi les effets de la providence, les uns viennent par bienveillance, les autres par permission.

Tout ce qui est bien vient assurément par bienveillance.

Par permission, il permet souvent que le juste connaisse des calamités pour que se montre sa vertu cachée ; c’est le cas de Job.

D’autrefois il laisse survenir des choses déroutantes pour que leur apparition dans la réalité amène un effet immense et admirable ; c’est le cas de la croix pour le salut des hommes.

Ou bien il laisse un saint souffrir héroïquement pour qu’il garde une conscience pure et ne tombe pas, à cause de la force et de la grâce reçues, dans l’orgueil; c’est le cas de Paul.

Certains sont abandonnés, dans certains cas, pour que d’autres se redressent en les voyant : c’est le cas de Lazare et du riche ; car par nature la vue de la souffrance nous étreint.

Un autre est abandonné pour la gloire d’un autre et non à cause de son propre péché ou celui de ses parents ; c’est le cas de l’aveugle de naissance pour la gloire du Fils de l’homme.

Dieu en laisse encore souffrir pour exciter le zèle, et que leur souffrance, magnifiée et glorifiée, agisse sur les autres qui espèrent cette gloire et aspirent aux biens à venir ; c’est le cas des martyrs.

Il laisse aussi parfois quelqu’un tomber dans des actions honteuses pour corriger une passion plus mauvaise ; c’est le cas de celui dont on vante les vertus et les actions d’éclats, que Dieu laisse aller à la fornication afin que cette chute le ramène au sentiment de sa faiblesse, qu’il s’humilie et vienne se confesser au Seigneur.

C’est nous, notons-le, qui décidons ce que nous allons faire, mais l’accomplissement, quand il s’agit du bien, tient au concours de Dieu qui dans sa justice et sa prescience aide ceux qui l’ont choisi avec une conscience pure ; quand il s’agit du mal, Dieu nous laisse à l’abandon, toujours dans sa justice et sa prescience.

L'Abandon de Dieu

Il y a deux formes d’abandon ; l’un par économie et pour instruire, l’autre est l’abandon final et sans espoir.

Le premier vient pour redresser celui qui souffre, pour son salut et son expérience, ou pour exciter le zèle des autres par l’exemple, ou encore pour la gloire de Dieu.

L’abandon suprême vient quand Dieu a tout fait pour sauver ; l’homme n’a rien appris, ou bien n’est pas guéri ; pis même, il est devenu incurable et persiste dans ses dispositions : il est alors livré à l’ultime perdition comme Judas.

Que Dieu nous épargne et nous préserve d’un tel abandon.

Sachons que la providence de Dieu a des voies nombreuses et qu’on ne peut ni les comprendre en raisonnant, ni les saisir intuitivement.

Sachons aussi que tous les mépris portés à ceux qui les acceptent avec action de grâce, amènent au salut et se changent en quelque chose d’utile.

Sachons encore que Dieu avant tout veut que tous soient sauvés, que tous trouvent son royaume. Il ne nous a pas pétris et façonnés pour le châtiment mais pour partager sa bonté, en tant que bon.

En tant que juste, il veut que les pêcheurs soient punis.

La volonté, la première, celle qui nous dirige et veut notre bien, vient de lui ; la deuxième, la volonté qui tolère et permet, est de notre faute.

Celle-ci est double :

l’une calculée pour instruire et pour notre salut,
l’autre désespérée pour le châtiment final, comme nous l’avons dit.

Cela concerne ce qui ne dépend pas de nous.

De celles qui dépendent de nous, il veut celles qui sont bonnes et les agrée.

Celles qui sont sales et de pure malice, il ne saurait ni nous y pousser, ni nous y suivre, mais il les laisse à notre libre-arbitre.

Ce que l’on obtient de force n’est pas le fait de la raison, ni de la vertu.

Dieu voit à l’avance pour toute la création et à travers toute la création ; il fait le bien en instruisant, même au moyen des démons (voir Job, ou la scène des porcs). » (1)


(1) De la foi orthodoxe livre I chapitre 29


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