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BALAYEZ ASTÉRIX !
par Amandus 2020-03-25 11:09:00
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Subversif et iconoclaste, le rire dans Astérix enflamme dans le même temps les tenants de la bonne morale qui s’inquiètent de l’avenir des enfants du baby-boom, les mêmes qui seront à l’origine des désordres de mai 1968. Sentant la cause perdue, ils tentent cependant un dernier baroud d’honneur dans la très catholique revue Itinéraires de février 1972. On peut y lire un article titré « Balayez Astérix ! » qui met en garde les mères de famille et les éducateurs contre la perversion morale et l’abrutissement, pour les jeunes publics, que représente le Gaulois. « Les blagues et les ironies d’Astérix […] donnent en pâture au rire bête l’autorité, l’histoire, l’armée, flétrissent enthousiasmes et admirations à coups de laideur, de déformation ignoble, tout être humain étant grimace pour ricanement automatique. »

Reflet du conflit générationnel, Astérix s’oppose aux codes d’un vieil ordre moral et participe, par son irrévérence, d’une rupture avec les discours religieux et les commémorations sérieuses de l’après-guerre, effritant le mythe résistancialiste d’une France unie face à l’invasion allemande.

Alors que Claude Beylie propose en 1964 d’utiliser l’expression « neuvième art » pour désigner la bande dessinée, l’hebdomadaire Spirou en fait un « musée » la même année et Francis Lacassin lui consacre un manifeste, Pour un neuvième art. La bande dessinée, en 1971. Peu à peu, les musées s’ouvrent aux récits en images et la création de festivals, comme celui d’Angoulême en 1974, achève de consacrer en moins d’une décennie un mouvement que le succès d’Astérix accompagne. En chef de file, Goscinny a su rassembler à Pilote une équipe composée des plus grandes signatures de l’époque (Fred, Giraud, Druillet, Forest, Christin, Lob…) et de la presse satirique comme Reiser, Cabu ou Gébé de Hara-Kiri, Claire Bretécher, Mandryka et Gotlib, qui fonderont ensuite L’Echo des savanes. En 1968, lorsqu’une fronde s’oppose à lui dans la rédaction, Goscinny répercute l’affront dans l’album La Zizanie (1970), démontrant qu’en porte-drapeau, Astérix donne aussi les moyens à cette génération révolutionnaire de s’émanciper en tuant son propre père.


Lucie Servin, L'Express Hors série, no 5,‎ octobre novembre décembre 2017


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