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La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange
par ami de la Miséricorde 2020-03-19 22:30:13
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CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE
CHAPITRE PREMIER - PROVIDENCE ET JUSTICE DIVINE

Providence et justice dans le cours de notre existence


La Providence et la Justice s'unissent pour nous donner pendant la vie présente ce qui nous est nécessaire pour atteindre notre fin, c'est-à-dire pour que nous puissions vivre honnêtement, selon la droite raison, pour que nous puissions connaître Dieu surnaturellement, l'aimer, le servir, et par ce moyen obtenir la vie éternelle.

Il y a sans doute ici parmi les hommes une grande inégalité de conditions naturelles et surnaturelles. Les uns sont riches, les autres pauvres ; les uns sont naturellement bien doués, les autres ont une nature ingrate, une santé débile, un tempérament chagrin. Mais le Seigneur ne commande jamais l'impossible, et nul n'est tenté au delà de ses forces aidées par la grâce qui lui est offerte. Sans doute le sauvage du centre de l'Afrique ou de l'Amérique a reçu beaucoup moins que nous ; mais s'il fait son possible selon que sa conscience le lui montre, il sera conduit par la Providence de grâce en grâce jusqu'à celle de la bonne mort ; la vie éternelle lui est accessible. Jésus est mort pour tous les hommes et parmi les adultes ceux-là seuls sont privés de la grâce nécessaire au salut, qui la refusent par leur résistance. Dieu, qui ne commande jamais l'impossible, offre à tous le nécessaire pour le salut.

Bien plus il n'est pas rare que la Providence et la Justice par la distribution des biens surnaturels compensent l'inégalité des conditions naturelles. Il n'est pas rare que le pauvre en sa simplicité plaise plus à Dieu que le riche, et reçoive de plus grandes grâces. Rappelons-nous la parabole du mauvais riche en saint Luc, XVI, 19-31 : « Il y avait un homme riche qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui faisait chaque jour splendide chère. Un pauvre nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères et souhaitant de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; mais les chiens mêmes venaient lécher ses ulcères.

Or il arriva que le pauvre mourut et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi,... et tandis qu'il était en proie aux tourments, il invoqua Abraham... qui lui répondit : « Mon fils, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie et que pareillement Lazare a eu ses maux : maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. » C'est dire que parfois la Providence et la Justice divines par la distribution des biens surnaturels compensent l'inégalité des conditions naturelles.

Il est dit aussi dans les béatitudes évangéliques que celui qui est privé des joies d'ici-bas se sent parfois plus attiré que les autres vers les joies de la vie intérieure. Notre-Seigneur nous le fait entendre en disant : « Bienheureux les pauvres en esprit..., bienheureux les doux..., bienheureux ceux qui pleurent... ceux qui ont faim et soif de justice,... ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ».

Certains de ses serviteurs, Jésus les aime cloués sur la croix, parce que ainsi ils sont plus semblables à Lui, par l'oblation effective de tout leur être pour le salut des pécheurs. Il continue à vivre en eux ; sa prière et sa souffrance durent en eux en quelque sorte jusqu'à la fin du monde, et surtout son amour, car l'amour parfait est la donation complète de soi.
Pour certaines personnes, toutes les routes de la vie à un moment se trouvent barrées ; aucun avenir humain ne s'offre plus à elles. C'est parfois le moment où une vocation supérieure leur est donnée. Certaines sont clouées sur un lit de douleur pendant de longues années. Il n'y a plus qu'une route ouverte, celle de la sainteté.

Ainsi la Providence et la Justice, en donnant à chacun le nécessaire, compensent souvent par la grâce l'inégalité des conditions naturelles. Elles nous récompensent aussi, dès cette vie, de nos mérites et nous rappellent nos grands devoirs par de salutaires avertissements, par des corrections bien méritées, qui sont des peines médicinales pour nous faire rentrer dans le droit chemin. Ainsi une mère qui aime son enfant d'un amour éclairé et fort, le corrige.

Si nous acceptons bien ces corrections salutaires, nous expions nos fautes et à leur occasion le Bon Dieu nous inspire une humilité plus sincère, un amour plus pur et plus fort. Les âmes se divisent selon qu'elles écoutent ou ne veulent pas écouter ces avertissements de Dieu.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde


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