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un prêtre se risque dans la science-fiction
par Cristo 2020-03-18 23:29:35
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cela avait plutôt réussi à Robert-Hugh BENSON, l'auteur du Maître de la terre, me direz-vous. Jugez vous-même :

CORONAViRUS : ENTRE SCIENCE ET FICTION
RÉCIT POUR TEMPS D’ÉPIDÉMIE

Au début, les hommes pensaient pouvoir faire face. Le virus, d’abord appelé coronavirus, puis Co-vid-19 ou SARS-CoV-2, paraissait devoir se limiter à la Chine. Seuls les pays dont le système sanitaire était fragile risquaient l’hécatombe, avertissaient les experts sur les plateaux de télévision. D’ailleurs, au début, les morts ne se comptaient que par centaines. Ou quelques milliers. Mais, à l’échelle de la Chine, cela n’avait rien d’alarmant. L’Europe changea de ton et d’attitude lorsque les premiers morts se rencontrèrent en Italie, puis en France, en Espagne, et un peu partout sur le continent. Et puis l’Organisation mondiale de la santé parla de pandémie. Quand tous les pays et tous les continents furent atteints, ce fut l’écroulement. Les bourses finirent par être suspendues, vu que toute activité économique avait cessé. Mis à part les secteurs de la santé et de l’alimentation, tout s’arrêtait. Les écoles et les universités, après les clubs de sport et les musées, fermèrent pays par pays. En France, même les gilets jaunes finirent par évacuer les derniers ronds-points. Une manifestante, qui distribuait du café aux automobilistes qui avaient klaxonné en guise de soutien, était morte de la maladie. Les églises aussi furent fermées, les rassemblements interdits. A l’époque, on croyait ces mesures suffisantes, et qu’aussitôt un certain pic d’épidémie atteint, le plus dur serait passé et tout reviendrait à la normale.

La démocratie plus forte que le virus

Dès le mois de mai 2020, les prévisionnistes annoncèrent une reprise explosive, un boom économique comme jamais l’humanité n’en avait connu. Les spéculateurs étaient au taquet. Les gouvernements ressortaient leurs projets, puisque les parlements pourraient bientôt à nouveau se réunir et adopter de nouvelles lois. Les vieillards, dont beaucoup étaient morts dans des maisons de retraite bouclées à double-tour, sans même avoir pu revoir leur famille ou recevoir la visite du prêtre, pourraient prochainement bénéficier du recours à l’euthanasie ou au suicide-assisté sans entraves. Une « pilule sans lendemain » verrait bientôt le jour, et assurerait une fin de vie tranquille et confortable à tous ceux qui le souhaitaient. Du côté des femmes, le droit à l’avortement allait être inscrit dans la constitution. L’interruption de grossesse jusqu’au neuvième mois en cas de fragilité psychologique ou sociale de la mère – ou du père – apparaissait comme une avancée nécessaire autant que précieuse. Une loi de protection des libertés individuelles prévoyait la cessation de toute aide sociale pour les opposants. Des
peines de prison frapperaient ceux qui s’obstineraient à défendre un ordre naturel et divin. Le président français, Emmanuel Macron, annonça le 14 juillet une grande relance européenne avec ses alliés italiens, espagnols, belges et allemands. Dorénavant un système unique de santé, mais aussi de sécurité et de défense, allait voir le jour dans l’Union. Un barème fiscal européen était aussi à l’étude, ainsi qu’un salaire minimum garanti, quelle que soit sa nationalité ou son origine. Les chefs d’Etat européens annoncèrent même l’intégration prochaine de la Turquie dans l’Union européenne. La date, fixée au 24 juillet 2023, correspondait au centenaire du traité de Lausanne. Mais ce fut au début du mois de septembre 2020 qu’eut lieu le terrible collapsus.

Le virus de Malte ?

Le pic qui avait été atteint en avril 2020 n’en était pas un. Il est vrai que la courbe des personnes infectées avait semblé marquer une pause. Celle des morts aussi. Le plus dur était passé, croyait-on. Déjà les bourses rouvraient et les gouvernements s’activaient pour relancer la plupart des secteurs économiques. Celui du tourisme annonçait une flambée des réservations. Les compagnies d’aviation, dont beaucoup avaient disparu dans la tourmente, reprenaient des couleurs. En revanche, les résidences pour personnes âgées avaient fait part de leur inquiétude en raison du nombre élevé de places vacantes. Heureusement, un député avait trouvé la solution : toute personne de plus de 65 ans placée dans un EHPAD se verrait offrir un chèque emploi-solidarité permettant une réduction d’impôt sur dix ans pour elle-même ainsi que pour la personne de son choix. Les résidences pour personnes retraitées (on ne disait plus âgées) étaient déjà submergées par les demandes. Mais le Covid-19 fit son grand retour. A la faveur des changements de saison et de sa diffusion dans l’hémisphère sud, le virus muta. Ce fut l’Institut Pasteur qui s’en rendit compte le premier. Les espoirs d’obtenir rapidement un vaccin disparurent aussitôt. A vrai dire, on ne sut jamais véritablement la cause de cette mutation. Toutes sortes de théorie circulèrent. Un évêque anglais y vit un complot du Mossad. Les Américains dénoncèrent une opération du Parti communiste chinois. On crut un moment que des Erythréens passés par l’île de Malte et accueillis au Vatican étaient à l’origine de la catastrophe. Mais le pape prit la parole pour dénoncer le retour des idéologies populistes et écarter cette thèse raciste et visiblement complotiste. Toujours est-il que le virus s’avéra beaucoup plus meurtrier. Désormais la population entière était touchée. La mortalité restait plus élevée chez les vieillards, mais dorénavant tous les âges étaient concernés. Les enfants aussi. Pas une famille qui ne fut endeuillée. Ce fut, bien plus qu’en mars, un effondrement total. La police, dont les rangs étaient décimés par la maladie, cessa de maintenir l’ordre en dehors des grandes villes et des instances étatiques. Partout la désolation se répandit, et les premières famines virent le jour sur des continents qui n’en avaient plus connu depuis les grandes guerres. Le gouvernement chinois, qui avait officiellement célébré la victoire sur le virus le 4 mai, lors de la fête de la jeunesse, dut déchanter à la fin de l’été, après la mousson. La reprise des échanges commerciaux avait en effet réimporté la maladie qui fit, cette fois-ci, des millions de victimes. Le 1er octobre, jour de fête nationale, on recensa 11.237 décès pour la seule ville de Pékin. Un record.

La catastrophe

Le monde fut paralysé. L’humanité à l’agonie. Des scènes que l’on croyait révolues et dignes des siècles de l’obscurantisme médiéval se jouèrent un peu partout, réelles celles-là. Même escortés par l’armée, les convois de nourriture étaient assaillis. Les pharmacies et les hôpitaux, même protégés par des vigiles armés, faisaient l’objet d’attaques quotidiennes. Il y eut des pillages et des émeutes. Les révoltes les plus sanglantes éclatèrent en France. Du moins furent-elles les plus médiatisées à travers le monde. Elles se déclenchèrent aussitôt que le recteur de la grande mosquée de Paris eut déclaré, lors d’un prêche du vendredi, que les biens des infidèles appartenaient de droit aux musulmans pieux et miséricordieux. Le vicaire général du diocèse de Paris, bien malgré lui, attisa l’incendie en invitant les fidèles catholiques à partager leurs biens « en ouvrant leur cœur à l’étranger ». Il fit sensation en fredonnant, à la télévision, d’une voix blanche : « Laisserons-nous à notre table un peu d’espace à l’étranger ? Trouvera-t-il quand il viendra un peu de pain et d’amitié ? ». Le soir même, des hordes furieuses pillaient l’archevêché. Largement médiatisées, ces terribles journées – il y eut deux semaines d’émeutes dans la capitale française, faisant plusieurs dizaines de milliers de morts – provoquèrent, comme autant de répliques, des épisodes tout aussi violents dans la plupart des villes européennes. De Berlin à Naples, de Lisbonne à Vienne, toutes les agglomérations connurent des soulèvements et des scènes horribles. Bruxelles brûla durant trois jours. Aujourd’hui encore, il est impossible de dresser un bilan exact des millions de victimes que fit la pandémie mondiale, directement ou indirectement. Il faut dire que les journalistes, qui par leurs déplacements colportaient le virus, versèrent un lourd tribut et moururent massivement, tantôt infectés, tantôt lynchés par une population excédée. Sans eux, le monde devenait aveugle et sourd. Une chose est sûre : le pape François partit en exil à la Noël et, tel un nouveau pape Clément, fut accueilli en Afrique équatoriale, seule région protégée de l’épidémie. Il installa le siège de Pierre à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire. Il eut beau canoniser Félix Houphouët-Boigny, les autorités africaines refusèrent d’accueillir les millions de réfugiés qui tentaient de traverser la mer Méditerranée depuis l’Europe. Unanime, l’Union africaine dénonça un néo-colonialisme inacceptable. Le maréchal Haftar, maître de la Libye, donna depuis Tripoli la canonnade pour couler les embarcations venues de Marseille, de Lampedusa et de Crète. L’ancien président Sarkozy déclara que les peuples noirs venaient enfin d’entrer dans l’histoire.

L’effondrement

Il fallut attendre deux longues années. Les villes avaient fini par se vider. Le retour à la terre avait été particulièrement chaotique, vu que chacun tenait à s’isoler dans sa propre ferme. Au moins ne mourrait-on plus de faim. Mais la disette était partout. Toutes sortes de rumeurs circulaient. On disait que l’Amérique du Sud n’était plus qu’un cimetière à ciel ouvert. Le virus avait développé une forme singulièrement maligne qui emportait les malheureux, infectés en quelques heures. Les corps suffoquaient, prostrés et tordus de douleur. En Iran, le pays avait perdu la moitié de sa population. Le régime des Mollahs s’était effondré. Moscou assurait désormais l’ordre public à Téhéran, mais le président turc, Recep Erdogan, en avait profité pour envahir la Syrie et massacrer les Kurdes. Israël occupait à nouveau le sud du Liban et l’ensemble du Golan jusqu’à la plaine de Damas. Aux Etats-Unis, l’épidémie, qui un temps avait semblé endiguée, avait touché le pays de plein fouet à l’été 2021. Le nouveau président, Joe Biden, fut tenu pour responsable par une partie de l’opinion. Sa décision d’ouvrir les frontières avec le Mexique et de démanteler « le mur de la honte » avait en effet suscité beaucoup d’émoi. Mais il semble que ce soit la fin de l’embargo sur Cuba, où le virus était très répandu malgré les dénégations officielles, qui ait été la véritable cause du regain d’épidémie.
Bernie Sanders, candidat malheureux à la primaire démocrate un an plus tôt, contracta le mal lors d’un séjour à Varadero. Il rapporta la maladie dans sa ville de Burlington où, après une rapide agonie, il mourut dans un râle lugubre. Ce fut l’origine de l’épidémie qui se montra particulièrement virulente dans le Vermont. Elle se répandit jusqu’à Montréal. Le premier ministre, Justin Trudeau, qui venait de perdre son épouse, n’avait pas voulu fermer la frontière.

L’espoir

La rumeur la plus folle commença à se répandre au printemps 2022. A la stupéfaction générale, un remède avait été mis au point. Les grands laboratoires pharmaceutiques, lancés dans une course effrénée, n’avaient pas réussi à trouver le bon vaccin. Mais on rapportait qu’en Orient, un chercheur isolé disposait d’un traitement vraiment efficace, non seulement capable d’immuniser le malade en produisant des anticorps, mais aussi d’éliminer les agents pathogènes. Il se proposait d’en faire profiter tous ceux qui viendraient à lui. Malgré les risques – l’insécurité était partout – et les imprécisions quant au lieu exact où trouver le génial découvreur et sa géniale découverte, tous ceux qui le purent se mirent en marche, séance tenante. Les quolibets ne manquèrent pas. Les interdictions de voyager, de se réunir ou de se rassembler en découragèrent plus d’un. Galvanisés, les « pèlerins de la santé » – ainsi les avait-on baptisés – se retrouvèrent par foules entières en Orient, le cœur serré et rempli d’espoir. Ils ne furent pas déçus. Le remède, très simple, procurait la guérison instantanée des malades et la protection immédiate des personnes encore saines. Il suffit bientôt de retourner chez soi, en touchant le plus possible de gens, par une sorte de contamination inversée, de sainte épidémie apportant la santé des corps et le réconfort de tous. L’humanité sortait du cauchemar. L’épidémie du Covid-19 ou SARS-CoV-2 était vaincue. Le monde était sauvé.

Epilogue : retour au réel

Le coronavirus est quatre mille milliards de fois plus petit qu’un grain de sable. Mais il suffit pour mettre l’humanité à genoux. Invisible et insidieux, il fait planer une menace aussi terrible que les guerres. Universel, il est capable de provoquer l’effondrement des économies, l’arrêt des activités et des communications, sans parler de la crainte panique et de la frénésie des passions. Il peut précipiter le genre humain dans le chaos et la guerre de tous contre tous. Pour en être délivré, trouver un vaccin est la seule issue. Face à l’épidémie, le remède est absolument nécessaire pour le salut de l’humanité. Qu’en est-il des âmes et de leur salut éternel ? Dieu a créé l’homme pour le connaître, l’aimer et le servir. Livrée à elle-même, l’humanité est aujourd’hui accaparée par les biens terrestres et se croit toute-puissante pour repousser les limites et changer, s’il se pouvait, jusqu’à la nature humaine. Colosses aux pieds d’argile, les hommes vacillent. Ils voudraient à toute force légaliser l’euthanasie pour se débarrasser des vieillards et des infirmes, et les voici forcés de prendre des mesures pour protéger les anciens et les personnes les plus vulnérables. Ils s’en prennent aux plus faibles, aux bébés dans le sein de leur mère comme aux enfants à qui le mensonge des idéologies est inculqué dès le plus jeune âge, et voici que le coronavirus épargne justement les plus petits. Qui apportera aux hommes le remède au manque de foi, à la cécité spirituelle et à l’endurcissement du cœur ?
L’Imitation de Jésus-Christ indique quel est ce remède, et comment l’humanité aveugle et pécheresse peut se relever. A la messe, le Sauveur des hommes offre inlassablement le prix de leur rachat. Jésus-Hostie, c’est Dieu incarné, immolé et ressuscité pour leur salut. « Si cet adorable sacrement ne s’accomplissait qu’en un seul lieu et qu’un seul prêtre dans le monde entier consacrât l’hostie sainte, avec quelle ardeur les hommes n’accourraient-ils pas en ce lieu, vers ce prêtre unique, pour voir célébrer les saints mystères ! Mais il y a plusieurs prêtres, et le Christ est offert en plusieurs lieux, afin que la miséricorde et l’amour de Dieu pour l’homme éclatent d’autant plus, que la sainte communion est plus répandue dans le monde. Je vous rends grâce, ô Jésus, Pasteur éternel, qui dans notre exil et notre indigence, daignez nous nourrir de votre Corps et de votre Sang précieux, et nous inviter de votre propre bouche à la participation de ces sacrés mystères, disant : “Venez à moi, vous tous qui portez votre fardeau, et je vous soulagerai” » (Imitation de Jésus-Christ IV, 1).

Abbé Christian Thouvenot

https://fsspx.news/fr/coronavirus-entre-science-et-fiction-56138


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