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François dénonce les donatistes et les puritains dans l'Eglise
par Jean Kinzler 2020-02-28 16:59:59
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The Pope's remarks yesterday are potentially very telling
Christopher Altieri
February 28, 2020 at 12:06 pm


Les remarques que le pape François a préparées pour la liturgie pénitentielle de jeudi à l'archibasilique de la cathédrale Saint-Jean de Latran à Rome sont tentantes pour les lecteurs de feuilles de thé. On peut cependant résister à cette tentation et glaner dans ses remarques préparées un aperçu non négligeable de l'esprit de François, le gouverneur de l'Église universelle.

La réflexion était remplie de phrases que tout lecteur curieusement familier avec l'état actuel de l'Église et le leadership du pape François dans ce chapitre de sa vie ne pouvait guère manquer de prendre pour des allusions aux circonstances ecclésiastiques et au gouvernement papal.

Par exemple : La grande tentation du berger", a déclaré le pape François dans une section sur l'amertume de la vie sacerdotale, "est de s'entourer de "ses propres". Il n'est pas vraiment possible d'entendre cela sans penser à la décision de François lui-même de confier la gestion de la réforme curiale - le projet principal de son pontificat - à un groupe de fidèles hauts dignitaires de l'Eglise (dont beaucoup sont arrivés à ce poste avec un bagage important).

Néanmoins, c'est précisément ce que le pape François a demandé à son audience de faire.

"Ces lignes", a écrit le pape François dans les remarques préparées, que le vicaire général de Rome, le cardinal Angelo De Donatis, a lues à sa place, "sont le fruit de l'écoute de quelques séminaristes et prêtres de divers diocèses italiens et ne peuvent ou ne doivent pas faire référence à une situation spécifique".

Ils s'appliqueront alors de manière générale, c'est-à-dire qu'ils s'appliqueront au siège de la capitale italienne ainsi qu'à tout autre siège.

En tout cas, l'invocation de Saint Benoît de Nursie par François est également intéressante. "Saint Benoît dans sa règle", écrit le pape François, "recommande à l'abbé, lorsqu'il doit faire face à une décision importante, de consulter toute la communauté, y compris les plus jeunes membres". Ogni riferimento è puramente casuale, comme disent les Italiens - sauf qu'il nous est explicitement interdit de prendre une référence spécifique, aussi désinvolte soit-elle.

" [Saint Benoît] poursuit en rappelant que la décision finale appartient à l'abbé seul, écrit François, que tout doit être disposé avec prudence et équité, " ou justice. C'est peut-être trop culotté d'entendre des échos de la phrase souvent citée de George W. Bush, "Je suis le décideur", mais, voilà.

Il est juste de rendre l'equità italienne avec "équité" d'ailleurs. C'est juste, mais ce n'est pas parfait. Aequitas est un mot fascinant, et dans ce contexte, un terme d'art : Cicéron nous dit que l'aequitas est la police et la source de la bonne disposition des choses dans l'univers - l'ordre du cosmos - et il lui donne une triple structure, dont chaque partie est un élément constitutif d'un tout qui englobe tout ce qui est, était ou sera : pietas (ce que nous devons aux dieux célestes) ; sanctitas (ce que nous devons aux morts) ; iustitia (ce que nous nous devons les uns aux autres), que Cicéron assimile à aequitas dans le locus classicus (thèmes 90).

Les deux meilleurs endroits où aller pour lire la discussion plus approfondie de Cicéron sur les affaires, d'ailleurs, sont dans la République et les lois de Cicéron. Le résultat pratique de tout cela est que déterminer exactement ce que nous nous devons mutuellement est précisément le travail de la justice, qui incombe aux dirigeants dans des circonstances controversées.

C'est l'une des raisons pour lesquelles on peut se pardonner de penser que le pape François proteste trop lorsqu'il écrit : "Pour Benoît, l'autorité n'est pas en discussion - au contraire, c'est l'abbé qui répond à Dieu pour sa conduite du monastère". L'autorité est précisément ce qui est en cause - sa nature, sa portée et son exercice - et les diocèses ne sont pas des monastères, pas plus que les presbytères diocésains ne sont des communautés monastiques.

Lorsque François écrit sur "le vrai problème, qui s'embrase", il a quelques autres observations intéressantes à faire à cet égard.

"Ce ne sont pas les divergences", écrit-il, "ni, peut-être, les erreurs". Parenthetiquement, il propose que "tout évêque a le droit de faire des erreurs comme les autres créatures", avant d'identifier l'une des deux causes d'amertume, qu'il décrit comme "très sérieuse et déstabilisante pour les prêtres". Il constate "une certaine dérive autoritaire douce" et la décrit de façon phénoménologique.

"Ceux d'entre nous qui voient les choses différemment ne sont pas acceptés", écrit-il. "Pour un mot, on est transféré dans la catégorie de ceux qui sont opposés : pour une distinction pointue [It. un distinguo], on est inscrit parmi les mécontents", propose Francis. "La parrhesia est enterrée par le désir frénétique d'imposer des projets", et, "le culte des initiatives remplace l'essentiel : une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu, le Père de tous".


Qu'elle soit destinée ou non, cette série d'observations est une description pertinente de la controverse ecclésiastique qui a éclaté dans le sillage d'Amoris laetitia. Certains évêques et parfois des conférences entières ont pris l'invitation sincère du Pape à un discernement sans peur comme un feu vert pour changer la politique disciplinaire sous le couvert de la "mise en œuvre" des directives pastorales du Pape. D'autres hauts dignitaires de l'Église ont exigé une réitération des règles en vigueur.

La tribune des cacahuètes a appelé d'un côté le pape à punir les mécontents, et de l'autre pour que le pape cesse de jouer du violon et soit catholique.

"L'adhésion aux initiatives, écrit le pape François, risque de devenir la mesure de la communion". La communion, cependant, "ne coïncide pas toujours avec l'unanimité des opinions, et on ne peut pas non plus prétendre que la communion soit unidirectionnelle : les prêtres doivent être en communion avec l'évêque - et les évêques en communion avec les prêtres. Ce n'est pas un problème de démocratie, mais de paternité", écrit François.

Le pape François n'explique pas en quoi cela correspond à son insistance sur le fait que la question n'est pas une question d'autorité.

Il aborde cependant la crise actuelle du leadership et la manière dont cette crise affecte les prêtres dans le ministère. Le Malin nous tente en nous poussant vers une vision "donatiste" de l'Église", écrit le pape François, ajoutant qu'il veut dire que les sans-péchés sont comptés parmi ses membres et que ceux qui ont commis des erreurs sont expulsés.

"Nous avons de fausses conceptions de l'Église militante", dit-il, "une sorte de puritanisme ecclésiologique. L'Épouse du Christ est et reste le champ dans lequel poussent le blé et l'ivraie jusqu'à la Parousie", c'est-à-dire le Second Avènement.

On se réjouit à ce stade de sa mise en garde contre l'application à des circonstances particulières, car on ne voudrait pas prendre sa remarque comme une explication de sa réticence déclarée, dans certains cas, à renvoyer définitivement de l'état clérical des hommes qui ont commis des actes d'abus, y compris sexuels. Il convient également de mentionner qu'une disposition anti-donatiste est une justification permanente de la résistance de Fabian à la réforme ecclésiastique.

Aucun homme sain d'esprit n'expulserait de l'Église même les auteurs d'abus les plus odieux - car c'est leur souhaiter l'enfer - mais l'expulsion de l'État clérical n'est pas une expulsion de l'Église. François lui-même a dit que le cléricalisme est une cause majeure de la crise actuelle. Il n'a pas tort. Lorsque la pire chose que l'autorité de l'Église puisse faire à un clerc criminel est d'en faire un laïc, on peut se demander quelle est la profondeur du cléricalisme.

Heureusement, nous savons que le pape François ne voulait pas dire cela.

Si nous sommes effectivement entrés dans une nouvelle phase de ce pontificat, dans laquelle la gouvernance du pape attirera plus d'attention que ses paroles, alors peut-être que ces paroles concernant la gouvernance peuvent en tout cas être une clé pour comprendre pourquoi il gouverne comme il le fait, et ce qu'il essaie de faire.

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