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L'amertume de Tincq... par Justin Petipeu 2020-02-13 15:11:27 Imprimer Imprimer

Le pape François cède aux conservateurs

Henri Tincq — 13 février 2020 à 11h22
Le souverain pontife ferme la porte aux prêtres mariés et aux ministères de femmes qui avait été ouverte par le synode des évêques sur l'Amazonie, organisé en octobre 2019 au Vatican.


Pour les catholiques progressistes, c'est la douche froide. Le pape réformateur, jésuite et latino-américain, promu par surprise il y a exactement sept ans à la tête de l'Église, était le seul capable de mettre en œuvre cette mini-révolution que, depuis des décennies, ils appellaient de leur vœux: dans un contexte de crise des vocations religieuses, mettre fin au tabou des prêtres exclusivement masculins et célibataires, ouvrir la voie à une ordination des hommes mariés et aussi des femmes. C'est tout le visage de l'Église catholique qui en aurait été changé.

Les catholiques qui s'impatientent souvent de la sclérose de l'institution, qui dépriment devant l'accumulation des scandales d'agressions sexuelles commises par des prêtres, croyaient dur comme fer à cette révolution.

Spectaculaire demande

En octobre 2019, le pape François, réputé à Rome pour être «un po'furbo» («un peu rusé»), a convoqué au Vatican un sommet d'évêques pour parler de l'Amazonie, connue pour ses désastres écologiques mais aussi pour être l'une des régions du monde les plus étendues –34 millions d'habitant·es réparti·es sur huit pays–, où les communautés de fidèles sont les plus dispersées et démunies, privées de messes, de sacrements, de soutien spirituel, menacées par la concurrence sauvage de groupes évangéliques prosélytes.

En trente ans, 46% des catholiques d'Amazonie auraient abandonné leur Église pour s'orienter majoritairement vers l'évangélisme. La pénurie de prêtres s'explique par l'étendue du territoire, ses difficultés d'accès, et par un obstacle d'ordre culturel: pour des populations autochtones, être homme et célibataire est inconcevable.

Il n'était plus possible de continuer à repousser l'évidence: pour répondre au manque de prêtres capables d'assurer la messe, la prédication, la confession et les autres sacrements, il faudrait ordonner des «viri probati», un jargon latin servant à désigner les hommes d'âge mûr, éventuellement mariés, d'expérience humaine et chrétienne reconnue.

Au cours de ce sommet d'évêques au Vatican, appelé synode, tout était en place pour faire sauter l'un des verrous les plus anciens et indestructibles de l'Église, remontant au XIIe siècle. C'est en effet en 1139 que le deuxième concile du Latran avait imposé l'interdiction, pour les hommes mariés, d'être ordonnés prêtres. De toutes les confessions chrétiennes, l'Église romaine est la seule à avoir maintenu, à travers les siècles, cette discipline absolue des prêtres célibataires.

Dès l'ouverture du synode sur l'Amazonie, le pape François avait demandé aux évêques de bannir toute autocensure, et une large majorité d'entre eux se sont prononcés en faveur de ce qui restera comme une brèche historique dans la discipline de l'Église catholique.

Adoptée à la majorité des deux tiers, une proposition ouvrait, pour la première fois dans l'histoire, la possibilité d'ordonner prêtres des hommes mariés et préparés pour cette tâche. Elle formulait une spectaculaire demande: que cette mesure destinée à des régions du monde où les communautés souffrent du manque de prêtres ne soit pas seulement applicable à l'Amazonie mais au monde entier, selon une «approche universelle».

La ligne de la réforme l'avait donc emporté nettement au cours de ce sommet épiscopal, confirmée par la reconnaissance, également sans précédent, de ministères féminins spécifiques –comme celui de femme diacre, ou «diaconesse», qui a une origine historique ancienne mais que l'Église catholique avait supprimé, pour ne pas risquer d'avoir un jour à ordonner des femmes prêtres.

C'est une autre anomalie qui ne touche pas que l'Amazonie: les femmes sont les vrais piliers des communautés chrétiennes. Elles assurent la liturgie, la catéchèse, le service des malades, sans avoir le droit de célébrer la messe ni aucun autre sacrement.

Demain, il faudra déchanter. La mini-révolution n'aura pas lieu.


Recul apparent

Il appartenait au pape de ratifier –ou non– ces souhaits émis par le synode d'évêques. Dans l'exhortation apostolique publiée à Rome le jeudi 12 février, intitulée Chère Amazonie, dans laquelle il dénonce toutes les formes d'exploitation dont est victime ce «continent», François ferme la porte aux prêtres mariés et aux femmes diacres. Il cède aux conservateurs.

Le pape se contente d'«exhorter tous les évêques» à envoyer plus de missionnaires en Amazonie, rend hommage au rôle des femmes pour transmettre la foi dans ces communautés lointaines, estime qu'elles devraient avoir plus de place dans la hiérarchie de l'Église, sans donner plus de précisions.

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