bon, ben, alors, on va y aller, par pacem tuam da nobis, Domine 2019-11-06 11:59:42 |
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mais tout d'abord, cher Ewondo, permettez-moi de vous laisser l'entière responsabilité de l'appréciation de votre QI, appréciation que démentent éloquemment et magnifiquement tous vos messages. Je crois même pouvoir affirmer, sans crainte de trop m'avancer, que vos liseurs partageront mon avis.
Ce point réglé, venons-en à l'“affaire”. Traiter la conférence des évêques de France de «cochonnerie gallicane», cela vous paraîtrait-il subtil? Traiter les évêques qui la composent de «prêtres jureurs transsexuels», cela vous paraîtrait-il d'une subtilité encore plus subtile? Prétendre enfin que cette insulte à leur encontre serait encore trop les honorer, car elle insulterait à son tour «la virilité potentielle de nos femmes quand elles défendent le bifteck» (comprendre «ces évêques sont même moins virils que des femmes» [en passant, n'y aurait-il pas là quelque machisme caché?]), cela vous paraîtrait-il subtilissime? Allez, vous pratiquez avec trop de virtuosité l'ironie et êtes en vérité trop subtil pour n'avoir pas compris: inutile donc de «faire la bête», oserais-je ajouter respectueusement et humblement.
Voilà pour le titre. Reste le «corps du message» qui, dans ma première intention, aurait dû être simplement et entièrement vide, pour signifier la vacuité du message auquel je réponds. Mais il se trouve que le FC interdit un message composé exclusivement d'un titre. J'ai donc mis un «‘Penser’, chez vous, ce doit être un synonyme de ‘se décharger’» qui me paraissait clair, mais s'il faut expliquer ce propos, j'en laisserai le soin à Proust: la maison, vous le voyez, n'hésite pas à faire appel à du personnel haut de gamme et hautement qualifié. La citation est un peu longue, certes, mais elle vaut la peine d'être lue et méditée (je me suis permis de mettre en gras et/ou en italiques les points essentiels).
Mes promenades de cet automne-là furent d’autant plus agréables que je les faisais après de longues heures passées sur un livre. Quand j’étais fatigué d’avoir lu toute la matinée dans la salle, jetant mon plaid sur mes épaules, je sortais : mon corps obligé depuis longtemps de garder l’immobilité, mais qui s’était chargé sur place d’animation et de vitesse accumulées, avait besoin ensuite, comme une toupie qu’on lâche, de les dépenser dans toutes les directions. Les murs des maisons, la haie de Tansonville, les arbres du bois de Roussainville, les buissons auxquels s’adosse Montjouvain, recevaient des coups de parapluie ou de canne, entendaient des cris joyeux, <b>qui n’étaient, les uns et les autres, que des idées confuses qui m’exaltaient et qui n’ont pas atteint le repos dans la lumière, pour avoir préféré, à un lent et difficile éclaircissement, le plaisir d’une dérivation plus aisée vers une issue immédiate. <em>La plupart des prétendues traductions de ce que nous avons ressenti ne font ainsi que nous en débarrasser, en le faisant sortir de nous sous une forme indistincte qui ne nous apprend pas à le connaître</em></b>. Quand j’essaye de faire le compte de ce que je dois au côté de Méséglise, des humbles découvertes dont il fut le cadre fortuit ou le nécessaire inspirateur, je me rappelle que c’est cet automne-là, dans une de ces promenades, près du talus broussailleux qui protège Montjouvain, que je fus frappé pour la première fois de ce désaccord entre nos impressions et leur expression habituelle. Après une heure de pluie et de vent contre lesquels j’avais lutté avec allégresse, comme j’arrivais au bord de la mare de Montjouvain, devant une petite cahute recouverte en tuiles où le jardinier de M. Vinteuil serrait ses instruments de jardinage, le soleil venait de reparaître, et ses dorures lavées par l’averse reluisaient à neuf dans le ciel, sur les arbres, sur le mur de la cahute, sur son toit de tuile encore mouillé, à la crête duquel se promenait une poule. Le vent qui soufflait tirait horizontalement les herbes folles qui avaient poussé dans la paroi du mur, et les plumes du duvet de la poule, qui, les unes et les autres se laissaient filer au gré de son souffle jusqu’à l’extrémité de leur longueur, avec l’abandon de choses inertes et légères. Le toit de tuile faisait dans la mare, que le soleil rendait de nouveau réfléchissante, une marbrure rose, à laquelle je n’avais encore jamais fait attention. Et voyant sur l’eau et à la face du mur un pâle sourire répondre au sourire du ciel, <b>je m’écriai dans mon enthousiasme en brandissant mon parapluie refermé : « Zut, zut, zut, zut. » Mais en même temps je sentis que mon devoir eût été de ne pas m’en tenir à ces mots opaques et de tâcher de voir plus clair dans mon ravissement</b>.
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