Cher Philippilus, par Ezio Fortin 2019-07-08 12:27:16 |
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Pour répondre rapidement à votre question, avant de poster le premier des poèmes que je vais proposer à l'attention des liseurs, de façon générale, pour que vraie étude de la poésie il y ait, il faut au préalable qu'elle soit prise au sérieux.
Cela implique donc de prendre du temps, de se poser, tout ce que rend impossible de prime abord notre époque, où règnent l'éphémère, le divertissement, la spontanéité, l'absence d'émerveillement devant la beauté du monde qui nous entoure, scotché que l'Homme actuel est devant son portable, propulsé qu'il est en quelques heures dans le même temps à l'autre bout du monde en avion...
J'ajouterai qu'il faut aussi et surtout que la poésie soit un art bien vivant, et que l'étude des grands ancêtres débouche sur un travail de création. Or, la poésie est dans une situation de coma depuis je dirais en gros les années 50 du dernier siècle, ceux continuant à composer de beaux textes le faisant dans l'ombre, les pseudo poètes officiels, partisans de l'a-poésie (certains poussent ainsi des cris inarticulés devant une salle vide, ou enchaînent des mots dénués de sens général, pour prendre les extrêmes…), n'étant lus par personne, quand bien même ils sont grassement payés par certains institutions publiques, municipalités, régions ou autres.
Autrement, c'est de la dissection d'un cadavre, ce qui ne passionne qu'une minorité.
Enfin, il y a un gros problème d'appauvrissement du vocabulaire aujourd'hui, qui fait que beaucoup de nos contemporains, même ceux ayant fait des études (mais d'où les Humanités ont été évacuées en grande partie, d'où des techniciens, coupés du Passé et de la grande Culture des siècles passés) ont du mal à comprendre beaucoup de mots.
Je termine sur les auteurs italiens que vous citez : ce qui fait la beauté d'un texte poétique, dans toutes les langues, est sa musicalité, qui s'estompe forcément dans une traduction.
Mais je pourrais écrire des heures sur ce sujet, donc laissons déjà à tous la possibilité d'évaluer mon niveau, en proposant un premier texte.
Pour conclure : la poésie va de paire avec des esprits libres, enracinés dans la réalité, les pieds sur terre, mais les regards tournés vers les cieux, comprenant que les règles héritées des siècles passées sont un cadre permettant de s'épanouir, à condition de jouer avec... Tout cela ne colle pas vraiment avec l'idéal ras-de-terre de beaucoup aujourd'hui.
Bien poétiquement vôtre
Ezio F.
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