Que de confusion lorsque l'on parle de liturgie! par Signo 2019-07-06 00:37:34 |
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Il y a du bon et du mauvais dans toutes les "positions" ici évoquées. Mais là n'est pas la question.
D'abord, se concentrer sur la réforme des missels est pour l'instant une perte de temps. Une réforme d'un missel a du sens quand clercs et fidèles sont imprégnés de l'esprit de la liturgie. Si ce n'est pas le cas, on fait des réformes dans le vide qui n'aboutissent à rien, soit parce qu'elles ne sont pas suivies, soit parce qu'elles aboutissent à des résultats inverses de ceux escomptés car comprises de travers.
Ce qui faut, c'est restaurer l'esprit de la liturgie. Pour cela, il n'y a pas le choix: il faut se mettre en contact avec des lieux dans lesquels le fleuve de la Tradition coule encore. A part les monastères (pas n'importe lesquels évidemment), dans le monde occidental je n'en vois aucun. Donc les prêtres (même tradis), devraient effectuer des stages dans les abbayes pour se réapproprier cet ars celebrandi qui fait tant défaut presque partout. Il paraît que l'abbaye de Randol propose des sessions de formation intéressantes.
Ensuite le clergé devra entraîner les fidèles dans ce mouvement, même si ils ont eux aussi un rôle actif à jouer... par exemple en se formant.
Ensuite, il faut que cet ars celebrandi corrige les défauts de mise en oeuvre des deux missels (1962 et 1969).
Cela donne un 1969 orienté, partiellement en latin, en grégorien, avec tous les ornements et la paramentique traditionnelle (j'ai bien dit traditionnelle, je n'ai pas dit du XIXe siècle).
Cela donne un 1962 chanté avec soin et recueillement là où ce n'est pas encore le cas, on se débarrasse du decorum Mme de Pompadour avec ses franfreluches et ses tralalas, et on revêt enfin de vrais vêtements liturgiques, ceux dont la forme est définie par la Tradition et non par le coutumier de la Cour de Louis XV. On n'oublie pas que les fidèles sont prêtres par le baptême et on en tire toutes les conséquences liturgiques qui s'imposent, sans évidemment sortir des rails de la Tradition. Au niveau des modifications pratiques du missel, cela donne l'union du prêtre et du peuple par la fin de la superposition messe basse du prêtre/messe chantée des fidèles, tout le monde chante en même temps la même chose et donc, par pitié, on arrête de s'asseoir pendant le Kyrie, le Gloria et le Credo. Pater entonné par le prêtre et chanté par tout le peuple (La FSSPX, rassurez vous, ça se fait très bien depuis plusieurs années dans ma paroisse VOM et jusqu'ici personne n'en a fait de l'urticaire; pas de conversions massives au protestantisme observées non plus). Effort à faire également pour la liturgie de la Parole, si on ne chante pas l'Evangile en latin, on peut très bien se détacher quelque peu des sacrosaintes rubriques pour raccrocher le train de la Tradition et chanter l'Evangile recto tono en français (idem pour le NOM sur ce point).
Ce n'est pas le NOM qui est intrinsèquement mauvais (allez expliquer aux moines de Flavigny que leur liturgie est intrinsèquement mauvaise), ce sont ces liturgies-tagada face au peuple et en vernaculaire au cours desquelles le prêtre inflige sans vergogne ces tics et son arbitraire aux fidèles, ce sont ces liturgies là qui sont toxiques. Ces "liturgies" là son pernicieuses et doivent donc être fuies comme la peste.
Pour ce qui est de toucher aux rubriques du NOM, c'est sans doute nécessaire mais pour l'instant l'impact sur la situation liturgique serait quasiment nul. Je le répète, la clé du problème est la qualité de la vie intérieure et donc l'esprit de la liturgie. Tout le reste n'est qu'impasses et illusions.
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