Méditation avec "Dieu seul" du Vénérable Mr Henri-Marie Boudon par ami de la Miséricorde 2019-04-22 06:45:27 |
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CHAPITRE XII
De l'estime et de l'amour des croix
(...)
Le bienheureux P. Jean de la Croix, premier Carme déchaussé, et coadjuteur de la séraphique Thérèse dans la réforme du saint ordre du Carmel, homme qui ne semblait avoir rien de l'homme que le corps, étant tellement dégagé des choses matérielles, qu'il semblait être un pur esprit : aussi sa vie était-elle toute céleste ; l'on peut dire qu'il a été le séraphin de nos derniers siècles.
Les ouvrages qu'il nous a laissés, que l'on peut lire sans crainte, la doctrine mystique qui y est contenue étant aussi solide que sublime, et donnant des moyens assurés pour être délivré des illusions qui arrivent quelquefois aux personnes spirituelles, et pour être conduit, selon l'Évangile, à la bienheureuse union avec Dieu : ces divins ouvrages, dis-je, sont de ses plus précieuses reliques ; mais le chemin qu'il y enseigne pour aller à Dieu, et dont nous avons parlé, et qu'il met dans le rien de toutes choses.
Rien dans les sens extérieurs, rien dans les sens intérieurs, rien dans l'entendement, rien dans la mémoire, rien dans la volonté, entendant par là un dégagement sans réserve de tout ce qui n'est pas Dieu seul, le rendait si terrible aux diables, qu'ils ont quelquefois avoué (y étant contraints par l'autorité de l'Église) que c'était une des personnes qu'ils avaient la plus redoutée, et qui avait jeté plus de terreur dans lenfer, entre les saints qui avaient paru dans l'Église, à raison, disaient ces malheureux, de son chemin de rien, et des voies anéantissantes par où il marche, et par lesquelles il conduit les autres.
Quelques personnes, divinement éclairées, ont vu les troupes de démons fuir en sa présence, comme les hommes peuvent faire devant la foudre, ne pouvant se tenir dans un lieu où était cet homme qui n'était rempli que de Dieu seul.
Les voies humiliantes l'avaient introduit dans une union si glorieuse avec Dieu. Il avait été, pendant un temps considérable, renfermé dans un lieu obscur, et qui était comme un cachot, sans qu'on lui donnât la moindre lumière que celle qu'il recevait du jour, lorsqu'on le faisait sortir de sa prison pour le fouetter inhumainement ; ce qu'on faisait régulièrement deux fois par jour.
Ce fut dans ce cachot que le ciel lui remplit l'esprit de ses plus divines lumières, et qu'il lui donna les desseins de ses divins ouvrages. La très sainte Mère de Dieu le délivra de cette prison miraculeusement.
Il ne serait pas possible de dire ici toutes les peines que ce saint homme a endurées ; niais après tant de croix, Notre-Seigneur lui disant un jour : « Jean, que veux-tu pour tant de peines ? » Il répondit : « Seigneur, je ne vous demande que la grâce de souffrir et d'être méprisé. » Il fut écouté en sa prière, et les croix ne lui manquèrent jamais, en sa vie, en sa mort, après sa mort.
Admirons ici les conduites de Dieu sur une âme qu'il veut honorer de croix : il est traité d'apostat, et les religieux mitigés lui ôtent l'habit de la sainte religion, le traitant comme nous l'avons marqué ci-dessus. (...)
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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