Méditation avec "Dieu seul" du Vénérable Mr Henri-Marie Boudon par ami de la Miséricorde 2019-04-21 07:50:47 |
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CHAPITRE XII
De l'estime et de l'amour des croix
(...) Sa grâce lui donnait des inclinations si fortes pour les humiliations, qu'il avait fait vu de se faire mépriser autant que l'ordre de Dieu lui pourrait permettre, et de plus, il avait encore fait vu de jeûner cent jours en l'honneur de saint Joseph, s'il obtenait, par ses intercessions, la grâce d'être méprisé de tout le monde. Le ciel n'écouta ses désirs qu'en partie ; il eut de bonnes humiliations, mais elles ne furent pas générales comme il l'avait souhaité.
Il avait établi une sainte union de plusieurs personnes qui s'occupaient dans les pratiques de la sainte abjection ; il leur donna d'excellents règlements pour y réussir saintement, et il composa un traité admirable sur ce sujet, qui est à présent imprimé, qu'il appela la Confrérie de la sainte abjection. C'est un petit traité tout plein de l'onction de l'esprit de Dieu, mais sa doctrine ne sera entendue que des humbles ; les sages et les prudents du monde n'y comprendront rien.
Ce serviteur de Notre Seigneur était tellement mort au monde, par l'amour de l'abjection que, s'oubliant de soi-même et de toutes les créatures, il ne respirait que Dieu seul. Aussi, lon a remarqué qu'entrant dans quelque maison, quoiqu'il eût fait bien du chemin peur y aller, et qu'il fût las, la première parole qu'il disait était : Dieu, ne pensant à rien de créé, et étant tout plongé et abîmé en Dieu seul.
Ayant promis, par un mouvement particulier de l'esprit de Dieu, à une personne de piété, que peu de jours après sa mort il lui apparaîtrait, il accomplit sa promesse, mais d'une manière bien considérable ; car Notre-Seigneur apparut à cette personne, lui faisant connaître que son serviteur, par le dégagement de tout l'être crée, était tellement uni et perdu en lui que, n'étant qu'une même chose par amour, il fallait que lui-même se fit voir afin qu'il pût paraître comme il s'y était engagé ; et cette personne ne vit que Notre-Seigneur.
Oh ! Que bienheureuses sont les voies humiliantes qui conduisent à une fin si glorieuse ! Malheur à nous qui, pour si peu de chose comme la créature qui nous arrête, perdons des biens immenses et infinis !
L'on a vu, de notre temps, une autre personne d'une rare vertu, qui a jeûné plusieurs années au pain et à l'eau, et fait des pèlerinages en des chapelles consacrées en l'honneur de la Mère de Dieu, se traînant à genoux sur les pierres qui lui faisaient bien de la douleur, pour obtenir de Notre-Seigneur, par sa très sainte Mère, la grâce de souffrir des tourments épouvantables qui lui avaient été montrés par des vues surnaturelles, avec la connaissance que notre divin Maitre lui donna, que les très grandes croix étaient des faveurs qu'il n'accordait pas souvent ; mais que pour les tourments extrêmes qu'il lui montrait, que c'étaient des dons qu'il n'avait presque octroyés à personne ; que c'était bien tout ce que sa sainte Mère pourrait obtenir de lui : et que cette souveraine du ciel prenait un soin très particulier des âmes qui portaient ces états de croix, dont il lui en donnait l'intendance spéciale, comme à la gouvernante de son Église.
Saint François Xavier fait douze mille lieux dans le désir du martyre, et paraissant, après sa mort (et cela de notre temps), au P. Mastrilli qu'il guérit tout à coup miraculeusement d'une maladie mortelle, il le voyait comme une personne triste, lorsque, s'entretenant avec ce Père, il lui faisait demander la grâce du martyre, ajoutant qu'après tant de travaux il ne l'avait pu obtenir.
Source : Livres-mystiques.com
Saintes Pâques à tous !
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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