Et encore par Montes Gelboe 2019-03-05 07:28:46 |
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Le 5 mars, les cisterciens célèbrent (célébraient ?) la fête du bienheureux Pierre de Castelnau, martyr.
Pierre de Castelnau (de Castro novo) né près de Montpellier, fut d'abord chanoine puis archidiacre de l'Eglise de Maguelone. Choisi pour devenir légat de pape dans la prédication contre l'hérésie albigeoise, en raison de son savoir et la pureté de ses moeurs, il fit rapidement profession monastique en l'abbaye de Fontfroide, attendu que le pape Innocent III confiait aux cisterciens la prédication anti-hérétique.
On sait que l'albigéisme est une doctrine dualiste et gnostique, un manichéisme tardif en quelque sorte, répandue à des degrés divers dans toute l'Europe au cours du XIIe siècle. En Narbonnaise elle avait trouvé un terrain facile et propice en raison de l'extrême confusion des pouvoirs, et des guerres cruelles et incessantes entre féodaux, alimentées par la rivalité séculaire des Maisons de Toulouse et de Barcelone. L'Eglise, dont la hiérarchie était aux mains des familles puissantes se trouvait engagée dans ces rivalités et compromise dans les rapports avec les dissidents.
De plus, l'Eglise était aiguillonnée contre l'hérésie albigeoise, mais aussi agacée, par d'autres dissidents, chrétiens, eux, mais radicaux et assez tapageurs : les vaudois ou "Pauvres de Lyon". Laïcs issus de la prédication de Pierre Valdès, de Lyon, ils étaient aux marges de l'orthodoxie, mais très actifs contre l'albigéisme.
L'action du légat Pierre de Castelnau, lui valait des inimitiés profondes, notamment celle du comte de Toulouse, Raymond VI.
Le 10 février 1208 au milieu du pont sur le Rhône à Saint Gilles, le légat Pierre de Castelnau fut assassiné.
Le comte de Toulouse fut suspecté -mais point convaincu- d'avoir sinon fomenté l'assassinat, tout au moins couvert la chose ou protégé l'assassin...
Ce fut le "casus belli" qui déclencha, non sans énormes difficultés ni réticences le "négocium fidei et pacis", l'"affaire de la foi et de la paix", connue sous le nom de "Croisade des Albigeois".
Il fallut toute l'habilité et le sens de la justice de Blanche de Castille et de S. Louis pour rétablir une paix durable dans la province qui à la fin du XIIIe siècle prit le nom de sa langue : la Languedoc.
La "Croisade albigeoise", réinterprétée par les romantiques est devenue une machine de guerre contre l'Eglise et contre la France, sans cesse renaissante et obstinée dans son historiographie simpliste et rendue caduque par les progrès de l'Histoire.
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