Quand la Chimiothérapie rencontre les Heures du Barroux par Ewondo 2018-11-22 20:19:35 |
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Voici bien longtemps, au début des années 1980, Louis Pauwels, rédacteur en chef du récent Figaro Magazine revenait à la foi catholique de sa jeunesse grâce à de fréquents séjours au monastère traditionnel du Barroux. Un jour, en quittant les moines, Il se dit en les voyant entrer par une porte dérobée qu’ils nous attendraient au XXIème siècle.
Le XXIème siècle nous y sommes à présent. La Tradition de toujours a, grâce à Dieu, beaucoup progressé, les sciences médicales aussi. Les missels en forme extraordinaire redeviennent abondants ainsi que les cantiques et les psaumes en grégorien, apaisant ainsi les âmes qui souffrent et les thérapies les plus pénibles se sont beaucoup adoucies.
La chimiothérapie donnait bien des malaises aux patients, violentes nausées, fortes migraines et multiples effets secondaires particulièrement désagréables. Aujourd’hui les séances commencent précisément par un quart d’heure d’administration de différents produits destinés à contrer ces dommages collatéraux, la morphine adoucit beaucoup la douleur des produits fort épais qui passe dans les veines … et cela en grande partie grâce à la chambre sous-clavière posée à l’hôpital de Chartres élégamment en latin.


Et dans la chambre ultra moderne et confortable de l’hôpital de Chartres, grande baie vitrée avec vue panoramique sur la cathédrale, les soins se poursuivent dans un très confortable lit relevable à la tête et aux pieds et n’a rien à envier à un siège de classe affaires d’avion :

Sur le lit d'hôpital attendent i-phone, casque audio et 800, à défaut de livre d'heure enluminé.
I-phonesur le genoux, 800 dans la main, casque audio sur la tête, et nous voilà transportés loin, au monastère du Barroux où les moines avec leurs heures grégoriennes viennent nous rejoindre ici, au XXième siècle comme l’avait présagé Louis Pauwels.
Et l’on passe cette petite épreuve qui, au lieu d’une heure trois quarts n’a semblé durer qu’un petit quart d’heure. Il m’est arrivé d’en redemander sous le regard effaré des infirmières !
En radiothérapie, le traitement est nettement plus spartiate. Un coin d’œil cependant dans le sas d’entrée, le sigle des radiations nucléaire et souligné d’une inscription sous l’hélice à trois pales, non pas pour vous dire que vous allez en ressortir radieux, mais que vous ne pouvez pas entrer sans être accompagner d’un «manipulateur» !
Heureusement qu’ils ne l’écrivent pas au féminin, parce que « manipulatrice prête encore plus à sourire …
Dans la salle ultra moderne, l’air conditionné est glacial, pour protéger les appareils, lesquels sont énormes et franchement impressionnants. Il faut s’allonger sur un lit constitué d’une plaque d’acier chirurgical. Oubliés les matelas anti escarres si confortables des lits de la chimiothérapie.
Allongé, on met aux cancéreux de la face un masque thermoformé, et ce avec une extrême minutie au millimètre près. On peut comprendre les angoisses de la momie de Touthankhamon ! On vous a tatoué une petite croix au miilieu du sternum pour guider le rayon laser. J’aurais du demander un tatouage en sacré cœur car c’est l’emplacement du Sacré Cœur de Notre Seigneur, comme il est celui du Maître du Cœur, le deuxième feu de la médecine traditionnelle chinoise (Les égyptiens croyaient également en deux cœurs, l’un charnel représenté par un danseur et l’autre spirituel représenté par un lion.
Et c’est parti pour la séance. Les manipulateurs sont partis dans une sorte de tour de contrôle pour manipuler ces énormes engins qui tournoient lentement autour et au-dessus de vous.
Comprenez les angoisses de certains patients qui commencent à gamberger sous ce tyranosaurus rex d'acier laqué de blanc (tyrex pour leurs intimes - ils sont sans doute rares !) :
Personnellement, ma pire crainte était qu'une tonne et demie s'abatte sur moi et écrase ma carosserie, ce vêtement de peau et d'os dont Dieu nous a revêtus au début de la Genèse.
La séance ne dure ici que vingt minutes qui sembleraient interminables sans pour certains, dont votre serviteur, le secours de Notre Dame et du Rosaire. D’autre doivent sans doute réciter la Légende des Siècles, toute indiquée pour meubler le temps … déjà qu’il est difficile de dire son chapelet sans distraction sur un agenouilloir sans rembourrage, je ne m’en plaignais plus sur cette planche d’acier glacé !
Pas de possibilité d’écouter le Barroux et ses divines Heures, car i-phone et casque audio en ressortiraient grillés comme des hamburgers oubliés dans un micro ondes !
Quand la séance est enfin terminée, on se rhabille en remerciant le personnel soignant qui vous réconforte en disant qu’il n’en restera plus beaucoup. Et l’on sort se rhabiller avec un grand ouf ! de soulagement.
Pierre.
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